LA SEMAINE AMÉRICAINE  : racin’ USA

International / 05.11.2020

LA SEMAINE AMÉRICAINE : racin’ USA

Nous avons lancé un défi à Arthur Hoyeau, courtier à cheval entre les États-Unis et l’Europe : « Nous sommes Français, dîtes-nous pourquoi nous devrions aimer les courses américaines ? » Elles n’ont pas toujours bonne presse… Mais il y a tant de raisons de s’y intéresser. Les Beach Boys chantaient Surfin’ USA… Il est temps de chanter Racin’ USA !

Par Anne-Louise Échevin

Arthur Hoyeau est au bord de la piste de Keeneland lorsque nous l’avons au téléphone. On l’imagine avec doudoune et bonnet car, si l’été indien est présent au Kentucky, les matinées restent très fraîches. Pour lui, il est environ 9 h 30 du matin et, en ce jeudi 5 novembre, nous ne savons toujours pas qui est le président des États-Unis. « Les Ballydoyle arrivent ! », nous dit-il. C’est la première sortie des pensionnaires d’Aidan O’Brien sur la piste de Keeneland… Et ce moment est l’une des raisons d’aimer les courses aux États-Unis : niveau mise en scène, on fait rarement mieux que les Américains. Il n’y a qu’à se demander pourquoi le cinéma américain domine le monde : oui, c’est parfois too much, mais c’est toujours accessible et, surtout, diablement efficace à tous les niveaux.

Arthur Hoyeau nous explique : « Évidemment, la semaine de la Breeders’ Cup est spéciale, avec cette concentration de grandes courses sur deux jours. Il y a tout un cheminement qui amène vers l’événement, une mise en scène qui fait monter la tension. Tous les chevaux doivent se présenter sur la piste, les entraînements sont filmés et diffusés à la télévision, il y a des interviews des entourages des partants. Je pense que c’est quelque chose de très important. Cela n’arrive pas qu’à la Breeders’ Cup : on le voit aussi lors de la semaine du Kentucky Derby. Dans les meetings prestigieux, quand on a la chance d’avoir un cheval participant aux grandes courses, il y a une vraie mise en valeur qui est faite. Pour les propriétaires, c’est positif. Les meetings prestigieux sont toujours très suivis et ils ont un public fidèle et loyal. À Keeneland, logiquement, on respire le cheval… Mais si l’on prend par exemple Saratoga, qui se déroule tout de même sur sept semaines, il y a du monde tous les jours. Tous ces meetings fonctionnent très bien et savent, pour les belles épreuves, mettre tous les chevaux et leurs entourages en valeur. »

Quand les gros s’associent. Le phénomène existe en Europe, avec Coolmore par exemple, mais est encore plus développé aux États-Unis : les super-puissances, plutôt que de s’affronter, s’associent désormais sur les chevaux, et les partenariats se créent sur des profils haut de gamme. Arthur Hoyeau nous explique : « On voit se développer de plus en plus des syndicats ou des partenariats tournés vers le haut de gamme. Les "gros" s’associent, privilégiant la qualité à la quantité. Plus qu’en Europe, les bons chevaux sont à vendre et achetables tôt dans leur carrière. Cela permet à tous d’accéder au haut niveau. Je ne pense pas que le fait que les grands propriétaires s’associent soit dommageable : je vois le verre à moitié plein plus qu’à moitié vide. Peut-être que les enchères, aux ventes, montent moins sur certains lots mais le budget mis en jeu est finalement plus important, donc susceptible de monter plus sur les lots, et se répartit sur davantage de chevaux sur lesquels ils peuvent aller plus loin. »

La Breeders’ Cup se poursuit sur le ring. On parle des propriétaires… Mais dans Breeders’ Cup, il y a éleveurs et les deux jours de courses sont indissociables des ventes qui suivent : les courses lancent la saison des ventes d’élevage. Dimanche 8 novembre, dans la foulée du meeting, Fasig-Tipton a sa vente de novembre où vous pourrez acheter des juments de très haut niveau vues en piste juste avant : Got Stormy (Get Stormy), Midnight Bisou (Midnight Lute), Monomoy Girl (Tapizar), Rushing Fall (More than Ready) ou encore Uni (More than Ready)… Arthur Hoyeau, qui passera du bord de piste au bord du ring, nous dit : « Les ventes sont liées à la Breeders’ Cup et c’est un vrai show ! C’est un tout, qui fonctionne très bien ensemble. La mise en scène est parfaite et la présence des ventes renforce encore plus l’aspect international de la Breeders’ Cup : tout le monde s’y donne rendez-vous. Nous verrons comment le marché se comporte en cette année de Covid : on a vu une baisse en septembre mais les ventes en octobre se sont bien tenues. En tout cas, c’est un moment incontournable, un show total ! » À partir du lundi 9 novembre et jusqu’au 18, c’est Keeneland qui prend le relais avec sa grande vente d’élevage. La Breeders’ Cup, c’est pour les socio-professionnels des courses un marathon qui commence le lundi précédant les courses et se termine aux ventes.