Il faut trouver un consensus équitable, responsable et durable pour les allocations 2020 et 2021

Courses / 31.08.2020

Il faut trouver un consensus équitable, responsable et durable pour les allocations 2020 et 2021

Par le Syndicat national des propriétaires au galop, les P.P. (Province Paris pour le galop français), l’Association des éleveurs et propriétaires indépendants (Aepi) et l’Association des entraîneurs-propriétaires (A.E.P.)

« Les associations signataires – qui représentent 55 % des propriétaires du galop et 29 % des éleveurs – comprennent que le communiqué de France Galop du 24 août doit s'analyser comme une réponse au courrier adressé au président de la société-mère le 30 juillet. Nous présentions des options pour les allocations 2020 cohérentes avec la nouvelle trajectoire financière du PMU.

Des options très pénalisantes pour les acteurs sont officiellement envisagées. Nos associations constatent avec inquiétude que, sans l'indispensable concertation qui garantirait l'unité et l'avenir de la filière, des options très pénalisantes pour l'ensemble des propriétaires, entraîneurs, éleveurs, jockeys et personnels d'écurie français sont envisagées.

C'est à partir d'un consensus trouvé pendant la période du confinement que l'activité des courses et des paris a pu reprendre depuis le 11 mai. Les résultats encourageants enregistrés par le PMU depuis ont été permis par le travail des équipes de notre opérateur de paris et par les dépositaires. Ils reposent en amont sur la mobilisation des acteurs des courses et des sociétés régionales. Ces derniers, base de toute l’activité, doivent en évidence en recevoir les fruits.

Un rappel d'allocations réduirait la baisse des encouragements 2020 de 27 % (projection du printemps) à - 15 %. Désormais, tenant compte des nouvelles projections du PMU et sur la base du budget de France Galop défini en janvier, en comptant sur une réduction de 1/12e des charges qui serait normale, et en tenant compte de la chute de 27 % des allocations qui découle des programmes actuels, le résultat d'exploitation s'établirait à près de 25 millions. C'est cette somme qui doit revenir aux acteurs. Des arguties comptables la réduisant des 2/3 ne peuvent être sérieusement avancées.

Il ne peut pas être admis que cette somme ne soit pas reversée aux acteurs des courses et aux sociétés régionales à la fin de l'exercice et sur la base du résultat effectif du PMU. Cela permettrait de ramener à 15 % la baisse des allocations en 2020 contre 27 % sur le dispositif d'aujourd'hui qui était basé sur un scénario d'avril, nettement moins bon que ce qui sera réalisé.

La situation actuelle impose, suivant les termes du Premier ministre qui s’exprimait devant le Medef à Longchamp, « d'être à côté des entreprises, de toutes les entreprises ». Comment imaginer que les sociétés de courses puissent se constituer des réserves en envoyant dans le mur les acteurs ?

Comment imaginer que le partage de sort si déséquilibré entre les courses et l'État pour le produit des paris puisse être en quelque sorte pérennisé sans souci de l'avenir des acteurs, et par le sacrifice d’une partie de notre outil de production ?

 Comment imaginer, enfin, que le rappel d’allocations indispensables puisse être mis en balance avec la capacité – ou l’incapacité – de France Galop de respecter un plan d’économie ? La maxime selon laquelle « les allocations ne peuvent pas être la variable d’ajustement de la gestion de France Galop » trouve cette fois plus que jamais toute sa dimension.

L'équilibre des filières sur longue période doit être redéfini avec l’État. Les options présentées dans le communiqué de France Galop du 24 août sont à la fois inéquitables et fortement anxiogènes pour les propriétaires et l'ensemble des acteurs. Elles doivent être amendées et les associations signataires, qui ont montré leur responsabilité en avril pour définir avec mesure et sens des responsabilités le cadre de reprise des courses disputées à partir du 11 mai, sont mobilisées pour le faire dans l'intérêt général.

L'unité de la filière est le premier souci. Contester tel ou tel point du communiqué de France Galop du début de semaine dernière ne serait pas constructif. Seule une concertation permettra une vision partagée, qui soit responsable et équitable.

Vis-à-vis de l'État, il est temps pour le Galop et les courses de sortir d'un certain fatalisme et de lancer une vraie négociation. Le calendrier des trois mois écoulés nous aura permis de mesurer les parts de marché naturelles du pari hippique quand la concurrence du football n'est pas là. La clause de revoyure prévue par la loi de 2010 autorisant les paris sportifs, et qui devait garantir l'équilibre des filières, doit être activée et s'inscrire dans la définition d'un partenariat vraiment ambitieux entre les courses et l'État.

Il est certain que, si les marges de manœuvre (quand il y en a) sont confisquées aux acteurs des courses (tant qu'il y en a), l'État n’a pas de raison de restaurer "l'équilibre des filières". »