Le Canisy chez Arqana fait peau neuve grâce à Sébastien Debeaupte

Institution / Ventes / 18.10.2020

Le Canisy chez Arqana fait peau neuve grâce à Sébastien Debeaupte

Chez Arqana, Le Canisy (anciennement le Bar C) a rouvert ses portes dans un esprit très différent ! Celui qui est à l’origine de ce projet se nomme Sébastien Debeaupte. L’architecte, qui réalise ses premières œuvres dans le monde des courses, nous a confié les détails de la rénovation.

Jour de Galop. – Quelle était la demande d’Arqana par rapport à la rénovation de ce bar ?

Sébastien Debeaupte. – Le Bar C s’appelle désormais Le Canisy. La demande du client était de réaliser un endroit plus chaleureux pour permettre à la clientèle de s’installer plus longuement. Arqana souhaitait aussi que le nouveau bar soit moins bruyant avec un espace modulable.

Comment avez-vous procédé ?

La réponse architecturale était de retravailler l’espace et redonner une échelle cohérente au lieu. C’est en baissant le plafond que l’on ramène de la chaleur. Les lames de bois sont reproduites tous les trente centimètres. Ce principe de membrure crée un effet de plafond tout en gardant le volume complet. Quand vous vous situez dans l’axe des membrures, tout le volume reste apparent. Cela permet aussi d’améliorer l’acoustique. Ma façon de faire pour Arqana est de garder un fil rouge. Ici, c’est principalement le bois, qui est interprété de différentes manières, pour conserver l’esprit de la tribune de la salle des ventes et ce principe de tasseaux. C’est donc l’ensemble de la problématique du client – convivialité, chaleur et diminution du bruit – qui a amené ce design organique, cohérent avec le monde du cheval, parfaitement en accord avec la nature.

Comment s’organise ce nouvel espace ?

Nous avons bien déterminé la zone du bar, les banquettes et le salon. Le bar a été redessiné, comme tout l’ensemble de son équipement et les back offices. Désormais tout est beaucoup plus ergonomique pour le personnel. Nous avons créé des paravents qui permettent de déterminer un peu plus les espaces. Cela permet d’obtenir une certaine confidentialité, de ne pas découvrir le lieu en une seule fois et d’améliorer le confort en évitant les courants d’air. Lorsque nous sommes dans les salons, c’est comme dans une vitrine. Nous avons l’impression d’être installés dans les cours au plus près des chevaux. Quel que soit l’endroit où nous sommes dans le bar, il y a toujours des perspectives extérieures.

Quels en sont les détails architecturaux ?

Nous avons dessiné sur-mesure l’ensemble des tables et des banquettes de manière modulable et ces dernières font parties intégrantes du mur. C’est donc le mur qui se transforme et qui devient une banquette. Les sols reprennent la taille et la couleur des briques rouges, largement utilisées dans le pays d’Auge. C’est également la couleur des cours. Cela permet de garder une continuité entre l’intérieur et l’extérieur.

En combien de temps ce projet a-t-il abouti ?

Au départ, le chantier devait durer trois mois mais nous avons dû rajouter un mois à cause du confinement. Six mois d’études ont été nécessaires entre la demande du client et le début du chantier. Nous avons démarré en septembre 2019 et cela a abouti fin août. Le bar aurait dû ouvrir pour la vente de yearlings d’août si elle n’avait pas été décalée à cause du virus.

Aviez-vous déjà réalisé des projets pour Arqana ?

Pour Arqana à Deauville, j’avais déjà rénové les bureaux en 2016, mais également le shop et l’accueil de l’établissement Élie de Brignac.

Avez-vous déjà œuvré pour d’autres structures des courses ? Sur quoi travaillez-vous en ce moment ?

J’ai effectué quelques esquisses pour France Galop et j’ai réalisé quelques projets pour des haras de la région, dont la rénovation d’un manoir. Plusieurs projets sont actuellement à l’étude comme une villa classée remarquable à Deauville ou encore un manoir à colombages au cœur pays d’Auge.

Depuis combien de temps pratiquez-vous le métier d’architecte ?

Je suis architecte depuis 2001 et je suis installé depuis 2016 à Trouville-sur-Mer. Mon agence s’appelle Astyle. Avant de créer l’agence j’ai œuvré quatorze années en tant que directeur de projet sur de grands projets parisiens comme certains sièges sociaux, des showrooms automobiles ou encore le Printemps Haussmann, dans le domaine tertiaire et commercial.

Quelles sont vos inspirations ?

J’essaye vraiment de travailler la matière naturelle : le bois, la pierre, pour me rapprocher le plus possible de ce qui pourrait être environnemental. Je le fais aussi pour les isolants. Ce qui m’inspire vraiment c’est de composer une architecture en fonction de la problématique du client. Chaque projet est différent et plus il y a de contraintes, plus l’architecture est spécifique. C’était exactement le cas pour Le Canisy.