Édouard de Rothschild : « Les courses ont plus que leur place dans le monde d’après »

Institution / Ventes / 18.12.2020

Édouard de Rothschild : « Les courses ont plus que leur place dans le monde d’après »

Édouard de Rothschild : « Les courses ont plus que leur place dans le monde d’après »

Le président de France Galop a choisi JDG Radio pour une longue interview bilan sur 2020, une année pour le moins mouvementée. Voici les principaux sujets évoqués au cours de ce podcast que vous pouvez écouter via ce lien. Retrouvez l’interview (audio) dans son intégralité en cliquant ici http://www.jourdegalop.com/podcasts

Contrairement aux autres sports, les courses hippiques ont pu reprendre dès le 11 mai. Le rapprochement Trot-Galop a contribué à cette réussite. Celui-ci devrait être encore plus concret dans les mois ou années à venir, selon Édouard de Rothschild : « Il n’y aura pas de fusion mais une mutualisation des fonctions support que nous allons mettre en œuvre dans les mois qui viennent. Nous réfléchissons à un regroupement géographique, avec un projet immobilier qui avance beaucoup avec LeTROT. »

Un lobbying politique discret mais efficace. Le rapprochement France-Galop – LeTROT n’a pu à lui seul permettre aux courses de reprendre dès le 11 mai. Cette reprise a surtout été possible grâce à un lobbying politique discret mais efficace : « Je me suis beaucoup impliqué. Nous avions prouvé que nous pouvions courir à huis clos, avec une recette significative pour l’État de surcroît. J’ai pensé qu’il fallait utiliser nos ambassadeurs les plus pertinents, Philippe Augier et François Bayrou. Nous avons collectivement activé nos leviers, y compris au plus haut niveau. À partir du 11 mai, nous étions dans une certaine zone grise et n’étions pas complètement autorisés à courir, sans en être empêchés. »

Une relance du pari hippique. Alors que les courses avaient un petit complexe, elles ont pourtant réussi là où les autres fédérations sportives ont échoué, étant alors le seul sport français pouvant être support de paris, ce dont a pleinement profité le PMU : « Cyril Linette et toute son équipe ont fait un très bon travail dans cette période mouvementée. L’arrivée de Philippe Augier au PMU est également un élément très positif. Il y a eu une relance du pari hippique. Les crises ont la vocation de nous faire nous transformer et nous transcender. Les équipes du PMU ont professionnalisé la démarche auprès des points de vente avec une incitation financière différenciée et adaptée pour les inciter à être opérationnels dès l’ouverture. Les équipes du PMU ont su très bien capitaliser pour continuer après la reprise des autres sports. »

Les encouragements ne sont pas la variable d’ajustement. Malgré ces efforts et la grosse poussée des paris en ligne, il n’a pourtant pas été possible de maintenir les allocations à leurs niveaux initialement prévus : « Dans ce contexte Covid, la fierté c’est d’avoir réussi à mobiliser toutes les forces vives de l’institution pour pouvoir déclencher la reprise des courses le 11 mai. Le regret est forcément de ne pas avoir réussi à sauver les allocations. Depuis 2015, la masse salariale de France-Galop a diminué de 7 millions d’euros et le nombre de salariés est passé de 453 à 374. Les encouragements ne sont donc pas la variable d’ajustement. Pour les encouragements 2021, le repère reste 2019, mais n’oublions pas que nous ne distribuons pas le résultat de l’année précédente. La situation sanitaire et la réouverture des points de vente seront des variables-clés de l’équation. » D’ores et déjà, les allocations de janvier et de février prochain seront identiques à celles versées en 2019, mais il est difficile de s’engager au-delà de cette date, le doute étant plus que présent quant à l’ouverture du réseau PMU.

Parieur et propriétaires comme piliers. Sans propriétaires, pas de chevaux et sans chevaux pas de paris : voilà un constat implacable, démontrant l’importance primordiale des propriétaires : « J’ai pleine conscience que les deux piliers de notre système sont les parieurs et les propriétaires. L’accès à la propriété reste cardinal dans notre activité. Elle est devenue infiniment plus simple. Le galop a attiré de nouvelles casaques. Cela contribue à renouveler l’image et à sortir les courses de leurs carcans. Pour faciliter la tâche des propriétaires, la possibilité d’acheter à réclamer par internet est dans les tuyaux informatiques. Ce n’est pas encore là tout de suite mais c’est pour très bientôt. »

Consultation large sur le programme des 2ans. La compétitivité des 2ans français a été un point sensible ces derniers mois, ce qu’admet Édouard de Rothschild : « Nous ne pouvons pas ne pas nous interroger sur le programme des 2ans. En 2021, il y aura une large consultation des professionnels sur ce sujet. Nous ferons d’ores et déjà une expérience avec le programme des 2ans. Nous envisageons de transformer trente et un réclamers en maidens, sous réserve d’un certain nombre d’instances qui doivent encore se réunir. De plus, la prime propriétaire qui passera de 60 à 70 % pour les 2ans fait partie des mesures tests. »

Une série sur Netflix ? Non seulement il est important d’attirer de nouveaux propriétaires, mais il ne faut surtout pas oublier de fidéliser les spectateurs tout en en attirant de nouveaux. Alors qu’elle était plutôt au ralenti, la Formule 1 a passé la sixième vitesse récemment grâce à une série Netflix, ce qui pourrait donner des idées aux institutions des courses : « Les équipes travaillent sur une éventuelle série, à destination des plateformes vidéo. Je suis tout à fait pour cette éventualité. L’accès à l’intégralité des replays PMH et aux courses PMH en live fait partie des projets d’Equidia. Les courses ont leur place dans le monde d’après. Elles véhiculent des valeurs fondamentales en adéquation avec les aspirations de la société. »

Plan de redynamisation de l’obstacle. Optimiste, Édouard de Rothschild l’est également sur l’avenir de l’obstacle en France : « Jacques Detré a présenté un plan de redynamisation de l’obstacle dès 2021. Il contient des mesures pour booster les enjeux, avec notamment une 6e et une 7e allocation dans certaines courses pour avoir des partants. Il est également prévu une catégorisation de courses pour avoir des repères plus lisibles pour les parieurs, avec un peu plus de handicaps, un peu plus tôt dans l’année. Un certain nombre de mesures seront prises pour soutenir le nombre de jeunes chevaux à l’entraînement avec notamment une surprime éleveurs. La conquête d’un nouveau public pourrait se faire par les semi-nocturnes d’Auteuil sur sept samedis du 8/5 au 19/6, avec à la fois une programmation innovante et une forte communication. Je n’ai pas de doutes sur le fait que l’obstacle existera dans dix ans car il est un élément fondamental des courses. »