Persian King et Pinatubo font tourner les moulins de nos cœurs

Courses / 06.09.2020

Persian King et Pinatubo font tourner les moulins de nos cœurs

ParisLongchamp, dimanche

Quel Prix du Moulin de Longchamp (Gr1) ! Et quelle victoire de Persian King ** (Kingman) ! Le représentant de Ballymore et de Godolphin s’est imposé de toute une classe dans le Gr1. Nous avons vu un Persian King des grands jours et un Pierre-Charles Boudot au sommet de son art… Et, juste derrière eux, un incroyable Pinatubo (Shamardal). Les deux poulains nous ont, à leur manière, offert un magnifique spectacle et un Moulin de Longchamp dont on se souviendra.

En patron. Le jockey a d’abord pisté Circus Maximus (Galileo), dont on se doutait qu’il allait mener… Mais quand Ryan Moore a repris son partenaire dans la fausse ligne droite, PC a laissé glisser Persian King a son intérieur plutôt que de tout reprendre. À l’entrée de la ligne droite, Persian King a serré le rail. À 500m, PC n’avait toujours pas bougé, Persian King allait facilement. C’est vraiment à 300m qu’il a demandé l’effort à Persian King et le cheval a répondu : une, deux, trois, quatre, cinq longueurs… Persian King a laissé Circus Maximus sur place. Et il a bien poursuivi son effort jusqu’au bout. Il le fallait car, derrière, Pinatubo (Shamardal) a fini en boulet de canon après avoir longuement patienté, comptant jusqu’à dix longueurs de retard sur les animateurs. Le représentant de Godolphin est un vrai petit lion et il a tracé une ligne droite remarquable pour échouer à une longueur trois quarts de Persian King. Pierre-Charles Boudot a commenté au micro d’Equidia : « Aujourd'hui, on voulait aller devant, en suivant le rythme. Le cheval est sorti légèrement en demi-teinte par rapport à Circus Maximus. Il est parti à son rythme, bien cool, bien relax. Après, on s'est fait emmener. Il m'a pris un peu le mors dans la fausse ligne droite, du coup je me suis décalé. Ensuite, il a montré tout son talent. C'est un crack. En dernier lieu, le terrain était atroce, c'est à oublier. Aujourd'hui, il fallait qu'il se réhabilite, mais il a été toujours été un très grand cheval. Je ne sais pas si j'ai monté une belle course... J'ai la chance de travailler pour un génie. Persian King était très bien amené aujourd'hui. Il était en super forme et on arrivait sur cette course avec confiance. Il avait beaucoup d'action, d'abattage. Je n'avais pas l'impression que nous allions très vite : c'est son rythme naturel et c'est ainsi qu'il émousse les pointes des autres. »

Il faut compter six longueurs pour trouver Circus Maximus, qui contient d’une longueur le retour de Siskin (First Defence). Ce dernier n’a pas démérité car, dans une course où les deux animateurs ont creusé l’écart, il a dû mener la chasse et ramener tous les copains. Sa performance est encourageante car il s’est relancé pour finir malgré ses efforts, venant prendre une tête à Victor Ludorum ** (Shamardal), jamais vraiment dans la course, sur le poteau. Romanised (Holy Roman Emperor) est dernier à cinq longueurs, bien en-dessous de ce qu’il est capable de faire.

Persian King dans la cour des grands. Persian King décroche son troisième Gr1 avec le Prix du Moulin de Longchamp. Sur le mile de ParisLongchamp, il avait remporté l’Emirates Poule d’Essai des Poulains (Gr1). En 2020, il a gagné facilement le Prix d’Ispahan (Gr1), mais sans battre un grand lot. Persian King venait de décevoir à Deauville dans le Prix du Haras de Fresnay-le-Buffard - Jacques Le Marois (Gr1). Mais le terrain lourd n’est certainement pas fait pour cet immense poulain à la grande action. Il a de la taille et du modèle : en bon terrain comme dimanche, il dégage cependant une impression de légèreté et de facilité. Au rond, il était splendide : en 2020, on ne l’avait encore jamais vu aussi fit.

Lisa-Jane Graffard, représentante en France de Godolphin, nous a dit : « Nous sommes ravis ! Il était magnifique. Dans le Marois, il n’a pas couru, ce n’était vraiment pas son truc. Nous sommes ravis de le voir gagner un tel Gr1. Nous l’avons toujours beaucoup aimé : il faut se souvenir qu'à 2ans, dans les Autumn Stakes (Gr3), il avait battu Magna Grecia (Invincible Spirit, gagnant des 2.000 Guinées) et Circus Maximus. Monsieur Fabre sait comment amener ses chevaux au mieux pour un objectif. Physiquement, il était splendide : toute l’équipe de Newmarket a fait un travail magnifique durant son séjour là-bas. Et avec les problèmes qu’il a eus [après le Prix du Jockey Club, ndlr], il fallait y aller doucement. Il a progressé à chacune de ses courses cette année. »

L’Arc n’est pas impossible !

Après une telle victoire, on se demande quel pourrait être le programme de Persian King. On le sait capable de faire le mile mais aussi d’aller sur plus long : 1.900m, 2.000m… 2.400m ? Et pourquoi pas ! Persian King pourrait très bien tenter sa chance, pour la première fois, sur 2.400m dans l’Arc. Il est aussi engagé dans les Champion Stakes et les Irish Champion Stakes (Grs1), mais la course irlandaise arrive un peu vite ! André Fabre a indiqué auprès d’At the Races : « En toute honnêteté, cela [la victoire] était attendu. Je ne veux pas avoir l’air de me prendre pour un génie, mais j’étais confiant. J’ai pu mieux l’entraîner en vue de cette course : les pistes étaient meilleures qu’au mois d’août et il faisait moins chaud, donc j’ai pu l’entraîner plus dur. Il ne va pas courir les Irish Champion Stakes, qui ont lieu la semaine prochaine. Ce sera l’Arc ou les Champion Stakes. Les 2.400m sont évidemment un point d’interrogation… »

Pinatubo met le feu à la piste. Pinatubo devait répondre à une interrogation dans le Moulin de Longchamp : tient-il les 1.600m ou non ? Au printemps, il n’avait pas tenu sur des pistes exigeantes comme le Rowley Mile ou Ascot. Mais sur un mile plus coulant, comme celui de ParisLongchamp, il tient ! Le pensionnaire de Charlie Appleby a été explosif – il ne porte pas le nom d’un volcan pour rien – et a mis le feu à la piste dans les 400 derniers mètres, refaisant énormément de terrain sur Persian King. Il est d’ailleurs presque amusant de voir Pinatubo, qui n’est pas très grand, se lancer à la chasse de l’immense Persian King et refaire du terrain sur lui ! L’écart à combler était cependant trop important : c’était mission impossible, sauf si Persian King décidait de faire une "Orfèvre", par exemple.

Une deuxième place ne peut jamais égaler une victoire : reste que Pinatubo réalise vraiment une grande performance et mérite plus que jamais son surnom de Pinaturbo ! Les données de tracking indiquent qu’il est le seul concurrent à être sous la barre des 11’’ des 200m à l’arrivée : 10’’54 des 400m aux 200m (10’’71 pour Persian King) et 10’’98 des 200m à l’arrivée (11’’24 pour Persian King). Une vraie petite fusée ! James Doyle, son jockey, a commenté : « Il a refait tellement de terrain ! Mais quand un cheval a pris une telle avance, c'est vraiment difficile de le rattraper. Je voulais le monter patiemment. Ce n'est pas qu'un bon cheval de 1.400m. Il prouve qu'il est capable de briller sur le mile. »

Godolphin comptait aussi sur Victor Ludorum, cinquième. Il revenait sur 1.600m après ses tentatives dans le Prix du Jockey Club et dans le Prix Guillaume d’Ornano - Haras du Logis Saint-Germain (Gr2). Comme il en a pris l’habitude, il est mal sorti de sa stalle et n’a jamais réussi à se mettre dans le rythme, lui qui a pourtant tendance à être brillant. Lisa-Jane Graffard a indiqué : « Victor Ludorum a été un peu surpris par le rythme. Il restait sur deux tentatives sur plus long et a toujours couru après les autres aujourd’hui. »

Circus Maximus courageux. Circus Maximus n’a pas pu conserver son titre dans le Prix du Moulin de Longchamp. Le pensionnaire d’Aidan O’Brien est tombé sur plus fort mais, comme à son habitude, il s’est battu jusqu’au bout : Persian King et Pinatubo étaient tous les deux sur une autre planète. Alan Cooper, qui manage les intérêts de la famille Niarchos, nous a dit : « Il court très bien. C'est un cheval régulier. Aujourd'hui, Persian King était au top, nous aussi, mais nous avons trouvé plus fort. Pour la suite, nous allons voir avec nos associés mais il y a des options comme les Queen Elizabeth et la Breeders' Cup. »

Kingman toujours plus haut. Le sire de Juddmonte n’a que 9ans et ne dispose que de deux générations en piste. Mais c’est pourtant déjà une valeur sûre du parc étalon européen. Il officie à 150.000 £ et le Covid-19 ne devrait pas perturber sa trajectoire météorique au haras. Avec Palace Pier (St James's Palace Stakes & Prix Jacques Le Marois, Grs1) et Persian King, il a deux formidables porte-drapeaux, qui sont très attendus au haras. Trente minutes plus tard, Chachnak (Kingman) a gagné le Prix du Prince d’Orange (Gr3). Cette semaine, quatre de ses produits passeront sur le ring d’Arqana.

PEDIGREE WEATHERBYS :

http://www.jourdegalop.com/Media/Jdg/Documents/PERSIANKING-.pdf

Issu d’une trois quarts sœur de Planteur. Élevé par Dayton Investments, Persian King est un fils de Pretty Please (Dylan Thomas). Il appartient donc à la grande souche des "P" Wildenstein. Sa mère a gagné le Prix de la Croix de Pontarmé (B) pour ses débuts, à 3ans, et n’a couru qu’une fois ensuite, à 4ans. Persian King est son deuxième produit et son premier gagnant. Le premier, Pretty Spirit (Invincible Spirit), a été acheté 150.000 € par Victor Langlais en décembre, à Arqana, et elle est stationnée à l’écurie des Monceaux. Sa 3ans par Australia (Galileo) a couru une fois sans succès.

Pretty Please est une fille de Plante Rare (Giant’s Causeway), restée inédite et mère de Planteur ** (Danehill Dancer). Ce gagnant du Prix Ganay (Gr1), du Prix d’Harcourt (Gr2) et du Prix Noailles (Gr2, à l’époque), s’est classé deuxième du Juddmonte Grand Prix de Paris, du Prix d’Ispahan et du Prix du Jockey Club ainsi que troisième de la Dubai World Cup (Grs1). Plante Rare est aussi la sœur de Pilote d’Essai (Oasis Dream), gagnant de Stakes en Australie.

La troisième mère, Palmeraie (Lear Fan), a donné Policy Maker (Sadler’s Wells), gagnant du Grand Prix de Deauville, du Prix Foy et double lauréat du Grand Prix de Chantilly (Grs2). Palmeraie a aussi donné Pushkin (Caerleon), lauréat du Prix Maurice de Nieuil (Gr2). La quatrième mère, Pétroleuse (Habitat), a remporté les Princess Elizabeth Stakes (Gr3). Elle est surtout la mère du champion Peintre Célèbre (Nureyev), gagnant du Prix du Jockey Club, du Grand Prix de Paris et du Prix de l’Arc de Triomphe (Grs1). Elle a aussi donné Peinture Rare (Sadler’s Wells), gagnante du Prix de Pomone (Gr2). Pétroleuse était une sœur de la championne Pawneese (King George VI & Queen Elizabeth Stakes, Oaks et Prix de Diane, Grs1), laquelle est l’aïeule du champion stayer Stradivarius (Sea the Stars). Bien qu’entraînée par Angel Penna à Chantilly, Pawneese fut élue cheval de l’année 1976 outre-Manche.

 

 

 

Green Desert

 

 

Invincible Spirit

 

 

 

 

Rafha

 

Kingman

 

 

 

 

 

Zamindar

 

 

Zenda

 

 

 

 

Hope

PERSIAN KING ** (M4)

 

 

 

 

 

 

Danehill

 

 

Dylan Thomas

 

 

 

 

Lagrion

 

Pretty Please

 

 

 

 

 

Giant’s Causeway

 

 

Plante Rare

 

 

 

 

Palmeraie


LES CHRONOS

TEMPS PARTIELS

Du départ à 1.000m : 39’’37

De 1.000m à 600m : 23’’44

De 600m à 400m : 11’’76

De 400m à 200m : 10’’71

De 200m à l’arrivée : 11’’45

Temps total : 1’36’’73