Ludovic Gadbin, les promesses de l’automne

Courses / 23.11.2020

Ludovic Gadbin, les promesses de l’automne

Par Emmanuel Rivron

Matinée des plus habituelles ce lundi sur l’hippodrome de Beaumont, dans la petite commune de Nort-sur-Erdre (44), située à quelques kilomètres de Nantes, lorsque les différents chevaux du centre d’entraînement sortent en piste. Et pourtant, le réveil est peut-être un peu plus joyeux que d’habitude au niveau des quatre barns flambant neufs situés à la hauteur du tournant de cet hippodrome pluridisciplinaire, établissement dans lesquels sont préparés les 80 chevaux de Ludovic Gadbin.

L’un de ses pensionnaires, Born the Same Day (Stormy River), s’est distingué dimanche, en demeurant invaincu à l’occasion d’un voyage en terres bordelaises, à la plus grande satisfaction de son jeune entraîneur : « Il m’a fait forte impression dimanche en répétant ses débuts. Il y avait un petit point d’interrogation sur le fait qu’on le rallongeait et qu’il évoluait sur un terrain un peu moins lourd que ses débuts. La distance n’est pas un problème pour lui, pas plus que le terrain. Quand il avait débuté, il avait beaucoup changé de jambe et avait une action bien plus fluide au moment d’accélérer dimanche. Il a gagné son billet pour les engagements classiques 2021 pour aller sur le Jockey Club. Ça fait vraiment plaisir pour son propriétaire Bernd Raber qu'il tombe sur un tel poulain. »

Un clin d’œil bienvenu. En piste au quotidien, son épouse, Victoria, peut également savourer ce succès, plus encore que la trentaine de personnes officiant dans cette écurie en plein développement depuis ses débuts en 2017. C’est elle qui est à l’origine du nom du poulain : « Le poulain est né exactement le même jour que notre deuxième enfant, Charles, c’est-à-dire le 22 mars 2018. Au bout de cinq semaines, le pronostic vital de Charles avait été engagé aux urgences à Nantes. À force de caractère, il était passé par-dessus cela mais il y avait eu quelques jours très inquiétants pour nous à l’époque, d’où ce petit clin d’œil. Ludovic avait repéré le poulain dans les prés du haras des Sablonnets avec lequel nous collaborons avec réussite. Il lui avait tapé dans l’œil, de par son physique assez important, sa très bonne locomotion, sa tête vraiment expressive et le fait que sa mère, Miss Annie, est une fille de Dubawi (Dubai Millenium). »

Un centre d’entraînement idéal. Fait du hasard, Born the Same Day est un fils de Stormy River (Verglas) dont la mère, Miss Bio (River Mist), avait été un temps chez Loïc Edon, permis d’entraîner. Ce responsable d’un centre équestre dans le segréen avait formé Ludovic Gadbin, avant de le conseiller à Henri-Alex Pantall. Bras droit du maître de Beaupréau (49) pendant une bonne dizaine d’années après avoir effectué des séjours en Irlande, en Grande-Bretagne et surtout en Australie, Ludovic Gadbin s’est installé à son compte en 2017. Celui qui avait projeté d’être entraîneur de chevaux de course dès ses 10 ans a choisi Nort-sur-Erdre comme base de travail : « Nort a fait ses preuves par le passé avec de grosses structures. Il y a de quoi y travailler avec une piste de 1.600m en dénivelé, aussi bien à main droite qu’à main gauche. Au niveau de l’effectif total, c’est un petit centre d’entraînement et c’est un gros avantage. On est au calme sur des pistes parfaitement entretenues. »

Une jeune génération prometteuse. Malgré un retour de confinement assez compliqué, l’écurie réalise une belle saison, grâce notamment aux prometteurs Born the Same Day et Cash Equity (Toronado) : « Pour une jeune structure, il est important d’essayer de rentrer des yearlings dans l’idée de tomber sur le bon cheval qui peut nous faire rêver. Typiquement, ces deux poulains peuvent cocher toutes les cases. C’est le premier hiver où on a deux poulains qui ont peut-être le potentiel classique. » Leur aînée, Best Win (Red Dubawi), peut également faire rêver la jeune écurie et un propriétaire novice, le basketteur et désormais président-actionnaire majoritaire de l’Asvel, Tony Parker : « Dans cette profession, on peut faire des rencontres incroyables : c’est le côté assez extraordinaire de notre métier. Les connexions se sont faites grâce à Valentin Bérouard, du haras des Sablonnets, et Valéry Demory, entraîneur des féminines de l’Asvel, qui a également préparé des chevaux de course. Je n’ai pas encore eu le plaisir de croiser physiquement Tony Parker, du fait de nos obligations professionnelles respectives et du contexte sanitaire. Il est aussi associé sur une AQPS, la seule de mon effectif. Il veut d’abord prendre ses repères et se rendre compte de la vie d’une écurie. Sa pouliche, Best Win, va aller se reposer tranquillement au haras et reviendra au printemps dans l’objectif d’en faire une bonne jument sur la distance à 4ans. Elle avait débuté tard dans la saison puis s’est endurcie tranquillement. » Pendant ce repos hivernal, une quarantaine de yearlings vont quant à eux poursuivre leur préparation le long du canal reliant Nantes à Brest, en espérant des destinées parisiennes.