Sageburg, le premier étalon du haras de Toury

Élevage / 08.10.2020

Sageburg, le premier étalon du haras de Toury

Sageburg, le premier étalon du haras de Toury

Après plus de deux ans de travaux, Bertrand de Soultrait, Hermine Delourme et leur équipe ont réussi à transformer une ferme bovine nivernaise en haras. Dès 2021, la structure va accueillir deux étalons.

Dans le Centre, le label de Soultrait est bien connu, notamment avec Monoalco (Dom Alco), lauréat de trois Groupes dont le Grand Prix d’Automne (Gr1). La tradition ne s’est cependant pas perdue et Bertrand de Soultrait entend bien rajouter un chapitre supplémentaire à la longue histoire de cette famille d’éleveurs. L’homme du haras de Toury nous a expliqué : « Je fête mes 36 ans ce jeudi ! À l’âge de 17 ans, je suis parti aux États-Unis en tant que cavalier de concours hippique. De fil en aiguille, je me suis redirigé vers l’immobilier. Et finalement, je suis rentré en France il y a trois ans seulement ! La revente de mon entreprise new-yorkaise m’a permis d’avoir des fonds, pour investir un peu à Paris, mais aussi pour racheter une ferme bovine. Cet achat correspond à un projet qui me tient à cœur depuis très longtemps : créer un haras, monter un élevage de chevaux de course. Après avoir trouvé des terres libres à côté de celles de la famille, nous nous sommes mis au travail. Tout était à faire ici et nous avons beaucoup travaillé depuis deux ans et demi. »

Premiers partants en 2021. Bertrand de Soultrait poursuit : « Nous avons d’ores et déjà une petite vingtaine de poulinières. Je souhaite remercier Nicolas et Pascaline de Lageneste. Ils nous ont beaucoup aidés, en particulier en ce qui concerne la jumenterie. Je suis aussi très proche de Jean-Pierre Dubois, lequel m’a beaucoup soutenu dans l’idée de me lancer dans l’étalonnage. Ce sont des personnes expérimentées, de très bon conseil. Leur confiance me booste. Cette année, nous avions dix poulains et neuf ont été vendus. Nous aurons nos premiers partants en 2021, ils sont issus d’une génération comptant neuf éléments. Dans les courses et l’élevage en France, une nouvelle génération de trentenaires et de quadragénaires lance des projets ambitieux. Nous voulons nous inscrire dans cette mouvance, dans cette ambition qualitative. »

Pourquoi Sageburg. En attendant l’arrivée d’un deuxième sire, Bertrand de Soultrait travaille déjà à la promotion de Sageburg (Johannesburg). Il nous a notamment expliqué : « Avant d’être étalonnier, je suis un jeune éleveur. Et à ce titre, je me pose les mêmes questions que la majorité de ceux qui ne font pas partie des grandes maisons très installées commercialement : quel étalon utiliser ? Comment être certain de vendre ? Comment obtenir une saillie d’un sire qui fait ses preuves ? Notre région a déjà une offre importante de reproducteurs, mais beaucoup sont en devenir. Peu sont confirmés donc. Et ceux qui le sont se révèlent souvent complets de bonne heure.

Avec la crise qui s’annonce, les éleveurs dont je fais partie ont tout intérêt à faire confiance aux valeurs sûres, aux étalons confirmés. C’est important, pour être certains d’attirer des acheteurs, notamment anglo-irlandais. Sageburg a beaucoup sailli en Irlande et son premier partant en point-to-point conçu là-bas vient de gagner aisément. Sa cote outre-Manche devrait donc aller crescendo, avec les gagnants à venir.

Avec Sageburg, nous proposons aux éleveurs du Centre un étalon ultra-confirmé, capable de produire des chevaux de Groupe en plat comme sur les obstacles. Il peut très bien croiser avec des juments charpentées, pour réintroduire de la classe de plat sur des familles d’obstacles, tout en permettant de tirer son épingle du jeu dans le programme AQPS en plat [comme Ekayburg, gagnant du Prix du Bourbonnais, Gr2 AQPS, ndlr]. Sageburg démontre tous les jours ses qualités de reproducteurs. Ses produits ont gagné plus de 8 millions d’euros. Il officiera à 3.800 €. Le deuxième étalon qui va rejoindre Sageburg sous peu est dans le même profil : une valeur sûre. Notre autre ambition, c’est d’offrir un service très compétitif à notre clientèle. Un accueil soigné notamment. »

Sageburg en plat... Après la mort de Scat Daddy (Johannesburg), Sageburg est désormais le dernier lauréat de Gr1 par Johannesburg (Hennessy) à faire la monte. Issu de l’élevage Lagardère, il provient d’une souche remarquablement vivace, comme en témoignent les performances de Japan (Grand Prix de Paris & Juddmonte International Stakes, Grs1) ou celles de Mogul (Grand Prix de Paris, Gr1). Avec un tel papier, il n’est pas étonnant que Sageburg produise des chevaux de valeur en plat. Au total, Sageburg a produit près de dix-huit black types dans cette discipline, dont Peace Burg (Prix de Sandringham, Gr2, troisième des Falmouth Stakes, Gr1), Si Sage (Charles Wittingham Stakes, Gr2), la précoce Spain Burg (Rockfel Stakes, Gr2) ou encore Zafiro (Grand Prix des Provinces, Gr3). Il est aussi le père de mère de Go Athletico ** (Prix la Rochette, Gr3).

et sur les obstacles. Jean-Pierre Dubois n’hésite pas à essayer ses chevaux sur les obstacles. Et la descendance de Sageburg a obtenu une certaine réussite dans l’exercice, car douze d’entre eux ont décroché du caractère gras. Dans l’Hexagone, c’est notamment le cas d’Ange d’Amour (Prix Marc Antony & Général Donnio, Listed), Pyromane (Prix Fifrelet, Listed), Evidence Madrik (deuxième du Prix Ferdinand Dufaure, Gr1), Magie du Ma (deuxième du Prix Sagan, Gr3)… Sageburg est par ailleurs le père de mère de Feu Follet (Prix Alain du Breil, Gr1).

Outre-Manche, il peut compter sur Ch'tibello (Scottish Champion Hurdle, Gr2, troisième de l’Aintree Hurdle et du Christmas Hurdle, Grs1) et Rouge Vif (Kelso Hurdle & Agetur Uk Kingmaker Novices' Chase, Grs2, troisième du Top Novices' Hurdle, Gr1).