Jdg Analyse : une faible édition de l’Arc, vraiment ?

Courses / 06.10.2020

Jdg Analyse : une faible édition de l’Arc, vraiment ?

Les ratings ont la vie dure. Mais doit-on leur faire confiance aveuglément, au détriment d’autres paramètres ? Bruno Barbereau nous a livré son analyse du Qatar Prix de l’Arc de Triomphe (Gr1).

« L’Arc s’est déroulé dimanche sur un terrain certes lourd, mais nettement moins profond que la veille, étant donné que l’on avait préservé un grand espace sur la corde. Malgré cela, en mesurant la vitesse du terrain, on s’aperçoit que l’impact du lourd est de 5,28 secondes sur le temps global des 2.400m. À titre de comparaison par rapport à un terrain standard, c’est comme si les chevaux étaient partis 26 longueurs derrière les boîtes, ou qu’on leur avait rajouté 35 livres de plomb !

Sottsass a gagné l’Arc en 2’39’’30. Au-delà de l’impact du terrain, la course s’est déroulée à un rythme très faible. En effet, le scénario de l’épreuve a été bouleversé suite aux forfaits des quatre pensionnaires d’Aidan O’Brien ; il est fort probable qu’en leur présence, nous aurions assisté à un scénario complètement différent. S’ils avaient été là, il y aurait eu du train.

Durant le parcours, il n’y a pas eu de rythme pour séparer les chevaux, et cela a eu un impact dans la ligne droite. Plusieurs chevaux avaient encore des réserves qu’ils n’auraient pas eues dans une course rythmée, et cela a créé quelques vagues. Dès la prise des positions à l’ouverture des stalles, la course était faite. Persian King ** (Kingman), dont la tenue était incertaine, n’a pas eu d’autre choix que de se placer en tête en menant à un rythme modéré, sans tirer. Sottsass s’est placé dans son sillage et s’est fait emmener, il a eu une course en or. Lui-même était suivi par In Swoop (Adlerflug), qui a réalisé les 200 derniers mètres les plus rapides de la course en 12’’07 ; Sottsass avait pourtant commencé à ralentir avant le poteau, car c’était déjà gagné. Comme on pouvait s’y attendre, Persian King a coincé à la fin. Étant donné l’état du terrain, l’accélération de Sottsass dans les 600 derniers mètres est consistante. Le temps brut nous donne l’impression que c’était une édition lente, mais il faut incorporer deux paramètres : le terrain lourd et l’absence de leader. C’était une bonne arrivée, avec des chevaux qui avaient déjà un palmarès ! »

Sealiway **, une performance hors du commun

Il faut aussi souligner la victoire de Sealiway ** (Galiway) dans le Qatar Prix Jean-Luc Lagardère (Gr1), le cheval ayant réalisé une performance hors du commun. Il a remporté la course en 1’23’’49, tandis que l’autre Gr1 du jour, sur 1.400m, le Qatar Prix de la Forêt, a été gagné (pour la troisième fois) par One Master (Fastnet Rock) en 1’24’’75. En se fiant à la base du temps brut, Sealiway aurait devancé One Master de six longueurs et quart ! La jument n’a probablement pas été étincelante dimanche : par rapport à ce qu’elle avait fait précédemment, elle paraît un peu sur le déclin. Le terrain était aussi un peu plus haché en fin de réunion. Mais Sealiway a fait un vrai truc, c’est sans nul doute un bon poulain. Il fera un 3ans très intéressant et sera à suivre de près l’année prochaine, notamment dans la Poule d’Essai des Poulains (Gr1). »