Hervé Morin : « Le cheval, facteur d’attractivité majeure pour la région Normandie »

Courses / 03.12.2020

Hervé Morin : « Le cheval, facteur d’attractivité majeure pour la région Normandie »

Grand passionné des chevaux, Hervé Morin, président du Conseil régional de Normandie, explique la politique de la Région envers ce secteur économique essentiel au territoire.

Jour de Galop. – En quoi la Normandie est-elle une terre d’excellence pour les chevaux ?

Hervé Morin. – La moitié des chevaux français naissent en Normandie. L’Arc a été gagné par Sottsass (Siyouni), entraîné à Deauville. Tous les ans quasiment, le Prix d’Amérique est remporté par un trotteur préparé dans la région, comme Facetime Bourbon (Ready Cash) l’hiver dernier. Les grands piquets de chevaux de CSO sont en Normandie, soutenus par deux grands acteurs privés que sont les haras de la Forge et celui de Clarbec qui permettent à la France d’être aux Jeux Olympiques. Presque tous les grands champions français, que ce soit au galop, au trot ou en sports équestres, ont fait leurs premiers pas dans les prés normands. L’herbe y est meilleure qu’ailleurs et le climat favorable. Les chevaux basés en Normandie sont au nombre de 117.000, la région accueille 6.700 entreprises autour de l’équidé, 8.000 éleveurs et 40.000 licenciés. La filière équine représente 20.000 emplois, avec une concentration sur l’ouest de la Normandie. Mais plus que tous ces chiffres, il y a un véritable savoir-faire dans la région.

Qu’apporte toute cette activité équine à la région ?

Quand un territoire est associé au cheval, c’est une chance absolument incroyable. Le cheval est l’une des seules cultures partagées par toute l’humanité. Il est donc complètement mondialisé. Il est universel, ce qui est rare. De plus, lui sont associées l’excellence et la beauté. Il est donc un facteur d’attractivité majeure pour la région qui cultive cela au maximum, et ce au travers d’un carré magique.

Quel est le premier côté de ce carré magique ?

Le pôle enseignement/recherche en est le premier élément avec la Normandie Équine Vallée située à Goustranville (14). D’ores et déjà, avant même la construction du campus équin via un financement de 55 millions d’euros d’investissement, porté en quasi-totalité par la région, nous avons un niveau d’équipement concentré à un même endroit comme il n’en existe nulle part ailleurs au monde. Les mêmes équipements sont certes présents en Angleterre et aux États-Unis, mais de façon dispersée. À Goustranville, nous allons accueillir l’ensemble des laboratoires et des centres de recherche liés au cheval, avec 71 chercheurs et tous les vétérinaires formés à la filière équine. Six cents élèves vétérinaires passeront ainsi chaque année dans ce pôle. À travers les travaux de Jean-Marie Benoit, y est déjà basée l’excellence de toute la recherche sur la pathologie et le squelette. L’école Blondeau, grande figure du dressage en France, y trouvera également toute sa place. Toute la recherche et toute la formation autour du cheval seront donc réunies sur ce pôle équin. Autour de celui-ci sera bâtie une pépinière d’entreprises. L’appel d’offres est en cours et tout sera en service dans deux ans. Le centre de recherche sur les pathologies vivantes, Labeo, est quant à lui plus à l’Est, à Caen. Là aussi, le niveau d’excellence est sans comparaison en Europe. Avec l’école du Management de Normandie, une formation allant de Bac + 3 à Bac + 5 sur les fonctions d’encadrement dans les métiers du cheval est en création. En collaboration avec l’université de Caen, la région a bâti la Bibliothèque du cheval. Elle sera la plus grande référence en matière de littérature équine. Et n’oublions surtout pas le grand projet qui concerne le haras du Pin. Dans le cadre de la modernisation du haras, nous avons l’intention de bâtir des formations d’excellence sur les métiers qui sont dans les haras. Dans le contexte de l’académie Delaveau, la région héberge des jeunes scolarisés au lycée de Deauville. C’est en quelque sorte un sport-étude pour quinze jeunes cavaliers à très haut potentiel.

Quand est évoquée la Normandie, les nombreux haras viennent tout de suite à l’esprit. Quelle est leur place dans le rayonnement régional ?

L’initiative privée est le deuxième côté du carré magique. Tous les grands haras sont en Normandie. Ils sont notamment présents dans des territoires difficiles économiquement, notamment en zone rurale. Je pense par exemple à une partie du Calvados ou à l’Orne. Les haras jouent un grand rôle dans l’aménagement du territoire et de créations d’emplois. Chaque année, la Normandie est concernée par huit à dix grands projets d’investissement sur le cheval, projets venant du monde entier.

Les infrastructures sont-elles suffisantes pour accueillir tous ces projets ?

C’est le troisième volet de notre raisonnement en développant tout une série de structures qui portent la filière hippique. Au haras du Pin, la Région, et avec le département de l’Orne, finance 15 millions sur les équipements sportifs pour accueillir toutes les disciplines, tout en développant de grands projets hôteliers pour l’accueil. La confortation du Pôle hippique de Saint-Lô, doté d’infrastructures exceptionnelles, est également un dossier ambitieux. La région porte des manifestations pour continuer à affirmer notre vocation autour du cheval. Je pense notamment au CSI Longines, au mois d’août à Deauville, mais aussi à nos candidatures pour des championnats d’Europe et du monde dans différentes disciplines en 2022 et 2023. La volonté politique régionale sur le cheval est très forte. C’est le quatrième côté du carré magique. La Région soutient les investissements dans le monde du cheval. Dix millions d’euros par an, environ, sont consacrés à la filière équine. Quand un investisseur souhaite développer un projet lié au cheval, il veut être en Normandie. Nous sommes en plein dans le chaudron dans lequel on prépare la potion magique.

 

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