Timo Keersmaekers : « Les résultats de Messi m’ont encouragé »

16.12.2020

Timo Keersmaekers : « Les résultats de Messi m’ont encouragé »

Quelques jours seulement après la démonstration de Messi (Dahess) dans la Sheikh Zayed bin Sultan Al Nahyan Jewel Crown (Gr1), l’entraîneur Timo Keersmaekers revient sur cette victoire de prestige, sa première à ce niveau, et sur ses ambitions pour la suite.

JDG Arabians. – Comment vous sentez-vous deux jours après votre première victoire de Gr1 ?

Timo Keersmaekers. – Je suis très content naturellement. Nous avons eu un petit peu de chance car après la World Cup, Messi n’a pas très bien couru ensuite à Mons. Il y avait eu beaucoup de pluie et il était impossible de travailler sur ma piste. Nous avons fait de l’entretien en forêt avant de mieux travailler pendant dix jours. Nous avons pu bénéficier de bonnes conditions également lors de la quarantaine à Meydan, puis travailler sur la grande piste, et cela a fait beaucoup de bien au cheval, pour lui donner de la vitesse. Le résultat est là. C’est incroyable.

D'autant plus que Messi a fait preuve d’une grosse supériorité dans la Sheikh Zayed bin Sultan Al Nahyan Jewel Crown…

Adrie de Vries m’avait conseillé de faire appel aux services de Patrick Dobbs, qui est un très bon jockey. Je lui ai dit que je n’avais pas peur des 200m supplémentaires par rapport à la World Cup, mais que je craignais le rythme de la course, qui pouvait être très rapide. Pat Dobbs a utilisé la bonne stratégie, plus ou moins la même qu’à Longchamp, à savoir attendre un petit peu dans le parcours avant de finir. Messi a pu bénéficier d’une bonne position dans le peloton et a été très relax. Il a pu finir vite. Après la course, le cheval était d’ailleurs très bien.

Quelle est la suite de son programme ? Des vacances ?

Messi est retourné chez nous. Je vais lui donner quinze jours de repos avant de reprendre le travail, tout en continuant l’entretien en forêt deux fois par semaine. Il ne faut pas qu’il perde trop de condition. Le but est de voir si nous recevons une invitation pour l’Obaiya Arabian Classic, le jour de la Saudi Cup, ou pour la Dubai Kahayla Classic (Gr1 PA). Messi a l’avantage d’avoir une certaine fraîcheur puisqu’il n’a commencé l’entraînement et sa saison 2020 qu’en juin dernier. Il a du moral, allant tous les matins au pré lorsqu’il est à la maison, contrairement à d’autres chevaux dans des écuries plus classiques qui vont dans des petits paddocks. Cela doit lui faire beaucoup de bien.

Le dirt ne vous fait pas peur ?

Non. Il a déjà gagné sur le sable de Mons l’an passé et le travail qu’il a fait sur le dirt de Meydan quelques jours avant son succès à Abu Dhabi a été incroyable. C’était comme un jeu pour lui. Il faut dire qu’il n’y a pas de comparaison possible entre ma piste d’entraînement et celle de Meydan, du niveau Champion’s League !  Cela lui a vraiment bien plu.

Vous avez dû être sollicité pour le vendre après son succès à Abu Dhabi ?

Beaucoup de personnes veulent me l’acheter, même s’il est déjà vieux pour un cheval de course. Je n’ai pas besoin de le vendre car j’ai une profession en parallèle, avec laquelle je gagne ma vie. Avec sa victoire à Abu Dhabi, c’est près de 600.000 € que nous avons gagnés et aucune offre n’a été de ce niveau. J’ai aussi reçu une proposition de location, mais ce cheval, c’est beaucoup d’émotions pour moi et il me tient à cœur. J’aimerais donc mieux le garder, à moins de recevoir une offre que je ne puisse pas refuser. Ce cheval me permet de réaliser un rêve, comme par exemple courir ici à Dubaï.

Cette réussite avec Messi ne vous donne-t-elle pas des idées pour entraîner plus de chevaux ?

Oui, j’ai envie d’avoir plus de chevaux, même si mon travail m’oblige à être dans des hôtels la majeure partie de l’année, lorsqu’il n’y a pas le Covid. Mais je vais tâcher d’ajuster mon agenda pour pouvoir disposer de quatre à six chevaux à l’entraînement. Pas plus. Je suis également très intéressé par le préentraînement car on peut travailler tranquillement, avec moins de pression. Ce matin, je viens d’acheter un cheval aux ventes de Deauville pour la somme de 10.000 €, une pouliche pur-sang anglais par Teofilo, qui s’appelle Britannia. Les résultats de Messi m’ont encouragé. J’espère qu’il va encore pouvoir courir un an avant de devenir étalon.