Campanelle, un exploit (de plus) pour Stonestreet Stables

International / 26.08.2020

Campanelle, un exploit (de plus) pour Stonestreet Stables

Stonestreet Stables, l’écurie de Barbara Banke – et de son défunt époux Jess Jackson –, a marqué l’histoire du galop américain. Le rêve de Stonestreet est à présent d’atteindre les sommets européens !

Acheté suite à ses débuts victorieux, Curlin (Smart Strike) fut sacré meilleur 3ans américain de la saison 2007, après ses trois victoires de Gr1, dont les Preakness Stakes et la Breeders’ Cup Classic (Grs1). Alors que le cheval était très attendu au haras, Jess Jackson et Barbara Banke ont décidé de le conserver à l’entraînement. Avec à la clé quatre victoires de Gr1 supplémentaires, dont la Dubai World Cup (Gr1). Pour justifier son choix, Jess Jackson avait alors expliqué que les courses avaient besoin de champions… à l’image de Seabiscuit (Hard Tack), lequel avait marqué son enfance et fait naître sa passion.

Des paris insensés. Également acquise à l’entraînement, Rachel Alexandra (Medaglia d’Oro) fut l’objet d’un challenge encore plus osé. En 2009, son entourage décide que la pouliche affrontera les mâles dans les Preakness Stakes (Gr1)… un pari réussi et qui n’avait pas été réalisé depuis 1924. Logiquement, Rachel Alexandra y gagne le titre de Cheval de l’année aux États-Unis. Après la disparition de Jess Jackson, Barbara Banke a poursuivi l’audacieuse odyssée hippique de Stonestreet Stables. C’est ainsi qu’en 2014, l’Europe a vu débarquer une petite bombe américaine nommée Lady Aurelia (Scat Daddy). Encore une prise de risque considérable. La pouliche, après avoir débuté victorieusement sur le dirt, s’est donc envolée pour l’Angleterre. Elle a d’abord fait pleurer les racingfans anglais en remportant les Queen Mary Stakes (Gr2), avant de confirmer dans le Darley Prix Morny (Gr1)… pour mieux revenir en Europe l’année suivante et triompher dans les King's Stand Stakes (Gr1) d’Ascot !

Campanelle sortait du lot dès le départ. Un peu plus de 48 heures après la victoire de Campanelle (Kodiac) dans le Darley Prix Morny, Barbara Banke nous a confié : « C’est formidable. Cela fait longtemps que nous pensions au Morny pour Campanelle. Et la voir faire aussi bien en terrain souple, c’est un véritable motif de satisfaction. Elle est invaincue en trois sorties et a gagné trois courses… dans trois pays différents, traversant quatre fois l’Atlantique en peu de temps. Il faut un cheval exceptionnel pour réaliser cela. C’est une pouliche qui a une réelle capacité d’adaptation et qui est vraiment facile. Nous espérons revenir un jour avec elle en Europe pour gagner d’autres belles courses ! C’est Ben McElroy, un ami, qui l’a repérée chez Tattersalls. Il m’a appelée en me disant que c’était LA pouliche de la vente et qu’elle avait le profil pour gagner les Queen Mary Stakes (Gr2). Ce qu’elle a effectivement fait l’année suivante ! Elle a toujours fait tout ce qu’on lui a demandé. Dès le mois de février, Wesley Ward nous a dit que Campanelle était le meilleur 2ans de l’écurie. »

Un plat de pâtes avant chaque course. En 2009, Wesley Ward est devenu le premier entraîneur américain à remporter une épreuve à Royal Ascot, avec Strike the Tiger (Tiger Ridge) dans les Windsor Castle Stakes (L). Une performance qui n’est pas passée inaperçue. Barbara Banke explique : « Nous rêvions de gagner à Royal Ascot, un exploit déjà réalisé par Wesley Ward. Aussi, lorsque Lady Aurelia a montré des capacités supérieures à la moyenne, Wesley s’est imposé comme l’entraîneur idéal pour réaliser notre rêve. Vous connaissez la suite de l’histoire… Je suis très proche de Wesley. Et de Frankie Dettori aussi, qui est à la fois jockey et assistant entraîneur ! Venir en Europe et gagner une grande course, c’est vraiment extrêmement amusant. Je regrette vraiment de ne pas avoir pu venir à Deauville dimanche pour assister à la victoire de Campanelle. Vivement la fin du Covid ! »

Dans les tentatives européennes de Stonestreet Stables, la dimension symbolique n’est jamais loin : « Lady Aurelia nous a offert un Cartier Award. C’est vraiment un objectif que de décrocher à nouveau une telle distinction européenne. Je vais réinvestir en Europe cette année dans cet objectif, mais aussi dans le but d’apporter du sang neuf à notre élevage… même si Campanelle va devoir attendre encore pas mal de temps avant d’aller à la saillie ! Mon mari a toujours aimé nommer ses chevaux avec un mot commençant par "C". Au départ, nous voulions l’appeler Campanile, c’est-à-dire une tour qui abrite des cloches. Mais ce nom n’était plus disponible. Aussi nous avons opté pour Campanelle, un terme utilisé pour une petite cloche ou une forme de pâtes. Cela fait sens quand on est une pouliche montée par un jockey italien, non ? Maintenant, nous mangeons un bon plat de campanelle avant chacune de ses courses ! À l’avenir, elle va certainement viser le Breeders' Cup Juvenile Turf (Gr1). Nous pensons qu’elle tiendra le mile… »

Barbara Banke : « Je rêve de gagner l’Arc… »

Aux États-Unis, le turf prend de plus en plus d’importance. S’il est encore loin d’avoir la place du dirt, le gazon gagne des adeptes. C’est notamment le cas de Barbara Banke qui, bien sûr, court aussi beaucoup de chevaux sur le sable : « L’avantage des chevaux de gazon, c’est qu’ils ont tendance à durer. J’essaye d’élever des chevaux pour l’élite des courses de turf. Plus que par le passé. Il est vraiment formidable de voir les bons américains se tester face aux meilleurs européens, comme lorsqu’Enable (Nathaniel) est venue courir la Breeders’ Cup (Gr1). Je rêverais aussi de voir Love (Galileo) tenter un tel challenge. Avant de disparaître, mon mari m’a confié qu’il rêvait de gagner le Prix de l’Arc de Triomphe (Gr1). Cela fait partie des courses que je rêve aussi de remporter, tout comme le Kentucky Derby (Gr1) ou un classique en Angleterre. »  Barbara Banke précise : « Faire entraîner en Europe est l’un de mes objectifs, des chevaux achetés aux ventes là-bas bien sûr, mais aussi des sujets élevés aux États-Unis. En particulier ceux issus de l’un des étalons américains dont nous sommes copropriétaires [Curlin, The Factor… ndlr] »

Barbara Banke est également active en Australie. Elle possède notamment Bounding (Lonhro), championne sur le sprint en Nouvelle-Zélande et sœur du vainqueur de Derby Anthony van Dyck (Galileo). En septembre 2019, Godolphin a acheté son yearling par Curlin pour 4,1 millions de dollars.

Ben McElroy : « Le niveau des courses sur gazon a énormément progressé aux États-Unis »

Ben McElroy, l’homme qui a déniché Campanelle chez Tattersalls, nous a confié : « Je suis allé à Newmarket pour trouver des chevaux capables de gagner à Royal Ascot. La pouliche sortait du lot physiquement. Elle semblait très précoce. Son père, Kodiac (Danehill), était reconnu pour cette qualité. Et sa mère avait gagné les Marygate Fillies' Stakes (L), une très bonne course. Je regarde les yearlings européens de la même manière que les américains, je recherche le même type. Les chevaux que j’ai achetés, jouant de malchance, sont plusieurs fois montés sur le podium d’épreuves de la Breeders’ Cup… sans parvenir à s’imposer. J’espère que Campanelle va gagner ! Son mental est exceptionnel, c’est l’une de ses grandes forces. »  

Au sujet de la réussite de Wesley Ward avec les 2ans, Ben McElroy explique : « Ses chevaux sortent tellement bien des boîtes qu’ils gagnent dès le départ plusieurs longueurs. Ses pensionnaires sont souvent relâchés dans leur travail. Il faut savoir qu’il supervise le débourrage d’une bonne partie des chevaux qu’il entraîne : il les suit de très bonne heure. Ensuite, c’est une personne qui apporte un soin tout particulier au choix du sol sur lequel il travaille ses 2ans. Il privilégie le turf au dirt pour cela, et fait le maximum pour les faire progresser tout en préservant leur physique. Pendant l’hiver, ses poulains changent plusieurs fois d’environnement, ne serait-ce que pour aller du débourrage à l’entraînement. Cela leur apprend à rester calmes, à s’adapter au changement. »

Ben McElroy conclut : « Progressivement, l’Amérique accueille toujours plus de courses sur le gazon, avec des allocations plus importantes. D’où l’intérêt des Américains pour acheter en Europe. Même si un bon cheval peut venir de n’importe où dans le monde. D’ailleurs, on voit un retour des chevaux américains sur la scène européenne… Une chose est certaine, le niveau des courses sur le gazon a énormément progressé aux États-Unis en l’espace de quelques années. »

 

× Votre téléchargement est bien en cours. S’il ne se complète pas, cliquez ici.