Mickaëlle Michel, dans la cour des grands

International / 19.07.2020

Mickaëlle Michel, dans la cour des grands

Mickaëlle Michel, dans la cour des grands

Le 12 juillet dernier, à Rome, Mickaëlle Michel remportait son premier Groupe, devant des jockeys de la trempe de Frankie Dettori, Gérald Mossé ou Cristian Demuro. Un premier pas dans la cour des grands, mais la jeune femme ne compte pas s’arrêter là.

Jour de Galop. - Que ressent-on quand on franchit le poteau en tête dans une course de Groupe ?

Mickaëlle Michel. - Les émotions se sont mélangées dans ma tête. Je savais que j’avais gagné, et j’ai caressé mon cheval pour le féliciter. L’instant d’après, je me suis dit : « Waouh ! Alors ça y est ? Tu as gagné un Groupe alors que tout a commencé il y a seulement deux ans et demi ? » J’avais du mal à réaliser. J’étais chamboulée, au point de me demander si ce que je venais de vivre avait vraiment eu lieu, s’ils n’allaient pas demander de recourir la course !

Le fait de devancer un certain Dettori doit encore rajouter à l’émotion ?

C’est la cerise sur le gâteau, même si, sur le coup, je ne savais pas s’il était deuxième ou plus loin. Et puis je suis rentrée aux balances, et tous ces jockeys, les Dettori, Mossé, Demuro… sont venus me féliciter, alors qu’habituellement, c’est moi qui le fais ! Et l’ambiance à Rome était fantastique. Tous les gens m’ont acclamée. C’était comme je l’avais imaginé dans mes rêves…

Avant le coup, pensiez-vous que Walderbe, que vous connaissez parfaitement, avait une chance ?

Je monte le cheval depuis longtemps et je le connais sur le bout des doigts. Plutôt que de parler de chance, j’étais préparée à tous les cas de figure dans le parcours, et je savais comment réagir. Il peut lui arriver de mal partir et c’est ce qui s’est passé. Mais je ne me suis pas affolée, je n’ai pas puisé dans ses réserves pendant le parcours, si bien qu’il avait encore du gaz dans la ligne droite.

Vous avez découvert l’hiver dernier les courses au Japon, avec succès. Quel est votre programme pour les mois à venir ?

Si tout se passe normalement, et je préfère rester prudente compte tenu des problèmes sanitaires, je retourne au Japon en octobre pour la NAR. Mais je vais aussi tenter d’obtenir ma licence de la JRA. Pour cela, je dois réussir deux examens. Le premier aura lieu fin septembre ou début octobre. C’est un examen écrit d’anglais, où l’on doit notamment raconter l’histoire des courses du pays… Si je réussis ce premier test, je pourrai passer un oral en japonais, en février. Là non plus, ce n’est pas facile, et je travaille à fond, plusieurs fois par semaine, pour être au niveau. Les mois passés au Japon m’ont aidée à mieux appréhender la langue. C’est un vrai challenge que je me lance, mais cela me plaît ! En attendant, on va se donner au maximum ici, en France, où la saison a bien commencé.