<span class="highlightSearchResult">Carlos</span> de <span class="highlightSearchResult">Souza</span> : « L’objectif est rempli »

Courses / 16.11.2020

Carlos de Souza : « L’objectif est rempli »

Par Emmanuel Rivron

Battue dans le Prix Renaud du Vivier 2014 (Gr1) avec Roll on Has (Policy Maker), la casaque d'Hamel Stud a pris une éclatante revanche dimanche en remportant l'édition 2020 avec Moises Has (Martaline). L'élevage normando-portugais ne s'est pas contenté de ce succès de prestige puisqu'il a également fait sien le Prix Sytaj (Gr2), avec Irja Has (Dream Well).

S'il n'était pas physiquement présent à Auteuil ce dimanche, Carlos de Souza, à la tête de la Scea Hamel Stud, a vibré devant son téléviseur pour assister au deuxième succès de Gr1 de ses couleurs. Et pourtant, il s'en est fallu de peu pour que tout s'arrête au saut de la dernière haie que Moises Has a considérablement accrochée, évitant la chute de très peu : « C'est l'une des pires choses qu'il me soit arrivée, avoue-t-il. Tout le monde me parle de ça. Il est effectivement très dur de repartir après une telle faute sur un tel terrain. Moises a donc montré quelque chose qu'on ne connaissait pas encore de lui. C'est plutôt un bon point pour la suite. »

La nouvelle vie de Moises Has. Et ce n'est pas de carrière sportive qu'il est question pour le gris qui va prendre la direction du haras ces prochains mois : « Cette victoire dans un Gr1 concrétise un projet de longue date, à savoir en faire un étalon. Moises Has le sera normalement l'année prochaine et ne va donc plus recourir. En l'état où en sont les choses désormais, c'est le moment de changer de vie pour lui. Cela contribue à l'équilibre financier de la société. Sa victoire est toute fraîche et je ne sais pas encore dans quel haras il fera la monte. Quant au prix, je le connais mais je ne vais pas le dire tout de suite (rires) ! Ce sera mon premier étalon élevé au haras. Je ne dirais pas que c'est une fierté mais un objectif rempli. »

Les étalons d'obstacle à la mode. Moises Has va donc suivre le chemin d'autres compétiteurs ayant terminé leur carrière sur une victoire de Gr1, à l'instar de Nirvana du Berlais (Maraline) ou de Beaumec de Houelle (Martaline), comme le justifie Carlos de Souza : « On peut dire que c'est une mode qui répond aux besoins économiques des sociétés. Moises Has fait partie d'un nouveau modèle d'étalon d'obstacle qui est capable de sauter, de courir dans des terrains difficiles et de finir ses courses. Cette aptitude à terminer les courses est nouvelle mais nécessaire. Et la capacité de repartir qu'a montrée Moises dimanche après sa faute est une caractéristique très importante pour un étalon. Il est intéressant d'observer la façon de sauter qu'avait un ancien champion, comme Al Capone. Aujourd'hui, à mon avis, il ne gagnerait pas un Grand Steeple avec le temps qu'il prenait pour sauter un obstacle. Ces nouveaux étalons actuels répondent aux développements, aux progrès de la discipline. Même s'il est resté entier, Moises Has n'a jamais posé de problèmes. Il est très bien dans sa tête et ça ne l'a jamais empêché de faire quoi ce soit. Ce n'est pas le cas de tous les chevaux qui restent entiers. La plupart du temps, le caractère des chevaux provient du tempérament de ceux qui s'en occupent à l'élevage. »

Du Portugal à la Normandie. Si Carlos de Souza avait débuté son élevage au Portugal dans un tout premier temps, c'est en Normandie qu'il a jeté son dévolu en 2006 pour y installer son haras où les époux Dubief s'occupent actuellement d'une vingtaine de poulinières dont une certaine Monika (Linamix), génitrice de Moises Has : « Je l'avais croisée à Martaline car Monika était une jument costaude et qui aimait le terrain souple, même lourd. Martaline lui donnait donc un peu de vitesse et aussi son goût pour les terrains assouplis. Moises Has a pris les bons côtés du père. » Il sera également question de cette Monika mardi après-midi, aux ventes de Deauville, puisque la Scea Hamel Stud présentera le frère cadet de Moises Has, Mourinho Has (Saint des Saint), le lot 557 : « Ca tombe plutôt très bien puisque Moises vient de gagner ! Généralement, je vends des chevaux à l'entraînement qui dégagent une trésorerie intéressante. Certains vendent des yearlings, d'autres des chevaux à l'entraînement. De temps en temps et surtout quand il faut, on en sort un parmi les plus jeunes, comme ce sera le cas ce mardi. Quant à ma politique d'achat, je n'ai jamais acquis de mâles. J'achète des femelles avec des papiers intéressants et des modèles qui vont avec. Après, je fais les croisements que je suis capable de faire. »

Et pourtant, ce passionné de chevaux avait été à deux doigts de commencer son aventure par l'acquisition d'un pur-sang arabe dans les années 90 : « Finalement, j'en étais reparti avec six femelles pur-sang et c'est comme cela que tout avait commencé ! Dans ma jeunesse, j'ai toujours aimé les chevaux de travail que je montais l'après-midi. J'ai commencé par des Lusitaniens au Portugal, mais j'ai compris que ça ne marchait pas, raison pour laquelle j'étais passé aux pur-sang arabes. De toute façon, on ne peut pas être propriétaire de chevaux si on ne les aime pas. Il faut la partie ludique avec le concept entrepreneurial. Une société reste une société. Il faut qu'elle s'équilibre ou qu'elle génère des profits. »

Le rebond après des années creuses. L'homme sait de quoi il parle puisqu'il a eu de nombreuses sociétés au cours de son parcours d'entrepreneur. Cela n'est pas pour autant le vaccin anti-années creuses, comme ce fut le cas entre 2016 et 2018 : « Cette période faisait suite à notre séparation avec monsieur Gallorini, entraîneur extraordinaire. Quand on s'est séparés, on a perdu chacun de notre côté mais tout va mieux désormais. En revanche, nous n'avons pas changé notre façon de faire avec nos chevaux qui partent toujours au préentraînement chez Christophe Dubourg. C'est l‘une des choses les plus importantes du développement de l'écurie et j'espère qu'il va continuer longtemps à faire ce préentraînement. »

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