Jacques Cyprès : « Tant que nous serons au conseil d’administration, nous veillerons au respect du 2/3 - 1/3 »

Élevage / 19.12.2020

Jacques Cyprès : « Tant que nous serons au conseil d’administration, nous veillerons au respect du 2/3 - 1/3 »

Alors que l’année s’achève, nous avons souhaité́ donner la parole à certains des professionnels français dont l’action a été la plus remarquée en 2020. Entretien avec Jacques Cyprès, qui achève sa première année, pour le moins particulière, au sein du conseil d’administration de France Galop.

Par Christopher Galmiche

Jour de Galop. - Comment votre élevage a-t-il vécu cette année 2020 atypique ?

Jacques Cyprès. - En 2020, nous avons vécu une année assez spéciale. Tout le monde a pris dur. Mais nous ne nous en sortons pas si mal que cela en ce qui concerne notre élevage. C’est sûr que nous avons perdu ce que nous avions de mieux [Ebonite, ndlr]. Malheureusement, cela fait partie des courses. Le lendemain, on se relève et on recommence. Dans les vieux chevaux, parmi nos élèves, D’Jango (Balko) a gagné le Président, Enjeu d’Arthel (Saddler Maker), qui défend nos couleurs, est le bon élève correct en dessous des cracks, et Flying Startandco (Cokoriko) a fait une superbe année et il l’a finie en beauté. Le point positif est que nous avons une très bonne génération de 3ans. Nous estimons beaucoup Hola Que Tal (Saddler Maker) et Homme Public (Cokoriko). Je pourrais aussi citer Hadaline (Cokoriko), Histoire d’Eau (Gris de Gris), Hillary (Gris de Gris), Hogwarts (Gris de Gris), Histoire de France (Saddler Maker) et Herbiers (Waldpark), qui ont tous gagné. Au total, nous devons avoir huit 3ans différents qui se sont imposés pour onze ayant couru. Ce n’est pas si mal. Dans les 4ans, avec Gaboriot (Muhtathir), Gex (Khalkevi), Gesskille (Network) et Girl of the World (Ruler of the World), on peut espérer avoir l’an prochain de bons 5ans. Il y a aussi Arry (Boris de Deauville), que vous devriez revoir à Pau. Et j’aimerais aussi rendre hommage à Bipolaire (Fragrant Mix), qui a terminé sa carrière cette année. Il a été un vrai champion, vainqueur de trois Prix La Haye Jousselin (Gr1) et deuxième du Grand Steeple-Chase de Paris (Gr1) 2019.

Vous êtes l’un des éleveurs ayant gagné le plus de Groupes cette année…

Ce sont des statistiques que l’on peut trouver, mais nous sommes cinq à avoir gagné quatre Groupes. Ce que je cherche toujours dans l’élevage, c’est la régularité. Le Cheval d’Or, c’est sûr que c’est très beau, c’est la cerise sur le gâteau. Mais c’est très dur à avoir. Il vaut mieux la régularité et être toujours à l’arrivée.

Comment jugez-vous l’évolution du marché des chevaux d’obstacle en 2020 ?

Les très bons chevaux, il y a toujours quelqu’un pour les acheter. Mais pour les chevaux entre deux, il y a beaucoup moins de demande, même pour des chevaux placés à Auteuil ou en province. On sent vraiment que c’est une année de stress. Les gens n’investissent pas, mais c’est normal, nous n’avons pas de visibilité.

Depuis un an, vous faites partie du conseil d’administration de France Galop. On imagine qu’il y a beaucoup de frustration, notamment à cause du Covid…

Nous sommes tombés dans une crise pas commune. Ma conclusion après un an, c’est qu’il y a énormément de dialogue entre tous les membres du conseil d’administration. Nous sommes toujours arrivés à une entente. Le point positif, c’est que les courses se sont sorties d’une année où beaucoup de corporations ont plus souffert que nous. Il faut le dire haut et fort ! Nous avons connu deux mois d’arrêt, mais nous aurions pu avoir beaucoup plus. Je félicite toutes les équipes du PMU pour avoir su rebondir et limiter la casse. Le Covid a tout arrêté et, pendant toute l’année, il a fallu gérer cette crise en naviguant à vue. Maintenir les allocations à 100 % en janvier et février, c’est quand même quelque chose. Après, il est certain qu’il faudra voir où nous en sommes avec le Covid en février.

Au cours de cette année particulière, il y a eu aussi la mésaventure du 2/3 - 1/3…

Le 2/3 - 1/3, cela m’a beaucoup déçu. Pourquoi ? Parce que toutes les listes qui se sont présentées aux élections à France Galop étaient pour, mais au moment de voter pour l’inscrire dans les statuts de France Galop… J’ai toujours espoir que ça passe un jour au comité. Tant que nous serons au conseil d’administration, nous veillerons au respect de la répartition du 2/3 - 1/3.

Un plan est prévu pour relancer l’attractivité autour de l’obstacle. Quelles en sont les grandes lignes ?

Un très beau plan est prévu pour redynamiser l’obstacle et bien sûr augmenter le nombre de partants grâce à des mesures spéciales. Il y aura par exemple des allocations pour la sixième et la septième place pour avoir plus de partants, dans un certain nombre de courses, une catégorisation des épreuves pour avoir des repères plus clairs pour les parieurs, et un certain nombre de mesures pour que l’on soutienne les effectifs de jeunes chevaux à l’entraînement. Il y aura aussi des aménagements à Auteuil, notamment autour du salon des propriétaires, et la mise en place de samedis à Auteuil pour retrouver du public.