André Pommerai, éleveur de "stars"

Élevage / 21.02.2021

André Pommerai, éleveur de "stars"

Par Emmanuel Rivron

Facile vainqueur à Naas le 13 février, pour sa première sortie en Irlande, Gentleman de Mée a mis en avant l’élevage mayennais d’André Pommerai, également naisseur et propriétaire du prometteur Garkapstar.

Difficile de faire plus produit maison que Gentleman de Mée (Saint des Saints), puisque sa quatrième mère, Furciole (Urf), est née en 1971 dans les prés de la famille Pommerai, à Mée (53), comme nous l’a confirmé André : « C’est mon père qui a construit la souche. Il a commencé avec du bas de gamme mais a constamment amélioré la lignée pour en arriver là. Il avait croisé Kityciole (Liliciole) avec un anglo-arabe, Urf (Dan II), qui était basé non loin de la maison. De là, est née Furciole. Le modèle d’Urf devait sûrement plaire à mon père. Il ne regardait pas que le papier : l’étalon devait avoir du modèle. Je n’écoutais pas trop ce conseil au départ mais j’ai l’impression qu’il avait raison ! Il en faut du temps pour ramener du physique. »

De deux à dix poulinières. Suite au décès de son père et désormais agriculteur retraité, André Pommerai a décidé de rassembler les deux élevages : « J’ai longtemps eu une ou deux poulinières mais, maintenant que nous n’avons plus ni bovins, ni poules pondeuses, ce n’est que du plaisir avec les chevaux. Il faut du temps pour mettre tout cela en route. Les poulains et pouliches sont élevés sur les anciennes terres de mon père qui sont restées dix ans sans voir le moindre cheval, volontairement. Pour faire tourner l’élevage, il faut vendre des produits. Un par an est l’idéal. Sinon, nous essayons de valoriser le cheval en compétition.

Confiance aux bons étalons. As de Mée (Kapgarde), frère utérin de Gentleman de Mée, a été vendu 200.000 € à Arqana après une victoire et deux places en trois sorties en plat, en France : « As de Mée a notamment gagné à Aintree après son exportation. J’ai connu pas mal de réussite quand j’ai fait appel à Kapgarde (Garde Royale). Il fait de beaux poulains dans l’ensemble, avec du modèle. Pour le croisement de Gentleman, j’ai présenté Kœur de Mée (Vidéo Rock) à Saint des Saints (Cadoudal). Je ne définis pas de budget pour les étalons. Quand j’ai des juments qui conviennent, je vais aux bons étalons. Nous sommes sûrs de les vendre quand les produits sont issus de bons étalons. Mais je ne cours pas après les acheteurs pour vendre mes produits. »

De tonitruants débuts irlandais. Preuve en est l’intérêt porté par Paul Basquin qui s’est retrouvé dans la cour d’André Pommerai un soir d’automne 2016, pour y découvrir Gentleman de Mée : « Dans un premier temps, il le trouvait petit, mais Gentleman était né tard, au début du mois de juin. Il avait trois mois de moins que ses contemporains et le deal s’est finalement fait. » Deuxième à Senonnes et à Compiègne, ce représentant de la casaque Génétique Obstacle passe alors aux ventes Arqana où il atteint la somme de 280.000 €. Lors de sa première en Irlande, après 460 jours d’absence, il s’est imposé avec la manière. Le protégé de Willie Mullins pourrait maintenant prendre la direction du Ballymore Novices Hurdle (Gr1).

Garkapstar, nouvelle star ? Pour perpétuer la longue lignée familiale, André Pommerai peut désormais uniquement compter sur une fille de Kœur de Mée, Fée de Mée (Lauro), lauréate des Guilledines (Gr3). Dernier produit de Kœur de Mée, morte après ce poulinage, Invincible de Mée (Authorized) devrait être vu en compétition ces prochains mois. Mais la casaque violette de l’éleveur mayennais devrait surtout se mettre en valeur ces prochaines semaines via le prometteur Garkapstar (Kapgarde) : « J’ai élevé sa mère (Vertical Speed) et sa grand-mère, Kali Star (Tagel). Elles proviennent de la bonne famille des Van den Broele, à l’image de Voiladenuo (Network). C’est une bonne souche mais les chevaux couraient surtout en plat. C’est la raison pour laquelle j’ai ramené les qualités sur l’obstacle de Kapgarde. Beau modèle, Garkapstar saute bien. Il a passé quelques semaines à la maison cet hiver. Il s’est endurci. Les chevaux de l’élevage ont du modèle généralement et il faut donc leur laisser du temps. J’avais été tenté de présenter Garkapstar aux ventes en fin d’année dernière mais, dans ce contexte, je me suis dit que j’allais finalement le garder. Nous avons besoin de vendre mais j’aimerais aussi voir mes couleurs briller dans de belles épreuves sur Auteuil. »