À l’intérieur de l’Arc avec Pierre-Charles Boudot

Courses / 06.10.2020

À l’intérieur de l’Arc avec Pierre-Charles Boudot

Mercredi à 20 h 30, dans l’émission "La Grande Heure", Equidia diffusera un film-documentaire très attendu sur Pierre-Charles Boudot. Pierre-Emmanuel Goetz, le responsable éditorial, dévoile la genèse et les ambitions d’un produit sur lequel la chaîne des courses mise beaucoup.

Tout a commencé en sortie du confinement, comme nous l’a expliqué Pierre-Emmanuel Goetz : « Mi-mai, Arnaud de Courcelles [directeur du pôle média de l'Institution des courses, ndlr] a souhaité préparer un film documentaire de 52 minutes pour le Qatar Prix de l’Arc de Triomphe, afin de marquer le coup. Il fallait trouver le personnage qui correspondait à une histoire, un personnage qui nous emmènerait vers l’Arc et que nous pouvions suivre à partir de juillet. Notre choix s’est porté sur Pierre-Charles Boudot. "PC" a tout de suite adhéré au projet et nous a ouvert ses portes. Il a été extra, il a accepté de jouer le jeu des confidences, des interviews, des déplacements, et nous a permis de le suivre dans son quotidien. Sur les trois mois, nous l’avons filmé une vingtaine de journées. L’histoire correspond à son actualité et à sa préparation en vue de l’Arc, à travers une réalisation très immersive. Le but était de coller à Pierre-Charles et de montrer une belle image des courses. Tout le monde a joué le jeu, que ce soient les autres jockeys ou France Galop. »

Donner une autre image des courses. L’objectif était de faire un documentaire en essayant de s’ouvrir clairement au grand public, sans s’adresser uniquement aux initiés. Pierre-Emmanuel Goetz précise : « Les passionnés vont adorer. Moi, qui baigne dans ce milieu depuis toujours, j’ai découvert des choses que je n’avais jamais vues jusque-là. Mais l’enjeu, pour nous est avant tout faire découvrir au grand public le monde des courses et surtout l’univers des jockeys de haut niveau, montrer leur quotidien. Le grand public a tout de même une vision assez négative de notre milieu. Arnaud de Courcelles connaissait Fabien Duflos pour avoir travaillé avec lui à Canal Plus. Il appréciait sa patte et la manière de traiter ce genre de portraits. Il a derrière lui de nombreux documentaires. En faisant appel à lui, nous avions la garantie de pouvoir toucher ce grand public. Ce que vous verrez est dans la droite ligne de ce que Fabien Duflos avait pu faire dans le cadre de ses documentaires sur Intérieur Sport, avec donc ce côté très inside que nous voulions. Ce que nous avions fait jusqu’à présent dans "La Grande Heure" était trop technique pour intéresser le grand public. Le regard neuf sur les courses que porte Fabien Duflos couplé à mon expérience fait une bonne alchimie, je pense. En plus d’être diffusé sur notre antenne, il sera multi diffusé sur "RMC Découverte" à compter de dimanche. C’est un signal fort. Il va également être sous-titré en anglais pour être diffusé sur "Skysports" sous peu. Nous espérons aussi qu’il le sera dans d’autres pays, sur d’autres continents. »

Monter en gamme. Ce film-documentaire s’inscrit pleinement dans la volonté d’Equidia de diffuser des contenus de grande qualité. Une volonté clairement affichée depuis quelques mois par la chaîne. Pierre-Emmanuel Goetz nous confie : « Nous misons beaucoup sur ce documentaire. Nous verrons quel sera l’accueil que le public lui réservera, mais cela nous donne beaucoup d’idées pour les prochains mois. Les moyens mis en œuvre sur ce documentaire sont plus conséquents que ce qui avait été fait pour nos précédents reportages. D’un point de vue technique, les images sont assez exceptionnelles. En termes de réalisation, de captation d’images, nous serons vraiment au rendez-vous. L’idée est de continuer à produire ce type de formats, de montrer que nous sommes capables de le faire. Sur Equidia nous sommes convaincus qu’il ne faut pas parler uniquement courses, mais que nous devons montrer les coulisses, parler des hommes et des femmes qui composent ce milieu, raconter des histoires. Proposer aujourd’hui ce type de produits de grande qualité est tout à fait ce que nous recherchons.

Fabien Duflos : « J’ai rencontré beaucoup de sportifs de haut niveau, mais je n’avais jamais rien vu de tel »

Fabien Duflos, à la tête de la société Tangram Films, a réalisé plus d’une cinquantaine de documentaires sur les sportifs et le sport en général, des documentaires toujours très immersifs. Il a réalisé notamment de nombreux reportages de l’émission Intérieur Sport de Canal Plus.

Jour de Galop. – Parlez-nous de ce tournage : avez-vous été surpris par ce que vous avez découvert ?

Fabien Duflos. – Heureusement, nous ne l’avons pas filmé au quotidien car jamais nous n’aurions pu suivre son rythme (rires). Je ne connaissais rien aux courses, vraiment rien. Jamais je n’aurais imaginé que le métier de ce jockey était si intense, cela m’a beaucoup surpris. J’ai filmé énormément de sportifs, de Thierry Henry à des sportifs de l’extrême [notamment sur The Norseman, ndlr], mais je n’avais jamais vu ça. Lors de nos premiers échanges, je lui avais demandé combien de courses il montait par an, il m’avait répondu « plus 1.000 »… Je ne l’avais pas cru et lui avais demandé « bon sérieusement, c’est combien de courses par an ? ». Il ne mentait pas et encore, 1.000, c’était la fourchette basse… 

Nous avions fixé des échéances importantes avec lui au niveau des courses : le jour du Diane et du Jockey Club pour commencer, puis le Grand Prix de Vichy, le Prix Jacques Le Marois, les Arc Trials et enfin le week-end de l’Arc. Ensuite, nous voulions le filmer dans son quotidien, c’est-à-dire montrer en quoi consistait une journée "classique" pour lui.

Ce sur quoi nous avons travaillé avec Pierre-Emmanuel Goetz, qui était présent chaque jour de tournage, c’était le fait que non seulement les jockeys sont des sportifs à part entière, mais qu’ils sont aussi exceptionnels, notamment de par les contraintes auxquelles ils soumettent leur corps tous les jours. Il fallait que le public sorte un peu des préjugés.

Que retiendrez-vous de ces quelques mois ?

J’ai fait toute ma carrière dans le journalisme sportif, c’est un domaine qui me passionne et qui me procure beaucoup d’émotion. À chaque jour de tournage, j’étais surpris par ce que je voyais, découvrais, et par la passion incroyable qui se dégage de cet univers, une passion violente parfois. Non seulement Pierre-Charles est un sportif formidable, d’une espèce à part que je n’avais jamais rencontrée jusque-là, mais c’est aussi une personne incroyable. Il a l’aura d’un immense champion. C’est la première chose qui se dégage de lui, mais c’est un peu la marque des champions. Je lui répétais tout le temps : « tu nous habitues mal ». Je le disais pour moi et mon équipe, car il ne nous refusait jamais rien. Il nous disait oui à tout, et il était même force de proposition. Ce fut un bonheur de travailler avec lui. Si je ne devais retenir qu’une image de ces trois mois de tournage, ce serait le Prix Jacques Le Marois à Deauville. Il montait Persian King. Cela a été une grande déception [il terminait quatrième ce jour-là, ndlr]. Moi, je m’attends à retrouver dans le vestiaire un PC un peu dévasté. Mais en fait, quand je le retrouve, je vois quelqu’un qui est déjà focalisé sur la course suivante, et la suivante il l’a gagnée. Cette capacité qu’ont les grands jockeys à se remobiliser tout de suite, à ne jamais rester sur un échec, c’est une découverte pour moi. J’ajouterai aussi, et cela a pris toute sa valeur par la suite, c’est cette manière qu’il a eue de me parler de Persian King en me disant qu’il croyait en ce cheval.

Quel regard portez-sur les courses maintenant ?

Je suis complétement converti. J’aime bien être surpris, que l’on aille contre ce que je pense. C’est ce que je recherche dans mon travail. Découvrir de nouvelles choses et avoir le privilège de les raconter a été très agréable. Je suis un amoureux du sport de haut-niveau et les courses le sont puissance 10.000 ! Dans aucun autre sport, tous les jours, plusieurs fois par jour, vous devez vous y remettre. J’ai même suivi d’autres champions de sport à catégories de poids, soumis un peu aux mêmes contraintes que les jockeys. Sauf qu’eux ne font des efforts que pour une seule journée de compétition, contrairement aux jockeys.

Les courses, malheureusement, souffrent d’une mauvaise image, un peu dépassée, et cela ne correspond pas tout à la réalité que j’ai vue. C’est aussi ce que nous avons cherché à raconter.

J’ai beaucoup travaillé sur la Formule 1, et les courses hippiques m’ont beaucoup rappelé cet univers-là, c’est-à-dire beaucoup de glamour, mais à côté de cela, des sportifs de très, très haut niveau. Des professionnels qui ne laissent rien au hasard.

Comment s’est passée la dernière journée de tournage, dimanche ?

Nous avions vendredi soir entre 45 et 48 minutes achevées, et ensuite tout dépendait du déroulement de la journée de dimanche. Le gros du travail avait été fait. Dimanche, nous avons eu notre lot de rebondissements avec les O’Brien non-partants, cela a vraiment pimenté la journée. Lorsque nous avons mis un terme au tournage dimanche soir, à ParisLongchamp, nous étions émus tous les deux. Nous n’avions pas envie que cela se termine. Nous aurions pu continuer à tourner pendant encore un an, deux ans sans problème (rires).