<span class="highlightSearchResult">Baptiste</span> Le <span class="highlightSearchResult">Clerc</span>, si jeune et déjà si grand…

Courses / 04.09.2020

Baptiste Le Clerc, si jeune et déjà si grand…

À seulement 18 ans, Baptiste Le Clerc pointe à la 8e place du classement des jockeys d'obstacle avec 23 gagnants en 2020, moins d'un an et demi après son passage chez les pros. Mardi, il s'est mis en évidence avec Galleo Conti, candidat au Maurice Gillois (Gr1).

Par Alice Baudrelle

Jour de Galop. - Mardi, vous avez remporté facilement le Prix Jean Noiret avec Galleo Conti, un sauteur qui sort de l'ordinaire. Étant donné votre jeune âge, c'est une vraie chance pour vous de monter un tel cheval. Comment l'opportunité s'est-t-elle présentée ?

Baptiste Le Clerc. - Mon patron, Guillaume Macaire, m'a toujours fait sauter de bons chevaux le matin pour que j'apprenne. Parmi eux, il y avait Galleo Conti. Bertrand Lestrade lui était associé en course l'année dernière, mais sa collaboration avec Guillaume Macaire a pris fin au printemps ; c'est donc Félix de Giles qui a monté Galleo Conti dans le Prix Questarabad (Gr3). Il devait le remonter, mais il s'est retrouvé mis à pied le jour où le cheval débutait en steeple, à Clairefontaine-Deauville. Comme je le connaissais du matin, Guillaume Macaire m'a fait confiance pour remplacer Félix, et nous avons gagné. Mardi, le cheval découvrait le steeple d'Auteuil et il s'est très bien comporté. C'est de bon augure pour la suite. Galleo Conti a beaucoup de qualités et nous savons qu'il pourra rivaliser avec les meilleurs, que ce soit en haies ou en steeple. Il est hyper facile à monter, il sait accélérer. Dans le Prix Questarabad, il a montré qu'il avait du rythme… Il n'a pas beaucoup de défauts ! Parmi tous les chevaux que j'ai montés, c'est celui qui a montré le plus de classe.

Vous avez connu une ascension fulgurante depuis votre passage chez les pros. Comment l'expliquez-vous ?

J'ai suivi les conseils de Guillaume Macaire de A à Z, et j'ai eu raison de le faire ! Cela fait trois ans que je suis en apprentissage chez lui. C'est lui qui m'a conseillé de commencer par une licence de gentleman-rider : depuis 2017, il existe une loi qui permet aux apprentis d'avoir une licence d'amateur jusqu'à leur deuxième année de contrat incluse dans une écurie de course. J'ai donc suivi cette voie pendant un an et trois mois. Mon père, Armel Le Clerc, est entraîneur : durant cette période d'amateurisme, c'est lui qui m'a fait prendre de l'expérience avec ses chevaux. Lui aussi a joué un rôle important dans ma réussite. Je suis devenu professionnel en avril 2019 et j'ai gagné ma première course en tant que jockey à Compiègne avec Drowing (Blue Brésil), pour ma troisième monte. Après, les succès se sont enchaînés. Guillaume Macaire m'a donné sa confiance, et je lui ai donné la mienne. Nous n'avons plus vraiment besoin de nous parler le matin, nous nous comprenons en un regard. Il m'a pris sous son aile depuis le début pour me faire progresser et il continue. Je tiens d'ailleurs à le remercier pour cela. Depuis trois ans, j'ai acquis l'expérience qu'il fallait pour arriver là où je suis aujourd'hui, et je me suis surtout adapté à sa méthode. L'année dernière, j'ai décroché 31 victoires ainsi que le titre de meilleur apprenti d'obstacle. J'étais un peu déçu de ne pas remporter l'Étrier d'Or [qui est revenu à Augustin Madamet, avec 40 gagnants en plat, ndlr], mais j'ai quand même fait une superbe année.

Vous avez aussi monté votre premier Gr1 l'année dernière, et même conclu sur le podium !

Oui, j'ai eu la chance d'être associé à l'une de mes juments de cœur, Thrilling (Network), dans le Prix Maurice Gillois (Gr1), alors que je ne l'avais jamais montée l'après-midi. Avant cela, j'ai aussi terminé deuxième au mois de juin dans un Gr2 en Italie avec Galant du Chenet (Martaline). Et, cette année, j'ai conclu quatrième du Prix Héros XII (Gr3) à Compiègne avec Feu Follet (Kapgarde), qui est un très bon cheval. Mon objectif est de monter davantage de Groupes et de continuer à être sur la montante.

Avec un père entraîneur, vous connaissez donc le milieu des courses depuis votre enfance. Pourtant, vous n'avez pas toujours voulu être jockey…

Non, c'est vrai. J'ai commencé à monter à cheval à l'âge de 11 ans. Avant, j'allais aux courses, mais je n'avais jamais eu l'intention de faire ce métier. Mon père ne m'a jamais forcé, mais un jour il m'a dit en plaisantant qu'il lui restait un lot à monter. Je l'ai pris au mot et j'ai commencé comme ça. Je ne sais pas ce qui s'est passé ce jour-là, mais je n'ai plus eu envie de faire autre chose ! À 13 ans, j'ai attaqué les courses de poneys, j'ai dû en monter une centaine. J'ai fait mon année de troisième à la MFR, tout en effectuant des stages chez Guy Cherel à Gavray, Emmanuel Clayeux et Guillaume Macaire. À la fin de mon stage, Guillaume Macaire m'a demandé ce que je voulais faire et je lui ai dit que je voulais entrer en apprentissage chez un entraîneur. C'est ainsi que notre collaboration a commencé… Après trois ans en apprentissage au CFA de Laval, où j'ai obtenu un bac pro CGEH, je suis désormais salarié de l'écurie depuis le 1er septembre.