John Gosden : « Enable va donner le meilleur d’elle-même »

International / 28.09.2020

John Gosden : « Enable va donner le meilleur d’elle-même »

À cinq jours de l’Arc, John Gosden a accordé une interview à notre confrère Jaime Salvador, de Black Type Magazine.

Black Type Magazine. – Comment va Enable ?

John Gosden. – Elle va très bien ! Elle est à son poids de forme, elle est heureuse. Nous avons eu un peu de mal à l’avoir vraiment fit cette année, car elle a pris de l’âge et de la masse. Mais là, elle est top. Nous sommes donc confiants. Elle n’a jamais fait de contre-performance. Elle répond toujours présent. Elle est prête à fournir une grande course.

Cet Arc, ce sera définitivement sa dernière course ?

Ce n’est pas à moi de prendre cette décision. C’est le prince Abdullah qui décidera de cela.

Vous avez choisi Olivier Peslier pour piloter Stradivarius. Un choix évident ?

Stradivarius a travaillé samedi, et il était vraiment très bien. Nous avons pensé qu’il était temps de réserver un jockey ! Olivier est un grand jockey, qui a souvent monté pour moi, qui connaît évidemment la piste et qui est sur place, donc sans tous ces soucis de quarantaine…

On a appris lundi matin que 22 chevaux figuraient encore sur la liste de l’Arc. Comment jugez-vous cette édition ?

L’Arc est toujours une épreuve très exigeante pour les chevaux. C’est le test ultime. Je crois que le terrain va être souple, ce qui leur demandera encore plus de classe et de tenue. Je pense que nous nous dirigeons vers une superbe édition, avec beaucoup de chevaux qui devraient avoir leur mot à dire. Pour le challenge d’Enable, c’est encore mieux !

Beaucoup d’entourages craignent que le terrain ne s’assouplisse considérablement. Pour vos deux chevaux, Enable et Stradivarius, est-ce que cela pourrait devenir un problème ?

Enable a déjà bien couru sur le terrain très souple, mais comme beaucoup de chevaux, elle préfère le bon terrain. Elle peut se sortir des pistes pénibles, mais cela rend sa tâche plus difficile : c’est plus exigeant au niveau de la tenue. Stradivarius a toujours été un cheval de terrain rapide, mais il nous a surpris le jour de la Gold Cup quand il a réussi à s’imposer malgré l’état de la piste, sur 4.000m. Donc s’il pleut, nous espérons que les deux chevaux puissent malgré tout s’en sortir.

L’an dernier, vous aviez reconnu qu’essayer de ne pas laisser filer Ghaiyyath avait peut-être été une erreur. Cette année, Serpentine pourrait aller devant comme il l’a fait dans le Derby d’Epsom. Comment imaginez-vous le scenario ?

L’avantage d’être entraîneur, c’est que je ne serai pas sur les chevaux ! Je laisse ce genre de décisions aux jockeys. C’est eux qui doivent juger à quelle allure ils vont, où ils doivent se placer, quel effort demander à leurs chevaux… Il peut être dangereux de laisser un cheval prendre trop d’avance, comme il peut être tout aussi dangereux d’essayer de le suivre quitte à se couper la gorge.

Love est-elle pour vous la principale rivale d’Enable ?

Il y a deux choses. La première, c’est le risque d’une course bizarre, avec un cheval prenant beaucoup d’avance, comme dans le Derby. La seconde, c’est évidemment le grand talent de Love, qui aura un avantage au poids sur nous. Nous savons bien, puisqu’Enable a gagné l’Arc à 3ans à Chantilly, à quel point cela peut jouer… Nous avons conscience de cela, mais nous verrons bien après la course.

Regrettez-vous que cet Arc qui s’annonce grandiose se dispute devant un public si restreint ?

Pour les chevaux, c’est mieux, ils seront plus calmes ! Pour nous, écoutez, il faut faire avec… Nous vivons une période compliquée. Je regarderai la course de la télé, comme tout le monde ou presque.

Si Enable venait à remporter un troisième Arc, qu’est-ce que cela représenterait pour vous ?

Mon équipe et moi-même, nous avons eu l’extrême privilège et la responsabilité de s’occuper d’une telle jument pendant toutes ces années. Pour le prince, ce triplé serait en quelque sorte un accomplissement. L’aventure vécue avec Enable est fantastique et, si elle gagne dimanche, cela serait magnifique. Mais, avant tout, la seule chose que l’on puisse lui demander c’est de donner le meilleur d’elle-même. Et c’est ce qu’elle fera, j’en suis certain.