TRIBUNE LIBRE

Institution / Ventes / 05.05.2020

TRIBUNE LIBRE

Transformons la crise du Covid-19 en opportunité pour développer les jeux en ligne sur les courses hippiques !

Par les présidents des Sociétés régionales de courses Philippe Bouchara, James Carpentier, Jean-Michel Descamps, François Forcioli-Conti, Antoine Gilibert, François Grandcollot, Francis Montauban, Jean-Claude Ravier & Jacques Rossi

« La pandémie liée au Covid-19 a mis la France à l’arrêt et ses conséquences sanitaires, économiques et sociales seront considérables. Mais chaque crise nous confronte à deux attitudes : soit s’y résigner et plonger à notre tour dans le marasme, soit y chercher l’opportunité de rebondir en tirant profit des cartes ainsi rebattues.

C’est cette stratégie du judoka qui récupère l’énergie de l’adversaire pour mieux prendre le dessus que nous proposons à la filière hippique d’adopter.

Deux constats conjoncturels convergent vers l’amorce d’une chance à saisir :

1- Beaucoup d’entre nous regrettions jusqu’alors que les courses hippiques ne soient plus vraiment considérées comme un sport à part entière. Or, c’est précisément cet état de fait qui nous permettra de reprendre notre activité dans quelques jours, le 11 mai, lorsque toutes les compétitions sportives seraient interdites jusqu’à septembre au plus tôt. Une fenêtre de tir de près de 4 mois nous est ainsi offerte de reprendre la main. Même si nos propres courses se dérouleront à huis-clos, elles occuperont une actualité sportive laissée vacante par l’arrêt des compétitions des autres disciplines.

2- Beaucoup d’entre nous regrettions que l’image des paris hippiques se soit dégradée ces dernières années auprès du grand public et des médias mainstream. On entendait railler, parfois jusqu’à la caricature, une population vieillissante pour laquelle le jeu s’associait à d’autres addictions. Une opportunité nous est offerte de séduire aujourd’hui, en complément de la communauté fidèle de nos turfistes traditionnels, une nouvelle clientèle "orpheline", plus jeune, en pleine expansion et à fort potentiel : les adeptes des paris sportifs en ligne. Elle représente pour nous une immense réserve et un segment de marché à fort potentiel que nous n’avons pas su séduire à ce jour. En effet, si la loi de mai 2010 sur l’ouverture des jeux online a permis à notre filière de s’y associer, l’Institution a pensé jusqu’ici, sans doute avec une certaine légitimité, qu’il était de l’intérêt des courses de porter les efforts de communication sur la fraction de monopole demeurant acquise au PMU, à savoir le jeu offline. Or, la crise actuelle ne change-t-elle pas la donne en dévoilant des limites à cette vision des choses ?

Pour notre part, au vu de ces constats et de la fenêtre de tir historique qui nous est offerte pour les quelques mois à venir, nous invitons la direction du PMU à infléchir sa politique dans le sens d’un développement massif de la promotion en faveur du jeu online. Tous les outils sont en place, il suffit de promouvoir la communication en direction de la cible des parieurs sportifs en ligne, orphelins à ce jour de toute possibilité de jeu sur le football, à l’exception de quelques compétitions exotiques à l’étranger ou des championnats de football de certains pays voisins, si ceux-ci devaient reprendre en juin.

Il serait bien entendu nécessaire de les initier aux spécificités des paris hippiques, souvent plus riches et complexes que celles des disciplines qu’ils pratiquent. Mais là encore, il suffirait de déployer des mesures d’accompagnement grâce aux outils de communication digitaux que sont les tutoriels et les blogs d’information spécifiques, pour n’en citer que quelques-uns.

Favorable à la collecte des enjeux, cette initiative bénéficiera avant tout à l’ensemble des acteurs de la filière, et particulièrement aux socioprofessionnels par sa contribution aux allocations distribuées.

Bien entendu, il n’est pas question de défavoriser pour autant le réseau constitué par nos partenaires historiques que sont les cafés-courses, les cafetiers, les buralistes et les bureaux de tabac. Ce serait particulièrement ingrat pour eux qui nous accompagnent depuis si longtemps et sont l’ADN de l’Institution des courses françaises. En ce sens, il pourrait être envisageable de prévoir de les associer, par exemple sous la forme d’un intéressement sur les enjeux.

Quoi qu’il en soit, en se positionnant clairement sur l’activité des paris sportifs en ligne, notre filière pourrait bénéficier d’un avantage collatéral en cette période de vacuité pour la clientèle de ce segment : être à nouveau considérée comme un sport à part entière, via le jeu.

Cette capacité de rebondir sur l’actualité pour la mettre à profit nous apparaît comme une opportunité historique à saisir sans attendre.

L’histoire ne repasse pas les plats une deuxième fois. »