Cédric Rossi : « Je me lève tous les matins pour gagner le maximum de courses »

Courses / 11.06.2020

Cédric Rossi : « Je me lève tous les matins pour gagner le maximum de courses »

Cédric Rossi : « Je me lève tous les matins pour gagner le maximum de courses »

Vainqueur de son premier Groupe avec Neige Blanche (Anodin) dans le Prix Cléopâtre (Gr3), samedi à Lyon-Parilly, Cédric Rossi a aussi vu sa 2ans Rougir (Territories) faire belle impression mercredi à Chantilly.

Jour de Galop. - Qu’avez-vous ressenti après la victoire de Neige Blanche dans le Prix Cléopâtre (Gr3) ?

Cédric Rossi. - Cette victoire, c’est une consécration. Nous étions très heureux d’autant que Neige Blanche provient de l’élevage de mes parents. Au moins, ils ne travaillent pas pour rien ! Quand nous avons gagné la Classe 2 à Marseille-Vivaux [Prix Pierre Massot, ndlr], nous nous sommes dit qu’elle sortait de l’ordinaire. Franck [Blondel, ndlr] nous avait dit qu’elle avait vraiment du pétrole. Elle travaillait correctement, mais jamais dur. Nous ne travaillons jamais dur à la maison. Elle a beaucoup de potentiel, elle est facile mentalement et à l’exercice, elle était de mieux en mieux. Elle appartient à une famille qui vieillit bien. Avec ma manière de travailler, il est logique qu’elle progresse avec le temps. Étant donné ce qu’elle avait fait à Vivaux lors de sa troisième course, nous savions que nous avions des chevaux sous le capot. En plus, le lot n’était pas ridicule, elle avait fait plusieurs pointes, elle avait accéléré en face… C’est une pouliche qui a de la marge.

Parmi les autres bons éléments de votre écurie, il y a We Ride the World, vainqueur du Grand Handicap des Milers et passé de 29 à 48,5 de valeur. Quel programme avez-vous prévu pour lui ?

We Ride the World aime bien l’air du Sud. C’est un cheval qui toussait beaucoup et ici, il se sent très bien. Il nous épate. C’est impressionnant. Partir de 29 avant d’arriver en 48,5 de valeur et gagner un gros handicap de plusieurs longueurs… En plus, Max [Guyon, ndlr] m’avait alors dit qu’il en avait encore sous la pédale. Nous allons voir, mais je l’ai engagé dans le Prix du Muguet (Gr2). Il est pleine peau et il faut saisir notre chance. Sinon, il y a aussi des Listeds qui arrivent.

Dans vos boxes, vous avez aussi Rougir, qui a gagné plaisamment en débutant à Chantilly…

Avec elle, nous allons aller sur une Classe 2 pour les femelles, le 3 juillet à Saint-Cloud. Elle est très, très bien. Déjà le matin, elle était plaisante. Elle sait tout faire. C’est impressionnant. Je n’ai jamais eu une 2ans comme elle depuis que je travaille avec mon père et que je me suis installé. Avec ce niveau et avec un mental pareil. Elle est très posée, calme, et sait se tendre quand il faut.

À Marseille, la conjugaison entre l’amélioration des pistes et l’arrivée de meilleurs chevaux a permis à plusieurs entraîneurs de franchir un palier… Qu’en pensez-vous ?

Exact. Je venais du trot et nous faisions tout nous-mêmes. Je me suis toujours demandé pourquoi on avait une bonne herse et une mauvaise à Calas. C’est-à-dire une herse qui roulait la piste et qui était parfaite, de manière à ce que les chevaux ne s’enfoncent pas trop. Et une autre herse qui broyait tout. On voyait les conséquences sur les jambes des chevaux. C’était flagrant. Depuis qu’ils ont refait les pistes, le drainage, avec l’appui d’une bonne herse, les pistes, c’est du caviar ! Dans mon cas, il y a beaucoup moins de problèmes d’articulation. On fait beaucoup moins mal aux chevaux et ils vont plus facilement au charbon.

Après avoir gagné votre premier Groupe, quel est votre objectif pour cette année ?

Gagner le maximum de courses ! Je me lève tous les matins pour cela. Je ne regarde pas derrière moi, même lorsque l’on a gagné trois courses la veille.

Vous avez débuté dans le trot. Que cela vous a-t-il apporté ?

Beaucoup de choses. L’apprentissage des soins déjà. C’était quelque chose d’exceptionnel. Nous avions notre piquet de chevaux et nous nous occupions d’eux de A à Z et de cette manière, on apprend beaucoup de choses. Mon patron, Roland Jaffrelot, était un métronome. Il avait une très bonne équipe avec notamment Stéphane Cingland qui était un grand responsable et m’a beaucoup appris. Roland Jaffrelot a été mon deuxième patron après François-Régis Le Vexier. Chez Roland, c’était comme une écurie de galop, très carré. C’était top car nous faisions tout.

Pourquoi vous êtes-vous orienté vers le trot ?

Physiquement, je n’avais pas le gabarit d’un galopeur. Lorsque je me suis assis pour la première fois sur un sulky, de suite, j’ai été transcendé. C’était quelque chose d’exceptionnel. Ensuite, je suis parti vers le galop car je m’étais fait mal au bras et le premier garçon de mon père allait partir à la retraite. Du coup, je suis venu chez mon père. Du jour au lendemain, il m’a donné beaucoup de responsabilités et je me suis débrouillé. J’ai appris. J’avais carte blanche avec mon père.

Jacques Rossi (son père) : « La troisième génération »

« Mon père, Henri, fut le premier Rossi dans les courses. Ancien jockey, il est toujours à nos côtés. Cédric est donc la troisième génération. L’élevage, débuté il y a une quinzaine d’années, rend hommage à Blanche, ma grand-mère. La victoire de Neige Blanche est donc importante pour toute la famille. C’est un moment très fort. Cédric l’a toujours estimée, au point de nous demander de l’engager dans le Prix Saint-Alary et dans le Diane. Dès le départ, elle montrait de la qualité. Tout comme Rougir ce mercredi. Je lui avais demandé pourquoi il ne voulait pas la débuter dans le Sud-Est. Mais il avait saisi qu’elle avait suffisamment de qualité pour débuter victorieusement à Chantilly. Grâce à mon prédécesseur, Patrice Camacho, le centre d’entraînement de Calas s’est beaucoup amélioré. Mais surtout, les entraîneurs locaux ont plus d’ambitions qu’avant, du plus petit au plus grand. Par le passé, ils restaient surtout dans le Sud-Est. La première victoire de Groupe de Cédric fait partie de cette montée en puissance régionale. Et Jérôme Reynier a ouvert la voie à l’étranger. Les chevaux du Sud-Est ont par exemple signé un doublé cet hiver au niveau Groupe à Doha. »