TRIBUNE LIBRE  : les courses doivent se trouver un impresario !

Courses / 07.07.2020

TRIBUNE LIBRE : les courses doivent se trouver un impresario !

Par Philippe Desbois, propriétaire et turfiste depuis plus de cinquante ans

« Quand on a cessé d’entendre sur les ondes le nom des chevaux associé à leur numéro ou de voir sur TF1 le Quinté diffusé en direct, les turfistes ont compris que quelque chose était cassé. Depuis, la popularité des courses n’a fait que régresser. On peut même croire, en écoutant certaines radios, que seul le Quinté + existe et que des numéros vont courir sur un unique hippodrome français.

Messieurs les dirigeants de la filière, il vous faut d’urgence recruter un attaché de presse, un vrai, passionné des courses, sortant du sérail des médias, capable d’ouvrir les bonnes portes pour être reçu sérieusement par les producteurs et autres décideurs, en télés, radios, presse écrite, réseaux sociaux … Sa mission ? Faire redécouvrir au grand public par tous les moyens notre sport-jeu, le seul qui associe en compétition deux athlètes, humain et animal, qui génère 80.000 emplois et qui rapporte tellement aux finances de l’État ! Il faut permettre aux acteurs des courses de faire connaître, expliquer leur métier, leur passion, leur sport, parler de ce que sont vraiment les courses, par exemple en participant à des émissions ou des jeux télévisés. On sait inviter lors des grands classiques quelques artistes plus ou moins connus. Il est dommage qu’il n’en reste rien ou si peu. Quelqu’un a-t-il été chargé de les initier, pour leur donner envie de revenir ?

Du bon travail a été réalisé depuis l’arrivée d’Arnaud de Courcelles à Equidia mais Monsieur Toulemonde ne sait même pas que la chaîne existe, donc cela reste de "l’entre soi". Nous ne recrutons pas. Nous avons un produit attrayant, unique, mais nous ne savons pas comment le faire connaître, ni aimer. De grands joueurs de football sont propriétaires et passionnés, de gros gagnants au Quinté+ ont existé, comme des histoires de copains devenus propriétaires d’un crack pourtant acheté peu cher… Mais la France ne le sait pas. Inspirons nous de la FDJ qui se fait aimer des Français, par exemple avec un Loto du patrimoine.

Le Covid-19 a imposé aux courses les péripéties que l’on connaît : huis-clos, arrêt, reprise, normes strictes, points PMU fermés, Quinté+ sur des courses étrangères, accès interdit au public, et même aux propriétaires. Ce n’est pas banal, et pourtant, qui en a parlé dans les médias généralistes ? Personne, à croire que les courses hippiques n’existent pas…. Qu’il est loin le temps où Léon Zitrone présentateur du 20 h, célèbre journaliste, commentait en fin connaisseur le Tiercé en direct !

Il nous faut aussi casser le mythe trop répandu selon lequel jouer aux courses serait malsain, au contraire du poker, de casino ou du pari sportif, plus gratifiants. Point commun des joueurs : l’adrénaline de l’incertitude, mais "faire le papier" d’une course hippique possède un côté scientifique et tellement passionnant…

Les courses ont besoin de faire connaître les métiers qui les composent, car on a besoin de main d’œuvre compétente ayant envie de travailler autour des chevaux de course. Soigner, monter un pur-sang ou driver un trotteur le matin, le voir évoluer, gagner, participer à la joie de l’entourage, c’est extraordinaire. Il faut dire partout que ce milieu n’est ni réservé ni intouchable, que d’aller aux courses sur un hippodrome n’est pas un privilège, etc.

Pour finir, une suggestion : il faudrait étudier pour les bars PMU un système d’écouteurs à distance connectés à Equidia, car il y a trop de télévisions muettes, ce qui constitue un véritable "refoule turfistes". Ces écouteurs seraient mis à disposition des turfistes avec le son, évitant ainsi de gêner les autres clients présents ne s’y intéressant pas. »