Cyril Linette : « Nous avons pris de l’avance et la situation est bien moins négative que prévue »

Institution / Ventes / 29.09.2020

Cyril Linette : « Nous avons pris de l’avance et la situation est bien moins négative que prévue »

Ce mardi, Cyril Linette a présenté les chiffres réalisés de juillet à fin septembre par le PMU. L’occasion également pour le directeur général de faire un point sur une année 2020 qui ne sera pas si catastrophique que prévu et d’annoncer son plan d’action pour 2021.

Le PMU vient de réaliser le meilleur été et le meilleur mois de septembre de son histoire, France et international confondus ! 2,35 milliards d’euros d’enjeux entre juillet et septembre :  jamais un tel niveau n’avait été atteint sur cette période. En juillet-août, le PMU est en hausse de 15 %, avec le plus fort mois d’août depuis 2012 (qui était la meilleure année historique). Et en septembre, l’opérateur croît de 10 % – record à la clé.

Tous les canaux progressent, comme l’a expliqué Cyril Linette ce matin en visioconférence : « Les enjeux physiques affichent + 8 %, le online + 30%, avec même parfois des journées à + 50%, et l’international + 25 %. Tous les paris augmentent également. Même le Quinté repart à la hausse sur les deux derniers mois. »

Une conjoncture favorable. Pour Cyril Linette, plusieurs éléments expliquent ces résultats : « Les Français avaient épargné pendant le confinement et cela nous a bénéficié. Comme le fait qu’ils soient majoritairement restés en France durant les vacances. Il y avait également moins de concurrence dans le secteur du loisir, beaucoup d’endroits sont restés fermés. Il y avait moins de sport à la télé, et puis de moins de paris sportifs tout court. Clairement, tout cela bénéficiait au pari hippique. »

Entre optimisme et prudence. Lors de son précédent point presse, quelques semaines après la reprise des courses et avec déjà de très bons résultats, le mot prudence avait été martelé à plusieurs reprises. Ce mardi, malgré un optimisme affiché, le patron du PMU l’a tout de même utilisé à plusieurs reprises : « Le contexte n’a pas vraiment changé, il est toujours anxiogène, tant d’un point de vue sanitaire qu’économique. Même avec ces chiffres historiques, on ne rattrapera pas les deux mois sans activité, où nous avons enregistré une baisse de 90 % de notre activité, et le mois de la reprise où nous étions entre - 60 % et - 70 %. Comme nous l’avions dit en juillet, il manquera entre 10 % et 15 % de résultat net habituel. C’est beaucoup pour la filière, mais néanmoins, et je pense qu’il faut le souligner, sauf reconfinement, la situation est bien moins négative que ce que nous imaginions. Nous avons pris de l’avance pendant l’été, c’est une évidence, mais il faut rester très humbles et très prudents au vu de ce qu’il peut se passer durant les trois prochains mois. Nous confirmons ce résultat à 640 M€, soit une baisse de 15 %, en se disant que nous ferons peut-être mieux. Ce résultat doit nous permettre, tous ensemble, de tenir. Mais la situation est très fragile. Des régions sont confrontées à de nouvelles restrictions et cela va impacter notre commerce et notre réseau de distribution. Si des fermetures venaient à être prononcées à Marseille, comme c’est déjà le cas, à Lyon, Bordeaux et Paris, et je ne parle que des villes, pas des agglomérations, nous aurions déjà 11 % de chiffre d’affaires en moins… »

Booster le réseau. Cette année particulière apporte de réelles satisfactions et donne beaucoup d’espoir à Cyril Linette : « Il s’agit d’une performance remarquable. Je tiens à souligner et à féliciter le professionnalisme et la solidarité de la filière. Redémarrer les courses a été un véritable tour de force, il faut en être conscient. Ce travail des sociétés-mères a permis que l’on parte d’une base de trois mois sans activité normale, donc avec un quart de l’année en moins. Si les courses n’avaient redémarré, comme bon nombre d’autres sports, que mi-août ou mi-septembre, nous serions partis sur du - 50 %. Je remarque aussi que le PMU a fait les bons choix, car il n’était pas évident d’investir 15 M€ pour soutenir notre réseau de distribution. Or, on le voit sur nos chiffres, le doublement des commissions des points de vente pendant le premier mois d’ouverture – à condition qu’ils ouvrent rapidement – et les boosters pour ceux qui restaient ouverts le dimanche ou tard en soirée ont porté leurs fruits. Ces 15 M€ investis ont été largement rattrapés par la hausse des enjeux. J’ai également la conviction que les bons résultats du PMU sont liés au cap qui est le nôtre depuis deux ans. Auparavant, nous perdions en moyenne 3,5 % d’enjeux entre 2012 et 2018. Depuis janvier 2019, et si l’on extrait les deux mois sans course, nous sommes sur une croissance des enjeux de l’ordre de 0,5 %. »

L’ADN du PMU. Le directeur général du PMU poursuit : « Le fait d’avoir recentré la stratégie vers l’ADN du PMU, d’avoir réduit l’offre de courses, d’avoir, je pense, une meilleure collaboration avec les sociétés-mères, d’avoir travaillé avec les points de vente, d’avoir privilégié les paris hippiques par rapport aux paris sportifs… Tout cela a fonctionné. Quand une entreprise perd du terrain, il faut revenir aux bases et c’est ce que nous avons fait. Par ailleurs, ces choix radicaux ont permis de mener à bien un plan d’économie considérable car les charges ont baissé de 80 M€ en trois ans, soit 20 % du total, hors économies liées au confinement. Cette réduction du train de vie a permis d’investir dans le produit, dans la rémunération du réseau commercial et dans la satisfaction client. »

2021, troisième étape de la stratégie. Après la rétention et l’empathie, une nouvelle étape se profile au PMU, comme l’a annoncé Cyril Linette ce matin : « Nous voulons travailler davantage les sujets de conversion et de transmission. Je continue de penser que la clé de notre futur, c’est le client d’aujourd’hui qui la détient. Dans les prochains mois et de manière très précise, nous allons nous occuper de nos ambassadeurs : j’entends par là nos points de ventes les plus importants et nos clients les plus motivés pour en faire, petit à petit, des promoteurs de nos offres. Les atouts des paris hippiques seront fortement mis en avant, comme l’espérance de gains, la fréquence de jeu, le spectacle vivant que sont les courses, la sagacité et le fait de manier de la donnée, ce qui peut intéresser une nouvelle clientèle. Cette troisième étape se traduira aussi par une attention plus forte au online. L’équipe a été renouvelée et nous allons déployer une stratégie ambitieuse, avec, dès le mois d’avril, un univers online plus accueillant, plus vivant et fortement simplifié. Sur le marché online, l’offre de course sera aussi sensiblement différente que sur le réseau physique. De nouveaux paris vont arriver en 2021. Ils sont en cours d’élaboration, mais je peux déjà dire qu’il s’agit d’un jeu vertical, qui permettra de jouer sur plusieurs courses d’une même réunion et non sur une seule, et un jeu type "la question du jour" qui permettrait d’animer la journée de pari avec une question spécifique autour des jockeys par exemple. Ces deux jeux seront donc d’abord testés sur le réseau online. Cette année, nous devrions dépasser les 900 M€ d’enjeux en ligne ; notre objectif est d’atteindre 1,5 milliard dans les prochaines années. »

ÉTÉ ET SEPTEMBRE 2020 AU PMU

                        Enjeux                 P.B.J.*

Juillet              + 15 %                 + 13 %

Août                + 15 %                 + 11 %

Septembre       + 10 %                 + 9 %

*P.B.J. : le produit brut des jeux, c'est-à-dire les mises moins les gains