EN RÉGION : Philippe Bouchara : « Il y aura un avant et un après Covid »

Courses / 12.11.2020

EN RÉGION : Philippe Bouchara : « Il y aura un avant et un après Covid »

Cette saison 2019, marquée par le Covid-19,  aura été riche d’enseignements. C’est la conviction de Philippe Bouchara, président de la Société de courses de Vichy, mais aussi président de la Commission nationale des régions et vice-président de la Fédération nationale.

Philippe Bouchara revient sur cette année achevée le 18 septembre : « Nous n’avons perdu qu’une réunion à cause du Covid, la première de l’année, celle qui aurait dû se courir le 2 mai. Mais nous en avons récupéré deux, l’une qui aurait dû avoir lieu à Fontainebleau et l’autre à Chantilly. Nous avons couru à huis-clos évidemment, mais moins au galop qu’au trot. Tout le Festival du trot s’est déroulé à huis-clos alors que celui du Galop s’est déroulé en présence du public et, comme partout, avec de sérieuses contraintes sanitaires. Lors de notre plus belle réunion, la nocturne du Grand Prix de Vichy (Gr3), le 22 juillet, 3.500 personnes étaient présentes, contre 6.000 l’an passé. Les gens vont revenir petit à petit, mais cela prendra du temps. Il y a des choses que l’on a découvertes pendant le Covid et que nous pourrions continuer à mettre en place pour l’après. C’est sûr, il y aura un avant et un après Covid. Cette année nous aura au moins servi à réfléchir à de nouvelles ambitions et à la manière dont nous pouvons répondre le mieux possible aux besoins du public. »

Des réflexions à mener. Philippe Bouchara poursuit : « Lorsque vous courez à huis-clos, vos frais d’organisation ne sont plus les mêmes. Vous n’avez pas de guichets, pas de frais d’organisation de jeux. Vous ne faites plus non plus d’affichage, vous avez moins de personnel… Tout cela mis bout à bout équilibre les pertes engendrées par les huis-clos. Cela pose vraiment la question du coût d’organisation d’une réunion. Lorsqu’en semaine vous avez entre 100 et 150 spectateurs sur l’hippodrome, cela revient très cher. Il y a donc une réflexion à mener et des arbitrages seront certainement à faire dans les prochains mois. La restauration, par exemple, a évolué. À Vichy, il y a un snack, une brasserie et un restaurant panoramique. Pourquoi avoir une brasserie en bas et un restaurant en haut ? Pourquoi ne pas garder seulement le restaurant panoramique, et y pratiquer des tarifs plus abordables ? Il faudra mieux s’adapter à la demande, je pense. »

Les investissements pour 2021.  En raison du huis-clos, les frais d’organisation ont donc fortement diminué et plusieurs investissements que la Société comptait faire, comme celui de disposer d’un nouveau grand écran, ont, quant à eux, été reportés. Certains en rapport avec la communication ont été purement et simplement annulés. Pour l’année à venir, Philippe Bouchara nous confie : « Le grand écran fait partie des priorités. Il a dix ans désormais et il est temps de le changer. L’année dernière, nous avons refait la moitié de la piste de galop. Pour l’année prochaine, nous ferons l’autre moitié. La piste de trot fonctionne très bien et nous n’avons pas de travaux à mener dessus. Nous investirons également dans la communication, et ce de manière un peu différente que ce que nous avons fait jusqu’à maintenant. Je n’ai pas de crainte par rapport au retour du public. À Vichy, nous avons un public fidèle. »

Sealiway**, Paix… : le sportif, la vraie satisfaction. Si Philippe Bouchara reste confiant quand au retour du public lorsque l’épidémie sera derrière nous, c’est aussi parce que le niveau des courses à Vichy s’est sensiblement amélioré ces dernières années. Philippe Bouchara nous livre son sentiment : « Je suis d’autant plus que content que cela fait taire quelques critiques. J’entends souvent que Vichy est un mouroir, que c’est très compliqué d’y courir, soit il fait trop chaud, soit il pleut beaucoup… Je tiens juste à rappeler que les chevaux qui préparent Deauville à Vichy répètent à Deauville. Comme depuis trois ans, les gagnants et placés de nos épreuves black types confirment ensuite. » Parmi eux bien sûr, on trouve Sealiway** (Galiway) qui a remporté le Prix des Jouvenceaux et des Jouvencelles (L) à Vichy, puis s’est classé deuxième du Prix La Rochette (Gr3) avant de gagner le Lagardère (Gr1). Sa dauphine, Stormy Pouss (Stormy River), a remporté le Delahante (L) de Marseille début novembre. Chez les 3ans, la ligne du Prix Fréderic de Lagrange (L) a répété. La gagnante, Paix (Muhaarar), a pris ensuite la troisième place du Minerve avant de remporter le Lutèce (Gr3). Enfin, Mykiss (Makfi) et Control Tower (Youmzain), les deuxième et troisième de cette même édition, ont remporté leur Listed après. Philippe Bouchara ajoute : « Cette ligne du Lagrange est bonne depuis très longtemps et, potentiellement, la course est proche du niveau Groupe, comme le Jacques de Brémond (L), remporté par Skalleti (Kendargent) l’an dernier. De manière générale, je constate effectivement que le niveau est plus élevé qu’auparavant à Vichy. Pour beaucoup de professionnels, Vichy est l’un des hippodromes en région qui se rapproche le plus des hippodromes parisiens et de Deauville ; c’est l’un des plus performants. Au niveau du nombre de partants, nous sommes mieux qu’en 2019, avec 11 chevaux par course. C’est très satisfaisant. les professionnels de toute la France ont bien joué le jeu, avec une mention particulière à ceux du Centre-Est, de l’Île-de-France, et du Sud-Est. Nous les remercions de leur fidélité et leur donnons rendez-vous l’année prochaine ! »