David Cottin roi de Navarre

Courses / 09.12.2020

David Cottin roi de Navarre

Installé entraîneur depuis trois ans et demi, David Cottin a réalisé une superbe année 2020 avec deux premiers succès de Gr1 à la clé, grâce à Paul’s Saga ** (Martaline) et Le Berry ** (Gémix). Ses ambitions sont grandes sur les obstacles palois, un meeting dont il a déjà terminé tête de liste à deux reprises. Cette année, il a fait le déplacement avec pas moins de 65 sauteurs et le Cantilien dispose donc de premières chances dans (presque) toutes les bonnes courses. Or, depuis Henri IV, on le sait, un roi de Navarre peut devenir roi de France !

Et au vu de la progression fulgurante de David Cottin, personne ne serait surpris de le voir terminer un jour tête de liste des professionnels français : 35e en 2017, 13e en 2018, 4e en 2019, 3e au classement (provisoire) de 2020… l’année 2021 s’annonce passionnante avec plusieurs chevaux de Grand Steeple, une épreuve clé dans la conquête du titre. Avec 150 partants de moins que l’actuel leader des entraîneurs, Cottin trouve pourtant les ressources et l’audace pour attaquer les Anglais dans leur temple de Cheltenham. Chapeau !

David Cottin prêt pour un grand meeting

Descendu à Pau avec 65 chevaux, David Cottin paraît bien armé pour conclure tête de liste du meeting d’obstacle … pour la troisième fois consécutive !

Par Alice Baudrelle

Le point d’orgue du meeting est le 134e Grand Prix de Pau - Biraben Foie Gras - Prix André Labarrère (Gr3), qui aura lieu le 24 janvier. Double tenant du titre, David Cottin pourrait présenter trois partants. À commencer par Forthing (Barastraight), qui l’a déjà remporté à deux reprises : « Forthing est bien et va faire sa rentrée dimanche dans le Prix Château de Pau (Steeple-chase). L’année dernière, il me paraissait pas mal le matin, mais il n’a pas fait un meeting à hauteur de mes attentes. Nous allons vite être fixés. C’est un cheval qui court bien frais. Il ira ensuite sur le Prix Renaud du Vivier (L), le 4 janvier, puis sur le Grand Prix. » Battu d’une tête dans le Grand Steeple-Chase de Compiègne (Gr2), Ajas (No Risk at All) est devenu le premier gagnant du meeting de l’écurie dans le Prix Comte de Saint Cricq (Haies), le 5 décembre : « Ajas va aller sur le Renaud du Vivier, puis sur le Grand Prix. Je pense qu’il va s’adapter au tracé du steeple palois. Si ce n’est pas le cas, il ira sur la Grande Course de Haies de Pau (L), le 7 février, mais ça devrait aller. » Quatrième en fin d’année dernière du Prix Georges Courtois (Gr2), Dalahast ** (Ballingarry) n’a couru que deux fois cette année dans des courses réservées aux amateurs, sur le steeple d’Auteuil. Le cheval va suivre exactement le même programme que Forthing : « Dalahast a peu couru cette année car c’est un cheval de terrain lourd, raison pour laquelle je l’ai mis de côté au printemps. En dernier lieu, il a couru en demi-teinte en terminant troisième à distance [à presque quinze longueurs d’Ajas, ndlr]. Il a déjà bien fait ici, où il a gagné en haies. On va voir. Il va courir le Prix Château de Pau dimanche, puis le Renaud du Vivier et le Grand Prix. »

Edward d’Argent enfin de retour ! Septuple lauréat de Groupe sur le steeple d’Auteuil, le champion Edward d’Argent (Martaline) n’a pas été revu depuis sa troisième place dans le Grand Steeple-Chase de Paris (Gr1), le 20 mai 2018. Le représentant de Simon Munir et d’Isaac Souede va effectuer une rentrée très attendue dimanche : « Edward d’Argent va courir le Prix Abel Ramon Diago (Haies). Si ça va, il ira peut-être sur la Grande Course de Haies, mais le but est de le préparer pour le Grand Steeple-Chase de Paris. Nous allons le remettre en route gentiment, car mine de rien, il a été arrêté très longtemps. Nous ne pouvons pas nous permettre de courir seulement deux courses à Auteuil avant le Grand Steeple, qui est son véritable objectif. La qualité est toujours là, il sort vraiment de l’ordinaire. C’est une machine ! Maintenant, il va falloir que les jambes tiennent. » Gagnant en début d’année du Prix Camille Duboscq (L), le fougueux Caroubier (Kap Rock) reste sur une deuxième place dans le Prix de Lastours (Steeple-chase), le 5 décembre. Ce jour-là, il a été battu de trois longueurs et demie par Garfield ** (Doctor Dino), à qui Caroubier rendait trois kilos : « Je ne sais pas ce que je vais faire avec lui. En dernier lieu, il n'a pas si mal couru, mais pour moi, il a trop déroulé. J’aurais aimé que son jockey le gère un peu plus. Si ça va, il ira peut-être sur la Grande Course de Haies. Sinon, il doit y avoir une course de steeple fermée pour lui. Mais rien n’a été fixé pour la suite. » Troisième et dernier candidat de David Cottin pour la Grande Course de Haies, Zoffany Bay (Zoffany) est le cheval le plus susceptible de courir cette Listed. Après trois courses au niveau réclamer à l’automne, dont deux victoires, il a conclu bon deuxième d’Ajas le 5 décembre : « Il était auparavant entraîné en Angleterre, où il avait déjà montré des moyens. Ses performances étaient intéressantes, mais je l’ai couru à réclamer car il n’est pas tout neuf. Il a bien couru l’autre jour et va aller sur la Grande Course de Haies. Il devrait faire un beau meeting. »

Easysland fait l’impasse sur Cheltenham. Lauréat en début d’année du Grand Cross de Pau (L), puis sur le cross de Cheltenham lors du festival, Easysland (Gentlewave) a été nettement battu pour sa rentrée dans le temple de l’obstacle anglais, terminant quatrième à neuf longueurs du gagnant. Le représentant de John Patrick McManus était engagé vendredi à Cheltenham, mais David Cottin l’a retiré de la liste : « Son propriétaire ne veut pas le faire courir vendredi, car il aurait dû porter trop de poids par rapport aux autres. En dernier lieu, Easysland rendait dix kilos au gagnant : vendredi, il aurait fallu qu’il lui en rende douze ! Sa rentrée est bonne, compte tenu du fait qu’il rendait beaucoup de poids dans un terrain roulant. Le cheval va venir ici et certainement courir la dernière préparatoire au Grand Cross au mois de janvier [le Prix John Henry Wright, ndlr], où il n’aura pas à porter trop de poids. Ensuite, il ira sur le Grand Cross, à moins que le terrain ne soit pas assez lourd. » Dans le Grand Cross, le Cantilien pourra aussi compter sur Disco d’Authie (Discover d’Auteuil), lauréat de l’édition 2017. Âgé de 11ans, le cheval de Magalen Bryant a prouvé qu’il avait encore de beaux restes en terminant troisième pour sa rentrée, le 8 décembre : « Disco d’Authie a fait une très bonne rentrée. Si le terrain est aussi lourd le jour du Grand Cross, il va faire une belle performance, d’autant qu’il sera mieux sur 2.000m de plus. » Lauréate à cinq reprises sur le cross palois, Elegant Star (Kapgarde) a déçu pour sa rentrée, le 5 décembre, en terminant cinquième et dernière dans le lointain, après avoir commis de nombreuses fautes : « Il va falloir faire quelques réglages avec elle avant d’envisager le Grand Cross. La dernière fois, elle ne s’est pas très bien entendue avec son jockey. Pour moi, c’est la seule explication de sa contre-performance, à moins qu’elle n’ait pas le niveau… On va voir. Mais si ça va dans le bon sens, elle pourrait courir le Grand Cross. »

Objectif Palaminy pour Swiss Guard. Battu d’une tête lors de son unique sortie à Auteuil, dans le Prix Pride of Kildare (Haies), Swiss Guard (Martaline) va être dirigé vers le steeple. David Cottin en fait un très bon poulain : « Son objectif est le Prix Antoine de Palaminy (L), le 7 février. Dans cette course, j’aurai aussi Redness (Prince Gibraltar), qui vient de conclure deuxième pour sa rentrée sur le steeple de Pau. Je ne sais pas encore quand je vais faire débuter Swiss Guard en steeple. Il peut affronter des chevaux qui ont déjà un parcours en steeple dans les jambes, ce ne sera pas un problème. » Swiss Guard est le propre frère de l’impressionnant Lateranito, gagnant par 20 longueurs pour ses débuts en steeple le 8 décembre, après deux ans d’absence : « Lateranito va courir le 29 décembre en steeple [le Prix Jean Lanta, ndlr], si tout va bien. Il devra porter 71 kilos, mais ça reste une course fermée. »

Plusieurs espoirs pour le Camille Duboscq. David Cottin devrait également être bien armé dans le Prix Camille Duboscq (L), notamment avec Cleveland (Manduro) : « Il a rejoint mon effectif après une quatrième place en débutant sur les haies de Clairefontaine-Deauville, sous l’entraînement de Richard Chotard. Je pense que ce sera ma meilleure cartouche pour la Listed des 4ans. » D’autres éléments prometteurs peuvent rêver du Camille Duboscq, à l’image d’Honey Wolf (Pether’s Moon), deuxième pour ses débuts à Pau, ou encore de Sonigino (It’s Gino), quatrième pour ses premiers pas sur le même hippodrome : « Honey Wolf a bien couru, mais elle est tendre. Elle ne sera peut-être pas assez mûre pour le Camille Duboscq. Quant à Sonigino, c’est un bon poulain. Il a fini quatrième, mais c’est pour moi le meilleur poulain de la course. Il n’est pas dur encore, mais le Camille Duboscq n’est pas à écarter. »

Rentrée prévue en janvier pour Prince Ali. Gagnant du Prix Finot (L) en 2016, Prince Ali (Kapgarde) avait impressionné l’année suivante en enlevant successivement les Prix de Marsan (L), Questarabad (Gr3) et Alain du Breil (Gr1), sous l’entraînement de Guillaume Macaire. Absent depuis trois ans et demi, le représentant de Simon Munir et d’Isaac Souede devrait bientôt être revu en compétition : « Prince Ali va arriver à Pau et fera sa rentrée pendant le meeting, probablement au mois de janvier. Si les jambes tiennent, je pense que ça va aller. » Exportée outre-Manche l’année dernière après sa troisième place dans le Prix Girofla (L), sous la coupe d’Anne-Sophie Pacault, Tombée du Ciel (Zanzibari) n’a pas convaincu lors de son unique sortie sur les claies. La pouliche, qui a rejoint cette année les boxes de David Cottin, a effectué une rentrée victorieuse le 13 octobre sur le steeple de Fontainebleau, alors qu’elle découvrait cette discipline. Elle a déçu trois semaines plus tard sur le même tracé, terminant quatrième et dernière dans le lointain. Son avenir se situe désormais sur le cross, elle qui est engagée dimanche dans le Prix Henry Ridgway : « Elle, ça va être une championne ! Je ne sais pas ce qui s’est passé la dernière fois, nous n’avons pas eu d’explication. Elle me paraît bien et saute super bien le cross : je pense qu’elle va faire une très bonne recrue dans cette discipline. » Impressionnante lors de ses débuts victorieux sur les haies de Compiègne, le 11 mai, Green Dragoness ** (Enrique) a été déclarée non partante le 8 décembre à Pau, elle qui devait faire sa rentrée dans le Prix Charles du Breil (Haies). Le programme n’est pas encore dessiné pour cette sœur du champion Blue Dragon ** (Califet) : « Green Dragoness a eu un souci musculaire, qui retarde un peu nos plans. Elle pourrait débuter en steeple ici directement, elle saute très bien. On va voir, car elle est délicate à entraîner. C’est une grande jument tardive, qui travaille un peu de partout. »