Tours ne courra plus au galop

Courses / 05.11.2020

Tours ne courra plus au galop

Nous avons appris que le Conseil d’administration de la Société des courses de Tours a décidé de ne plus courir au galop. Marie-France Peltier, la présidente, nous en explique la raison.

JDG. – Comment se positionne aujourd’hui l’hippodrome de Tours et sa Société des courses que vous présidez ?

Marie-France Peltier. – Notre Société des courses existe depuis plus de 160 ans, et jusqu’à ce jour, elle organisait cinq réunions de courses par an avec un programme qui comportait des épreuves dans les trois disciplines : plat, trot, obstacle.

L’hippodrome de Tours est un point d’ancrage régional important : c’est l’hippodrome de la Touraine, et il convient de préciser que c’était le seul hippodrome d’Indre-et-Loire qui accueillait encore des courses de galop.

Nous allons donc rejoindre nos hippodromes voisins qui ne courent plus qu’au trot.

Qu’est-ce qui vous a conduit à prendre cette décision ?

Ce sont malheureusement des raisons exclusivement financières qui ont poussé notre Conseil d’administration à prendre cette décision. Cela a été un véritable crèvecœur pour nous tous, mais la raison nous y a contraints.

Il y a quelques années, à la demande des socioprofessionnels, nous avons été amenés à réorganiser nos journées mixtes en journées tout trot et tout galop, et de faire les départs de galop au moyen de stalles. Les courses de galop ont vu ainsi leur coût grimper de façon importante, ceci étant dû aux stalles de départ, aux pousseurs et à leur déplacement, ainsi qu’aux boxes démontables supplémentaires.

L’organisation de mini-premium G.T.I. une année sur deux a permis de maintenir un équilibre financier.

La suppression par France Galop des mini-premium sur les hippodromes de deuxième catégorie, dont nous faisons partie, pour créer de nouvelles journées tout premium sur des hippodromes de première catégorie, a rompu ce fragile équilibre.

Désormais, au galop, nous n’avions plus que des réunions P.M.H., lesquelles sont systématiquement déficitaires.

La situation n’est plus tenable, et malgré nos alertes répétées auprès de la société-mère, aucune solution n’a vu le jour.

D’autres hippodromes se trouvent-ils dans la même situation ?

Je ne peux évidemment pas me prononcer sur les hippodromes qui présentent les mêmes caractéristiques de courses P.M.H. tout galop, même si je sais que certains hippodromes rencontrent des difficultés analogues.

Chaque hippodrome présente nécessairement des caractéristiques qui lui sont propres, liées à son environnement : certains, notamment, sont fortement soutenus par les collectivités locales.

Votre hippodrome n’avait-il pas pourtant construit récemment un nouveau bâtiment technique en vue de son développement ?

C’est exact. Pour ce qui est des infrastructures, et grâce à des investissements importants tout au long de son histoire, notre Société de courses a réussi à mobiliser toutes les énergies pour offrir aux chevaux, aux professionnels et aux parieurs les meilleures installations.

C’était bien sûr à l’époque où nous accueillions nos courses mini-premium au galop. Nous étions loin d’imaginer que la stratégie de France Galop allait conduire à leur suppression.

France Galop a, certes, ses choix politiques que nous respectons, mais ceux-ci en revanche ne sont plus compatibles avec les équilibres financiers de notre société.

Fort heureusement, nous venons tout juste, en avril dernier, de terminer le remboursement du prêt que nous avions contracté pour la construction de ce bâtiment.

Nous avions même le projet de créer des boxes supplémentaires pour répondre encore mieux aux besoins des professionnels du galop et avions obtenu un financement partiel de la Fédération nationale pour cela. Ce projet est, hélas, pour l’instant stoppé.

Les écuries qui avaient l’habitude de courir à Tours provenaient pour beaucoup de la région parisienne. Savez-vous ce que vont devenir vos courses de galop ?

À ce jour, nous l’ignorons. L’hippodrome de Tours a en effet régulièrement attiré les belles casaques parisiennes, certes grâce à la qualité de ses installations, mais également grâce à sa desserte autoroutière [2 heures de route avec un accès direct à l’hippodrome].

Après discussion, les membres du Conseil d’administration imaginent que ces courses pourraient avec avantage être transférées sur l’hippodrome du Mans, qui présente les mêmes attraits d’accès routiers depuis les régions parisienne et normande.