Renaud Lavillenie saute le pas

Autres informations / 04.12.2020

Renaud Lavillenie saute le pas

Renaud Lavillenie saute le pas

Il a été champion olympique à Londres, en 2012, et a battu un record du monde vieux de vingt-et-un ans. Le perchiste Renaud Lavillenie vient d’obtenir ses couleurs à France Galop. Objectif 2022 !

Jour de Galop. - Aviez-vous un attrait particulier pour les chevaux avant de solliciter vos couleurs ?

Renaud Lavillenie. - Originaire de Charente, je suis parti à l’adolescence dans les Landes où mon père avait comme projet d’ouvrir un centre de tourisme équestre. Nous avions une bonne dizaine de chevaux à la maison. C’était en plus l’époque où je me suis un peu éloigné de l’athlétisme. Nous sommes ensuite revenus en Charente et j’ai repris la perche plus sérieusement, mais il y a toujours un cheval dans la propriété de mes parents, à côté de Cognac. Avec les études et le sport de haut niveau, les chevaux ont été moins présents dans mon quotidien, mais depuis longtemps, je rêve de trouver une maison à Clermont-Ferrand, où je vis désormais, avec un terrain suffisamment grand pour accueillir un cheval.

Comment avez-vous découvert le monde des courses ?

Par le biais de Jules Cyprès, avec qui je m’entraîne, et qui est très impliqué dans l’élevage familial, celui de son père Thierry. Je ne connaissais pas vraiment les courses, mais nous avons commencé à parler cheval, puis je suis allé à l’élevage. Quand Jules a vu que j’étais à l’aise dans un pré entouré de cinq ou six poulains, il a compris que je ne blaguais pas et que j’étais vraiment un amoureux des chevaux ! J’ai eu la chance de découvrir de l’intérieur cet élevage de haut niveau. Nous devions aller sur les hippodromes cet automne, pour voir le côté sportif, mais le Covid a fait que nous allons repousser cela à l’an prochain…

Qu’est-ce qui vous a motivé à solliciter vos couleurs ?

Jules m’a proposé de m’associer avec lui sur des pouliches. Cela m’a intéressé, pas pour l’argent bien sûr, mais pour partager ensemble des moments forts sur les hippodromes, pour soutenir son élevage aussi. Avec un budget maîtrisé, je pense que l’on va pouvoir vivre des émotions intenses. Imaginer voir un jour son cheval avec sa casaque sur un hippodrome, cela me fait rêver ! Quand j’ai reçu le mail de confirmation vendredi matin de la part de France Galop, j’avoue que j’étais assez excité !

A priori, vos futurs chevaux se produiront en obstacle. Est-ce une discipline qui vous parle tout particulièrement ?

Je n’aime pas les choses monotones, et avec l’obstacle, je pense que je vais être servi ! J’aime aussi me dire que le succès est rarement le fruit du hasard, que c’est le résultat d’une grosse somme de travail. Il y a une exigence dans la discipline de l’obstacle qui colle assez bien avec ce que je connais dans la perche. J’ai hâte de découvrir l’entraînement, mais j’y vais progressivement : j’ai déjà assisté au sevrage des poulains… Mon activité ne me laisse pas beaucoup de temps libre mais il est certain que le réglage des sauteurs le matin est quelque chose qui va m’intéresser. Je ne serai pas là pour donner des conseils aux entraîneurs. En revanche, comprendre comment cela fonctionne, oui, c’est mon truc !

Vous avez choisi une casaque à dominante gros bleu, avec des touches roses. Pourquoi ce choix ?

Ma casaque est gros bleu, coutures roses, manches gros bleu brassard rose, et toque gros bleu losange rose. Tout simplement, j’aime ces deux couleurs, que j’ai portées en compétition… et à mon mariage ! Le résultat n’est pas criard, mais pas fréquent non plus. Cela me ressemble bien. Vivement que je le voie en vrai, et encore plus sur un hippodrome, même s’il faudra attendre 2022.

Jules Cyprès, le trait d’union

Jules Cyprès, le fils de Thierry, est à la fois perchiste de haut niveau (il a comme objectif les prochains Jeux olympiques) et salarié de l’élevage familial. C’est lui qui a fait le lien entre Renaud Lavillenie et le monde des courses. Il nous a dit : « Le feeling est tout de suite bien passé avec Renaud. Il est venu à la maison découvrir l’élevage, et de fil en aiguille, il s’est renseigné sur les possibilités de mettre un pied à l’étrier. Je lui ai proposé de s’associer sur des pouliches en location, que nous souhaitons ensuite conserver à l’élevage. Les pouliches sont actuellement yearlings, donc elles devraient débuter en 2022. J’ai moi-même mes couleurs et quelques participations dans des chevaux. » Nicolas Cyprès, le cousin de Jules, a lui aussi apporté sa pierre à l’édifice car il est associé avec deux rugbymen de l’USON (Pro D2), Loïc Le Gal et Joris Cazenave, tout aussi passionnés que Renaud Lavillenie.

Les courses dans le sport

Les sportifs de haut niveau sont de plus en plus nombreux à s’investir dans les courses. Antoine Griezmann est l’un des plus connus et des plus impliqués aussi, mais les footballeurs Clément Lenglet et M’Baye Niang, le cavalier de concours complet Astier Nicolas, Tony Parker ou encore Carlo Ancelotti sont aussi venus grandir les rangs des propriétaires.