Ce qu’ils se sont dit mardi après-midi…

Institution / Ventes / 05.05.2020

Ce qu’ils se sont dit mardi après-midi…

Ce qu’ils se sont dit mardi après-midi…

La réunion entre France Galop et les associations professionnelles s’annonçait bouillante. Elle a été chaude mais constructive. Récit de l’intérieur.

Ce mardi, Édouard de Rothschild a réuni – par vidéoconférence – les associations socioprofessionnelles qui s’étaient élevées, ces derniers jours, contre la baisse des allocations (A.E.P., A.E.P.I., P.P. et S.N.P.G., représentés par Cédric et Mathieu Boutin, Thierry Doumen, Hubert Tassin et Serge Tardy), ainsi que plusieurs membres de son Conseil d’administration (Arnaud de Seyssel, Nicolas Clément, Frédéric Landon ainsi que Nicolas de Chambure, chargé de mission auprès des jeunes acteurs de la filière). Olivier Delloye et Sylviane Miroux, représentante de l’État, ont aussi participé à cette réunion, qui précédait un Conseil d’administration pas encore terminé à l’heure où nous écrivons ces lignes (19 h 45).

Olivier Delloye a fait un long exposé pour expliquer les demandes faites à l’État, analyser la situation actuelle et à venir et les solutions envisagées. Cet effort de pédagogie et de transparence a été apprécié de tous les participants, malgré les divergences parfois véhémentes entre les deux parties.

Les représentants des associations ont ensuite présenté leur plan alternatif (détaillé dans le communiqué à suivre), avec un maintien des allocations des courses non black types et un recul de 30 % des Groupes et des Listeds, ce qui minorerait de 10 % l’enveloppe des encouragements des courses restant à se disputer en 2020. Sylviane Miroux a assuré que l’État ne laisserait pas tomber les acteurs de la filière, sans pour autant signer un chèque en blanc. Mais les crédits fiscaux pourraient permettre de traverser la tempête.

Édouard de Rothschild a fait preuve d’écoute et les associations ont senti qu’un geste était possible. Ce mardi soir, en attendant les décisions du C.A., qui est en train de statuer sur la proposition des associations, l’heure était plutôt à l’apaisement. Les menaces d’un conflit dur, que chaque partie voulait éviter, semblent s’éloigner. Le dialogue est renoué.

Le communiqué de l’alliance A.E.P. - A.E.P.I. - P.P. - S.N.P.G.

« Ce mardi 5 mai 2020, à 15 h, une visio-conférence capitale a été organisée entre la gouvernance de France Galop et les représentants des quatre associations socioprofessionnelles – A.E.P., A.E.P.I., P.P. et S.N.P.G., représentées respectivement par Cédric Boutin, Thierry Doumen, Hubert Tassin et Serge Tardy.

Un travail de présentation et d’échange sur des visions différentes d’un plan de crise a été entrepris avec sérieux, écoute et sens des responsabilités. Les participants veulent saluer la qualité de l'information donnée par le directeur général qui a bien résumé la problématique et les enjeux. Ils ont rappelé que la transparence ainsi menée à bien était nécessaire pour mobiliser les acteurs et attendent que, dans l'avenir, elle soit la règle en amont des discussions et des décisions.

Nous, associations socioprofessionnelles, avons souligné le risque d’une spirale de récession qui pouvait entraîner l’ensemble de notre écosystème vers sa disparition en cas de mise en œuvre du plan de baisse des allocations prévue à hauteur de - 20 %, couplée à une absence de visibilité financière réelle et sérieuse sur la trésorerie fin 2020 et en 2021. Nous devons souligner la bonne écoute tant du président et du directeur général que des membres du Conseil d'administration ayant participé à la conférence.

Après un débat dense sur les propositions avancées par la gouvernance, et compte tenu de l’urgence économique dans laquelle se trouve l’institution au Galop, nous avons proposé un plan alternatif pouvant aller vers un point de convergence entre tous les paramètres et reposant sur les axes suivants :

- maintien de l’enveloppe des allocations à 100 % sur toutes les courses non black types, de façon à sécuriser la base de la pyramide sportive, sur laquelle repose l’essentiel notre équilibre économique,

- minoration de l’enveloppe globale des encouragements distribués sur le "reste à courir 2020" limitée à 10 %,

- effort financier sur l’enveloppe black type avec une modulation à définir depuis les courses Listed à Gr1, pour parvenir à cet objectif,

- nécessité de communiquer officiellement et dans les délais les plus brefs sur cet engagement et son adossement à une ressource de trésorerie sécurisée, pour 2020 et 2021.

Nous avons apprécié la présence à cette réunion de la représentante de l’État, qui a clairement rassuré les présents sur la volonté de l’État de faire le nécessaire pour soutenir, par tous moyens financiers, notre écosystème dans son intégralité durant cette période de crise.

Enfin, nous avons confirmé notre préférence pour le maintien des répartitions des allocations et des indemnités de déplacement selon les schémas anciens, préférables à tout autre mécanisme nouvellement présenté.

La réunion s’est achevée avec une reconnaissance de la pertinence de ce plan alternatif et l’affirmation de la volonté de la gouvernance de trouver une convergence.

Un Conseil d’administration prévu par France Galop à 18 h doit statuer, et nous espérons que les volontés affirmées seront confirmées par les nouvelles dispositions qui vont être annoncées. »

Signataires :

Mathieu Boutin, président de l’A.E.P.

Thierry Doumen, président de l’A.E.P.I.

Serge Tardy, président du S.N.P.G.

Hubert Tassin, président des P.P.