Richard Chatel met un terme à sa carrière d’entraîneur

Courses / 10.11.2020

Richard Chatel met un terme à sa carrière d’entraîneur

Âgé de 44 ans, Richard Chatel a décidé de baisser le rideau puisqu’il ne reprendra pas sa licence d’entraîneur l’année prochaine. Cet ex-jockey qui a également été débourreur et préentraîneur nous explique les raisons de son choix.   

Par Emmanuel Rivron

Jour de Galop. – Vous avez récemment fait le choix d’arrêter votre activité d’entraîneur. Pourquoi avoir pris cette décision ?

Richard Chatel. – Je n’avais pas assez de renouvellement de chevaux dans l’ensemble et la mort de Highway to Hell (No Risk at All) a été le catalyseur de cette prise de décision, sans en être le déclencheur pour autant. J’avais pris ma licence pour lui et pour réaliser un rêve avec ma femme, Rachel. Sentimentalement, cette perte est très dure à vivre pour elle. Mais ce n’est pas uniquement cet accident de Highway qui nous a fait prendre cette décision. Il y a déjà eu d’autres entraîneurs qui ont perdu de bons chevaux et qui ont rebondi derrière. C’est la conjoncture en elle-même qui est compliquée également.

La crise sanitaire actuelle a-t-elle accéléré cette prise de décision ?

Avant cette crise, les boxes étaient pleins. Même si on n’avait pas de grosses catégories de chevaux, je faisais ce que j’avais appris en essayant de jeunes chevaux pour leur faire passer des paliers. En cette année particulière, on n’a pas vraiment eu trop le temps de les essayer : on les a relâchés, repris, perdant alors beaucoup de temps. Chez les chevaux déjà façonnés, je pouvais compter sur Highway qui était encore jeune, mais aussi sur un 4ans prometteur, Buck’s Bo Mec (Crillon) et sur Gold Allen (No Risk At All). Si Gold a pris une deuxième place à Auteuil après le confinement, Buck’s Bo Mec a été victime d’une rupture d’anévrisme à Dieppe. Comme on n’avait pas beaucoup de relèves derrière, c’était compliqué. La décision n’a pas été évidente mais il vaut mieux la prendre tant qu’on est financièrement bien plutôt que d’avoir des dettes.

Quelles victoires de Highway to Hell garderez-vous en souvenir ?

Son succès dans la Grande Course de Haies de Compiègne – un Gr3 tout de même pour sa quatrième sortie seulement – a été marquant, tout comme celui dans la Grande Course de Haies de Pau. C’étaient de belles victoires sur des hippodromes où il y a toujours beaucoup d’ambiance. Pour un ancien jockey d’obstacle comme moi, gagner sur l’hippodrome de Pau est toujours important.

Vivez-vous cette expérience professionnelle comme un échec ?

On ne peut pas dire que ce soit une réussite, mais nous sommes quand même parvenus à ne pas trop mal se débrouiller avec le peu que nous avons entraînés. Nous avons adoré cette expérience et on ne peut pas nous enlever nos souvenirs. J’aurais probablement dû surfer plus sur le phénomène Highway to Hell. Toutefois, je me dis aussi que lorsque les propriétaires veulent vous faire confiance, ils viennent normalement. Actuellement, il faut avoir du nombre et de la qualité. Cela fait un moment que je le pense, mais encore faut-il pouvoir se développer et avoir un peu de chance au bon moment. Les grosses maisons ont les bons jockeys, les gros propriétaires : c’est comme ça et c’est normal. Nous n’avons jamais eu trop de problèmes à trouver des jockeys, mais en avoir un panel comme l’ont Guillaume (Macaire), François (Nicolle) et Gaby (Leenders) est un avantage. Ils peuvent ainsi associer tel jockey avec tel cheval. Avoir un bon feeling avec sa monture est primordial.

Quel est votre projet désormais ?

Avant d’évoquer cela, je voudrais remercier les époux Mc Lennan, de très bons propriétaires et de superbes personnes, tout comme la famille Papot, dont Xavier qui nous a également toujours soutenus et qui sait où il va, sans oublier Stéphane Juteau qui travaille à la maison depuis le début. Avec Rachel, nous allons, certes, nous éloigner de Dragey, mais pas des chevaux puisque nous entrerons au service de François Nicolle début janvier.