Yeiayel, le premier partant de Jérôme Delaunay dans un Gr1

Courses / 12.06.2020

Yeiayel, le premier partant de Jérôme Delaunay dans un Gr1

Par Christopher Galmiche

C’est un grand moment que va vivre Jérôme Delaunay, pré-entraîneur et débourreur à Saint-Clément-de-la-Place (Maine-et-Loire), ce samedi à Compiègne. En effet, en tant qu’entraîneur, il va seller son tout premier partant dans un Gr1, Yeiayel (Protektor), candidat au Prix Ferdinand Dufaure (Gr1).

Ce dernier a été également son premier vainqueur à Auteuil. Deux fois deuxième sur le steeple, en province, il va passer un test, sans complexe. « C’est le confinement qui a fait que nous nous retrouvons là. La course aurait été à Auteuil, nous n’y serions pas allés directement. À Compiègne, selon moi, il n’y a rien de compliqué. J’ai choisi le Prix Ferdinand Dufaure car la distance va nous aider. À 3ans, Yeiayel était fougueux, mais il est devenu plus calme. J’avais peur que le Prix Alain du Breil aille trop vite. Il a prouvé avec ses deux parcours de steeple qu’il avait droit à cette épreuve. J’espère qu’il va pleuvoir car je le pense plus percutant en terrain lourd. Il est capable de mettre un bon coup de reins sur ce type de sol, d’autant qu’il sera plus à l’aise car ça ira moins vite. Nous ne serons pas beaucoup et je n’ai jamais eu le cheval comme je l’ai là. Il est très bien. Il est froid et pas démonstratif le matin, mais semble vraiment bien. On sait très bien que l’on ne court pas avec une première chance, mais pour prendre une place. C’est déjà beau pour nous d’être au départ d’un Gr1. Si j’entraîne, c’est pour bien faire les choses. Ça tire tout le monde à l’écurie vers le haut car le débourrage et le pré-entraînement, ce n’est pas facile. Avoir un cheval comme Yeiayel, ça motive tout le monde. Et, grâce à mes chevaux de course, j’ai du bon personnel. »

La révélation en course. Avant de débuter, Yeiayel n’était pas le poulain le plus démonstratif qui soit… « Avant qu’il débute, il ne montrait pas grand-chose. Il avait fait un bon gazon simplement. Quand il a débuté, il a fait un truc en mettant un bon coup de reins et en finissant bien sans un coup de bâton. S’il s’était occupé de la course, il aurait gagné. Ensuite, il a confirmé à Auteuil ce qu’on pensait de lui. Il a de bonnes lignes et ses courses de steeple sont très bonnes. À Angers, il a été devancé par un très bon cheval de François Nicolle et il n’était pas du tout prêt. Par la suite, il est battu par un gagnant de Listed à Moulins. Il est revenu finir gentiment. Nous avons pris les chemins de traverse en tombant sur des bons chevaux à chaque fois. Je ne voulais pas lui donner de courses compliquées. »

Une histoire de copains. Yeiayel est l’exemple même qu’autour d’un bon cheval il y a souvent de belles histoires. Des histoires d’amitié, de partage, qui font que notre sport est aussi beau. « Avec Alexandre Martinez [éleveur et copropriétaire du poulain, ndlr], nous avons une amitié forte. Il a voulu garder le cheval et jouer le jeu. Il est maréchal-ferrant dans les chevaux de sport de haut niveau. Un jour, il m’a appelé car quelqu’un lui avait proposé une jument et il voulait que je lui donne mon avis sur elle. La jument n’avait rien fait, mais les origines n’étaient pas si mal et je lui ai conseillé de la prendre. Ensuite, il m’a demandé ce que j’avais comme étalon à la maison et j’avais Protektor. C’est comme ça que le croisement de Yeiayel s’est fait. C’est top pour Alexandre, qui n’avait pas eu de chance. Cela prouve qu’on peut y arriver et qu’il n’y a pas de science exacte. » À la base, Jérôme Delaunay est pré-entraîneur et débourreur et il prépare des chevaux pour la famille Détré, François Nicolle et Gaby Leenders. Fait amusant, il aura ces deux derniers pour principaux adversaires.

Installé à 20 ans seulement

Jérôme Delaunay a commencé par l’équitation classique avant de bifurquer vers les chevaux de course. Il s’est installé à 20 ans seulement, reprenant une ferme bovine pour se lancer dans le débourrage et l’élevage avec Homme de Loi. « Je suis arrivé dans les chevaux de course par hasard, en faisant mon apprentissage chez David et Anne-Sophie Bernier. Dès que j’ai touché aux chevaux de course, cela a été mon truc. C’est en travaillant qu’on y arrive et puis j’ai eu la chance de faire les bonnes rencontres au bon moment. J’ai notamment fait beaucoup de débourrage pour Guy Cherel. » Depuis un an et demi, Jérôme Delaunay et son épouse, Ophélie, ont deux structures distinctes puisque cette dernière s’occupe entre autres de l’élevage au haras de la Courlais et son mari du débourrage et du pré-entraînement, plus l’entraînement bien sûr ! Le couple a, au total, une dizaine de poulinières.