L’optimisation de l’organisation du travail au centre du débat

Courses / 12.11.2020

L’optimisation de l’organisation du travail au centre du débat

Devant les difficultés économiques rencontrées par les écuries de courses et la pénurie de main d’œuvre, La chambre d’agriculture de l’Oise et l'Ifce (Institut du cheval et de l’équitation) ont souhaité mener une étude sur l’optimisation du travail et de la prévention des risques professionnels pour améliorer l’attractivité et la rentabilité des écuries de courses. Plusieurs partenaires se sont associés à cette étude, à savoir François-Xavier de Chevigny, l'Association des entraîneurs de galop, Frédéric Danloux, de l’Association des entraîneurs propriétaires, Jérémy Koubiche, du Syndicat des entraîneurs, drivers et jockeys de trot, ainsi que Laurent Caron, de l’Aract (Association régionale pour l’amélioration des conditions de travail pour les Hauts-de-France), et Hervé Nicaise, pour la MSA. Seize entraîneurs de galop et six au trot ont été interrogés à l’occasion de cette étude, dont la restitution très complète, consultable sur ifce.fr (section Hauts-de-France) a eu lieu le 23 septembre dernier. Concernant le galop, la synthèse de l’étude s’est articulée autour de trois axes, la gestion du cheval et de l’écurie, l’administratif et la santé sécurité au travail.

Gestion du cheval et de l’écurie. Il en ressort que l’alimentation est considérée comme la tâche la plus citée comme pénible, sont cités la manutention des balles, le stockage des granulés, avec des pistes de solutions pour le moins concrètes comme l’utilisation de silos à concentrés ou de distributeurs automatiques de concentrés. La mutualisation du matériel de manutention pour permettre de mécaniser le déplacement des balles est également une solution avancée.

Gestion administrative pesante. Concernant la gestion de la structure, l’administration est considérée comme pesante pour 82 % des entraîneurs de galop interrogés qui rencontrent des difficultés à recruter des cavaliers d’entraînement avec un manque d’attractivité, un fort turn-over, le travail de cour démotivant les cavaliers d’entraînement. Il est préconisé de faciliter l’embauche de salarié administratif pour se libérer du temps via la création d’emploi partagé, un groupement d’employeurs ou l’emploi de travailleurs handicapés en reconversion (CAP Emploi). Miser sur la convivialité de l’écurie et impliquer les salariés dans les choix de l’écurie, concernant l’organisation, le matériel sont également des solutions avancées, tout comme l’est la promotion du métier (organisation de rencontres avec les centres équestres…)

La santé/sécurité au travail. Il a été constaté que les entraîneurs ont des difficultés à se libérer et connaissent peu le rôle préventeur de la MSA ainsi que les aides à la prévention existantes. Le document unique d’évaluation des risques professionnels (Duerp) reste peu utilisé car peu compris. Si le nombre d’accidents a fortement diminué ces dernières années, grâce aux casques, aux lampes, au tunnel sous la route, il représente encore 82 % des accidents de la MSA Picardie. La manutention manuelle de charge lourde est la première cause de maladie professionnelle. Pour améliorer ce volet, il est notamment préconisé le développement du volet équin au sein du "service de remplacement agricole" pour se libérer du temps. S’échauffer au début de la prise de poste et développer ses connaissances du cheval permettraient quant à eux de réduire le risque d’accidents et de maladies professionnelles.

Plusieurs pistes déjà évoquées. Lors de cette restitution, deux consensus ont été dégagés entre organisateurs et intervenants. Il est tout d’abord nécessaire d’accroître le bien-être humain et équin au sein des écuries de courses dans le but d’améliorer l’attractivité du secteur qui est le moteur économique de la Communauté de communes. De plus, il existe aussi la nécessité d’accroître les échanges entre les différents acteurs dans le but de trouver des solutions et des actions d’améliorations qui correspondent aux besoins des entraîneurs et de leurs salariés. Des pistes de solutions concrètes ont été évoquées comme une possibilité de plan d’aide aux investissements, une meilleure adaptation de la formation des apprentis mais aussi l’ouverture d’une crèche adaptée aux horaires des écuries de courses…

Pour consulter la présentation de l’étude, cliquer ici.

La vidéo de la réunion de restitution du 23 septembre 2020

1re partie : https://youtu.be/rKL5duo5768

2e partie : https://youtu.be/D0BIV_RhsZw