Une année présidentielle pour Patrice Quinton

Courses / 06.11.2020

Une année présidentielle pour Patrice Quinton

Une année présidentielle pour Patrice Quinton

Emmanuel Rivron

Lauréat du Prix du Président de la République (Gr3) au printemps dernier avec D’Jango (Balko), Patrice Quinton a également eu la satisfaction de voir un autre de ses pensionnaires s’imposer récemment à Auteuil, le bien nommé Beau Gosse (Falco), candidat au Prix Carmarthen (Gr3) ce dimanche.

Après avoir quitté le Top 10 des entraîneurs d’obstacle lors des deux derniers exercices, Patrice Quinton pointe actuellement à la neuvième place de ce classement. Pourtant, ce pur Manchot s’est moins illustré cet été qu’à son habitude : « J’ai volontairement beaucoup moins couru, nous apprend-il. Généralement, j’avais pas mal de cavaliers anglais qui venaient passer l’été à Dragey et monter le matin. Ça n’a pas pu se faire cette année en raison du contexte sanitaire et je n’ai donc pas cherché à récupérer des chevaux. De plus, je vais chercher à sélectionner un petit peu plus. Je suis actuellement à cinquante-cinq chevaux à l’entraînement. L’arrêt des courses au printemps n’a pas été facile à vivre, mais c’est comme ça. C’est une année où il faut faire le dos rond. » Le vainqueur du Grand Steeple 2010 grâce à Polar Rochelais (Le Balafré) le fait plutôt bien puisqu’il a remporté le Prix du Président de la République au printemps avec D’Jango, placé de réclamer il y a maintenant un an : « Ça a été une belle satisfaction car ce n’était pas écrit d’avance. Il a bien progressé ces derniers mois et devrait aller vers la Haye Jousselin désormais. »

Beau Gosse est encore monté sur sa dernière sortie. Pendant ce temps-là, celui qui porte les couleurs de la famille Papot répète ses gammes à Dragey avec notamment un nouveau venu dans l’effectif, Beau Gosse arrivé ces derniers mois : « Il a intégré mon effectif avant l’été. J’avais eu l’occasion de le croiser régulièrement avant sur le site puisqu’il était en pré-entraînement chez Armel Le Clerc qui avait fait du très bon travail puisqu’il est arrivé très beau. C’est un cheval gentil, magnifique, doué : il a tout quoi ! Il profite régulièrement des bienfaits de la plage et ne travaille pas trop dur. Il a gravi les échelons progressivement mais, là, on est arrivés plus haut. J’ai l’impression qu’il est encore monté sur sa dernière course. Je ne sais pas s’il peut regarder dans les yeux Paul’s Saga (Martaline) et Galop Marin (Black Sam Bellamy) qui sont deux super chevaux mais on n’a plus le choix des courses de toute façon. Et il est tellement bien qu’il faut tenter. Il est facile, ne tire pas et peut aller sur toutes les distances. Attention, il était déjà très bon avant de venir chez moi. Il fallait essayer d’être à la hauteur et son dernier succès à Auteuil a été une sorte de soulagement. Ça fait vraiment plaisir d’entraîner des chevaux de cette valeur. »

Dragey, un très bon centre. Natif de Dragey (50), ce fils d’agriculteurs, spécialisé dans le débourrage lors de ses toutes premières années, n’a quasiment jamais quitté ce très petit village manchot, si ce n’est pour son service militaire et a ainsi beaucoup œuvré pour l’ouverture d’un nouveau centre d’entraînement avec vue directe sur le Mont-Saint-Michel : « Les pistes de Dragey sont un vrai plus pour travailler. Elles sont bonnes et bien entretenues. En plus du centre, j’ai installé à la maison une ligne droite de 400m sur le gazon avec quatre obstacles en montée. Ça fait voir autre chose aux poulains avant de bien débuter. J’ai également une arène de quatre obstacles à la maison. »

L’écurie Quinton, là où tout a commencé pour Cyrname. S’il fut l’un des premiers à profiter de la vue du Mont-Saint-Michel sur ces pistes, Cyrname (Nickname) a depuis rejoint l’autre côté de la Manche avec une excellente réussite, à la grande satisfaction de son premier entraîneur : « Cyrname était un très bon cheval qu’on estimait énormément mais on ne pouvait pas se douter qu’il allait devenir un crack. Il était sympa mais tirait beaucoup. Ça fait vraiment plaisir de l’avoir eu dans mon effectif. De toute façon, le commerce avec les Britanniques revêt une grande importance pour nos structures. À ce sujet, il y a tout de même eu un peu de commerce en cette année particulière. » Nul doute que Cyrname s’illustrera tout au long de l’hiver outre-Manche alors qu’une partie de l’effectif Quinton officiera, plus que jamais, du côté de Pau, paré de la casaque de l’écurie des Dunes ou autre : « Quand je suis passé entraîneur public, j’avais une petite appréhension qui a été vite levée grâce notamment à la famille Papot mais aussi à l’écurie du haras d’Érable qui sont toujours restés fidèles. D’autres casaques prestigieuses sont arrivées et je les remercie de m’accorder leur confiance. » Installé dans la ferme familiale qu’il a su transformer en écurie de courses au cours de ces dernières décennies, Patrice Quinton peut compter sur la relève avec ses deux filles Maud et Lisa, salariées : « Elles adorent cela toutes les deux. Lisa est à cheval tous les matins alors que Maud est arrêtée actuellement puisqu’elle vient d’avoir une petite fille. Mais, trois jours avant d’accoucher elle était sur les pistes, à pied bien sûr ! »