Baden-Baden et ses joyaux face à la crise

International / 03.09.2020

Baden-Baden et ses joyaux face à la crise

L’année dernière, sous l’impulsion de Godolphin qui avait acheté quatre lots pour 2,05 M€, la vente BBAG de Baden-Baden avait affiché des résultats record avec un C.A. de 8,2 M€ et un prix moyen de 56.552 €. Le catalogue de la vente, qui démarre vendredi à 10 h, est un peu plus large avec une offre de 237 sujets après les scratchings, mais les prévisions sont difficiles à faire. Ce n’est pas la faute des éleveurs allemands qui sont obligés de travailler dans des conditions difficiles, dont la plus dure vient du niveau des allocations qui ont à nouveau diminué cette année.

L’offre est exceptionnelle sur le haut de gamme : seront notamment proposées une propre sœur du champion et bon étalon Sea the Moon (Sea the Stars), élevée par le Gestüt Gorlsdorf, et une demi-sœur par le grand Dubawi (Dubai Millennium) des deux lauréats du Deutsches Derby Windstoss (Shirocco) et Weltstar (Soldier Hollow), griffée Gestüt Rottgen. Il s’agit de deux pouliches qui promettent un prix à sept chiffres en puissance, mais les grands acteurs seront-ils prêts à investir en cette année si spéciale ?

Le rôle des étrangers. Les acheteurs étrangers se sont adjugé l’année dernière neuf des vingt et un lots qui ont dépassé les 100.000 € et leur rôle reste encore important. Mais on peut aussi s’attendre à la présence d’un Westerberg, qui a déniché sur ce ring la gagnante du Preis der Diana (Gr1) Miss Yoda (Sea the Stars). Le haras de Georg von Opel figure dans la colonne vendeurs avec une dizaine de sujets. Tous les grands haras du pays sont là mais pas forcement pour vendre. Le très haut taux de rachats s’explique par la nécessité, pour les éleveurs, de qualifier leurs chevaux pour les courses réservées aux sujets passés sur le ring qui offrent des allocations pas loin des bons Groupes. En résumé : tous ne sont pas vendeurs mais tous ont besoin d’aller aux ventes !

Malgré cela, l’année dernière, le taux de vendus avait atteint 74 %, un chiffre élevé pour ce marché.

La très forte offre française. On entendra beaucoup parler français à Baden-Baden. Les yearlings présentés par les haras de l’Hexagone sont au nombre de quarante et un avant les scratchings et presque tous sont qualifiés pour la prime. C’est très attrayant pour les propriétaires et les entraîneurs allemands qui se déplacent de plus en plus en France à la recherche d’allocations impossibles à imaginer chez eux. Les produits des étalons qui officient ou ont officié en France représentent autour de 20 % de l’offre.  

Il faudra un miracle. Les deux éditions les plus affectées par la grande crise boursière sont celles de 2009 et 2010. Le taux de vendus était tombé à 55 %, le C.A. à 4,28 M€ et le prix moyen à 27.650 €. Le marché devait alors faire face à une crise économique mais pas à celle d’un système de courses – malgré la faiblesse des allocations, l’élevage allemand continue à produire de chevaux de haut niveau. C’est le grand miracle germanique qui fait que tous les espoirs restent permis !

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