LE TOUR DES HARAS – SEPTEMBRE 2020 :  La Perelle vise la qualité (plus que la quantité)

Élevage / 29.08.2020

LE TOUR DES HARAS – SEPTEMBRE 2020 : La Perelle vise la qualité (plus que la quantité)

LE TOUR DES HARAS – SEPTEMBRE 2020

La Perelle vise la qualité (plus que la quantité)

Comme chaque année, les journalistes de JDG visitent les haras qui présenteront des yearlings en septembre chez Arqana. Didier Barassin, le directeur, nous a ouvert les portes du haras de la Perelle.

Par Adrien Cugnasse

Fondateur et propriétaire du haras, Jurgen Winter s’est exprimé à plusieurs reprises dans la presse hippique, afin d’expliquer à quel point son ambition portait sur le long terme, plutôt que sur le résultat financier immédiat. Dans cet objectif, beaucoup de bonnes pouliches ont été conservées. Sept des neuf yearlings inscrits par le haras de la Perelle à la vente de sélection sont fils ou frères de black type. La seule femelle du lot a un pedigree extraordinaire puisque fille de Galileo (Sadler’s Wells) et Giofra (Dansili), lauréate des Falmouth Stales (Gr1), mais également sur le podium de la Hong Kong Cup, du Prix Ganay, du Dubai Duty Free, du Prix de l’Opéra et à nouveau des Falmouth Stakes (Grs1). C’est aussi le cas du poulain de Dark Angel (Acclamation) et Cladocera (Oasis Dream), lauréate des Balanchine et des Cape Verdi (Grs2), également deuxième des Matron Stakes (Gr1). On trouve dans la liste un fils de Siyouni (Pivotal) et Reggane (Red Ransom), lauréate des E. P. Taylor Stakes (Gr1) et deuxième des Coronation Stakes (Gr1). Giofra appartient à une souche cultivée à la Perelle depuis une quinzaine d’années, alors que celles de Cladocera et de Reggane sont dans la "maison" depuis bientôt vingt-cinq ans. Didier Barassin les connaît par cœur et souligne à propos de ces deux papiers d’étalons : « Le fils de Cladocera comme celui de Reggane sont des outcross, en particulier vis-à-vis de Galileo. Je pense que c’est important. »

Monsun, ses fils et sa famille. Didier Barassin explique : « Monsieur Winter n’hésite pas à utiliser les meilleurs étalons allemands. Comme Soldier Hollow (In the Wings) aujourd’hui ou Monsun (Königsstuhl) au début des années 2000. C’est ainsi qu’est né Gentlewave (Monsun), lauréat du Derby italien (Gr1) et du Prix Noailles (Gr2), mais aussi deuxième du Derby d’Irlande (Gr1) [À cette date, les stars internationales de sa production, Manduro, Novellist, Stacelita, Shirocco… n’étaient pas encore sorties, ndlr]. En 2004, nous sommes allés à Newmarket pour acheter la sœur de Monsun, Morning Sun (Law Society). Elle nous a donné Beaulieu (Motivator), troisième du Prix du Lys (Gr3). Morning Sun est par ailleurs la sœur de la mère de Brametot (Rajasman) et nous vendrons son yearling par Rajasman (Linamix) à la vacation d’octobre. » La famille de Gentlewave est toujours bien présente au haras de la Perelle avec Slatina (Mastercraftsman), lauréate de six courses et troisième du Prix de Lutèce (Gr3). Son fils par Maxios (Monsun) va passer en vente plus tard cette année. Didier Barassin nous dit : « Il est vraiment fait en cheval de course. »

Mille et Mille, Tornibush, les belles histoires. Didier Barassin précise : « Ces quelques semaines supplémentaires nous ont permis de suivre une préparation plus "cool", avec certainement un effet bénéfique sur les poulains. Nous vendons régulièrement de bons chevaux. Comme Mille et Mille (Muhtathir) – encore un petit-fils de Monsun ! – lauréat de trois Listeds et du Prix du Cadran (Gr1). Il compte 979.488 € de gains et continue à courir cette année à 10ans. Cette durabilité extraordinaire atteste du fait qu’il a été bien élevé. C’est un cheval sain et courageux. Il a toujours été très tendu. La castration a amélioré son comportement ainsi que la compagnie d’un poney. Sa mère nous a donné trois black types dont Quanzhou (Dubawi), gagnante de Listed et dont nous présentons un fils par Le Havre (Noverre). C’est un magnifique yearling, très signé. » L’autre belle histoire de la Perelle, c’est Tornibush (Dream Ahead), gagnant de six courses. Il courait pour une association entre Arnaud de Seyssel et Antoine Griezmann. Didier Barassin explique : « Le fait qu’il porte la casaque d’une célébrité a attiré l’attention médiatique. Lauréat du Prix du Pin (Gr3), il a également été favori du Prix de la Forêt (Gr1). Nous présentons son propre frère en septembre. Il est issu d’une très belle famille Lagardère. Nous essayons de garder les meilleures juments possible. Et d’investir aussi. Comme avec Bilissie (Dansili) lauréate de Listed et sœur de Left Hand (Dubawi). Elle est pleine de Lope de Vega. Nous avons aussi acquis Fangs (Kitten’s Joy), propre sœur d’une gagnante des Queen Elizabeth II Challenge Cup Stakes (Gr1) ou encore Kodyanna (Kodiac), deuxième du Prix de Cabourg (Gr3), dans l’objectif de ramener un peu de vitesse et de précocité dans l’élevage. »

La réussite des éleveurs allemands. Didier Barassin détaille : « Nous avons souvent fait confiance à de jeunes étalons. C’est ainsi que nous avons utilisé Shamardal (Giant’s Causeway) ou Dubawi (Dubai Millennium), alors qu’ils n’étaient encore que de jeunes reproducteurs. Nous avons aussi acquis des parts de Siyouni (Pivotal), Le Havre (Noverre) et de Wootton Bassett (Iffraaj). Nous avons par ailleurs un des rares produits de Roaring Lion (Kitten’s Joy). Parmi les jeunes actuels, nous avons utilisé City Light (Siyouni) et Blue Point (Shamardal)… » Si les courses allemandes sont en difficulté, le pays brille toujours par son élevage. L’Allemagne compte à peine 850 naissances annuelles sur les derniers exercices. En comparaison, si on enlève un tiers de sauteurs, la France produit tous les ans environ 3.700 foals pour le plat. Or dans le classement international 2019, parmi les 200 chevaux qui ont décroché un rating de 115, on trouve 6 chevaux élevés par des Allemands et 22 par des Français. La production française est donc 4,2 fois plus nombreuse que celle de notre voisin, mais elle n’est pas 4,2 fois plus performante. Proportionnellement, les Allemands – où qu’ils soient installés – élèvent donc davantage de bons performers. Jurgen Winter a souvent souligné l’importance d’élever de manière naturelle. À ce titre, Didier Barassin représente le bras droit idéal, étant un homme de la terre, issu d’une famille qui élevait des trotteurs.

LES YEARLINGS DE LA VENTE DE SÉLECTION

Lot Sexe Père Mère

44 M. Dream Ahead Celenza

50 M. Dark Angel Cladocera

66 M. No Nay Never Denga

100 F. Galileo Giofra

332 M. Shalaa Dalarua

383 M. Zarak Kyurem

445 M. Le Havre Quanzhou

448 M. Siyouni Reggane

470 M. Tamayuz Swertia

× Votre téléchargement est bien en cours. S’il ne se complète pas, cliquez ici.