Plainchant & Guarnieri, un "Calvados" pour arroser une Listed

Courses / 28.07.2020

Plainchant & Guarnieri, un "Calvados" pour arroser une Listed

À première vue, remporter une Listed semble anodin pour l'entraîneur lauréat de plusieurs Grs1 et de quasiment 1.200 courses en Italie. Mais en réalité, le succès de Plainchant (Gregorian) dimanche, dans le Critérium du Béquet - Ventes Osarus, est très important pour Maurizio Guarnieri. La pouliche lui a offert sa première victoire black type en France, lui qui s’est installé à La Teste en 2017, après un passage à San Siro et un retour en Toscane, où tout avait commencé pour ce natif de Sienne. C’est donc une grande satisfaction pour cet entraîneur qui dispose d’une trentaine de chevaux, appartenant à de petits propriétaires, presque tous italiens comme Sauro Fiordelli, et qui lui ont fait confiance. Désormais, Plainchant, achetée 4.000 € à la vente d’octobre Arqana, doit monter de catégorie, comme nous l’a confié Maurizio Guarnieri : « Puisqu'elle est gagnante black type, l’aligner dans une Listed posera deux problèmes : elle devra porter une surcharge et une défaite fera peut-être chuter sa valeur. Il est donc logique de la diriger vers les Groupes. Elle a bien gagné, et ce dans un lot plus que correct, sachant qu’elle a même terminé avec des ressources. La bonne course pour elle est le Prix du Calvados (Gr2), le 22 août. Je pense qu’elle peut tenir 1.400m. On ira vers cette course sans se mettre trop la pression. Je ne suis pas du genre à faire courir mes chevaux s'ils n'ont pas la moindre chance. »

Un début de saison difficile. Plainchant a permis à l’écurie de Maurizio Guarnieri de laisser derrière elle quelques mois délicats. Avant la réunion de dimanche à La Teste, elle comptait quatre victoires sur 94 partants. Le professionnel nous a expliqué : « L’arrêt des courses a été une catastrophe. Mes chevaux étaient vraiment au top à la mi- mars et j’ai dû ralentir leur préparation. Ensuite, au moment de la reprise, cela s’est avéré très difficile car les grandes maisons de la région, suite aux deux mois d’arrêt, n’avaient pas fait la sélection et le niveau des courses était donc très élevé, avec des lots très fournis. Une pouliche de 3ans correcte comme Disincanto (The Wow Signal) a dû courir six fois en deux mois avant de trouver enfin sa course. »

Les anglo-arabes, un retour aux sources. L’un des gagnants de Maurizio Guarnieri cette année est l’anglo Angelo de l’Abbaye (Frisson du Pecos). Il a trois autres éléments de cette race dans sa cour et apprécie tout particulièrement de les entraîner : « C’est un retour aux sources. J’ai commencé à Sienne, où le Palio est une religion, et ce sont les anglo-arabes qui le courent. Un de mes amis, Luigi Carli, le président de l’Association italienne des anglo-arabes, m’avait proposé ça. Pour un propriétaire avec un petit budget, c’est très bien, car il peut se faire plaisir sans dépenser une fortune et les allocations sont bonnes. C’est très amusant. Alors que je m’installais en France, je me suis rendu au haras d’Ayguemorte pour inspecter des yearlings. Dans un paddock, j’ai vu un magnifique cheval et j’en suis tombé amoureux. J’ai demandé s’il était à vendre et l’on m’a répondu qu’il s’agissait d’un anglo et qu’il était déjà vendu. Le cheval n’était autre que Paban de France (Benevolo de Paban), le crack de sa génération. »

La Teste : stop ou encore ? … C’est sans la moindre hésitation que Maurizio Guarnieri avait porté son choix sur La Teste au moment de son installation en France. Le centre d’entraînement et les lieux ressemblent beaucoup à Pise, où il travaillait avant de venir dans l’Hexagone. À présent, le professionnel est en cours de réflexion au sujet d'un autre changement : « Si on ne parlait que de qualité de vie et des conditions de travail, je ne quitterais La Teste pour rien au monde. Mais le but d’un entraîneur est de rentabiliser au maximum les chevaux qu’il a dans ses boxes et de faire plaisir à ses propriétaires. Je n’ai pas de grandes valeurs à l’écurie et, pour les chevaux de petite catégorie, il est plus simple de gagner son avoine en région parisienne. Quand vous avez la chance de tomber sur un bon sujet, les allocations sont plus attrayantes et la question d’effectuer de longs voyages ne se pose plus. Si jamais je me décide à déménager en région parisienne, il s’agira d’un choix mûrement réfléchi. »