FRANCIS MONTAUBAN, PREMIER PROPRIÉTAIRE DE FRODON, A AUSSI CONNU LA RÉUSSSITE AVEC LES PUR-SANG ARABES

04.02.2021

FRANCIS MONTAUBAN, PREMIER PROPRIÉTAIRE DE FRODON, A AUSSI CONNU LA RÉUSSSITE AVEC LES PUR-SANG ARABES

Il fut le premier propriétaire de Frodon, lequel a défrayé la chronique anglaise. Et pendant les récentes vacances de Noël, Francis Montauban a encore connu la réussite... Un chapitre de plus dans son exceptionnelle odyssée hippique.

Peu de propriétaires et d'éleveurs français peuvent se prévaloir de son palmarès. Jugez plutôt. En 2018, le sauteur Terrefort (Martaline) a offert un troisième Gr1 à Francis Montauban en tant qu'éleveur, après la lauréate classique Torrestrella (Poule d'Essai des Pouliches) et le cheval d'obstacle Lingo (Tolworth Hurdle). Mais il aussi élevé un très bon 2ans en Penny's Picnic (Kheleyf), lequel a remporté le Critérium de Maisons-Laffitte (Gr2) et le Prix Eclipse (Gr3). Ce n'est pas fini ! Francis Montauban est aussi coéleveur du pur-sang arabe Kahzo (Dormane), gagnant du Prix du Président des Émirats Arabes Unis (aujourd'hui Gr1 PA), et de l'anglo-arabe Synaptique (Saint des Saints), troisième du Prix Ferdinand Dufaure (Gr1) face aux pur-sang anglais. Tout en sachant que Francis Montauban n'a fait saillir que quatre juments par saison ces dernières années !

Une casaque de rêve. L'homme du Sud-Ouest est l'un des rares propriétaires français à avoir gagné des Grs1 sur les obstacles hors de France, avec Tempo d'Or (lauréat de Gr1 à Chepstow et à Merano) et surtout avec le mythique Jair du Cochet (gagnant de Gr1 à Kempton). Un cheval qui a fait la Une du Racing Post et qui est toujours très connu en Angleterre, près de 20 ans après sa dernière course. En 2018, nous avions demandé à Francis Montauban s'il était plus fort de gagner un Gr1 en tant qu'éleveur ou en tant que propriétaire. Il nous avait alors confié : « Sans hésiter en tant que propriétaire. Cela n'a rien à voir. À cinq reprises, mes représentants ont fait retentir la Marseillaise. Ce sont des moments inoubliables. Quand vous venez de gagner le Grand Steeple-Chase de Paris [avec Arenice en 1996 et El Triunfo en 1992] ou un Groupe à Cheltenham, cela vous donne les larmes aux yeux. Vous pensez à votre famille. C'est très fort. Après la victoire d'Arenice dans le Grand Steeple, Guillaume Macaire et moi-même étions totalement transportés. À cet instant, vous avez l'impression qu'il ne peut plus rien vous arriver. C'est une plénitude absolue. » Et ce mercredi, il nous a confié : « L'élevage, c'est ma grande passion. Mais gagner avec sa casaque, c'est le top du top. » Il poursuit : « J'ai eu une chance incroyable. Entre deux Grands Steeples, j'ai gagné la Grande Course de Haies d'Auteuil (Gr1) en 1995 avec Matchou (Matahawk). Je ne sais pas expliquer cela. J'ai toujours eu un petit effectif. La chance fait partie de la vie. »

Les anglo-arabes et la famille. Cette même casaque jaune et noir a aussi beaucoup brillé avec les anglo-arabes ces dernières années, notamment avec Frisson Bleue (Frisson du Pecos), Paban de France (Benevolo de Paban) ou encore Fifty du Pecos (Carghese des Landes). Lorsqu'on lui remarquer que la chance qui se répète… ce n'est pas plus de la chance, Francis Montauban répond : « Si je dois me reconnaître une seule qualité, c'est celle de savoir déceler assez vite le cheval qui ne sera pas bon. De l'extérieur, on ne voit que les réussites. Moi je me souviens aussi de tous mes échecs ! Et ils ont été nombreux… Tout en sachant que j'ai besoin de gagner des courses et de vendre des chevaux pour financer cette passion. » Au sujet de la naissance de sa passion, il précise : « Gamin, j'allais à la Cépière – l’hippodrome de Toulouse – avec mon oncle ou grand-père. J'ai toujours suivi les courses. À 15 ans, j'avais déclaré que je serais un jour président de la Société des courses de Toulouse. Et c'est ce qui est effectivement arrivé bien plus tard… Le jour où j'en ai eu les moyens, je suis passé des sports équestres au galop ! » L'avenir, c'est aussi la transmission de la passion. « Aujourd'hui, je suis très heureux de voir que mes petites-filles aiment les chevaux et suivent les courses. Elles sont co-naisseurs de l'anglo-arabe Petrovna (No Risk At All), gagnante de deux courses en 2020 ! »

L'histoire de Frodon. En remportant les King George VI Chase (Gr1) il y a peu, Frodon (Nickname) est entré dans l'histoire des courses anglaises. Son succès a eu un retentissement phénoménal. L'histoire remonte à la vente de décembre 2012. À cette époque, les premiers produits de Nickname (Lost World) ne sont âgés que de 2ans : il était difficile de prévoir leur réussite à venir. Francis Montauban nous a confié mercredi : « L'agence Fips m'a acheté deux foals pour 18.000 € l'unité. Leurs origines me plaisaient, mais je n'étais pas sur place. Sur le coup, je n'étais pas très content, car j'avais mis 30.000 € comme limite. Ces deux poulains, c'était Frodon et Sanpaco (Saint des Saints), ce dernier s'annonçant comme un phénomène à l'entraînement. Au départ, c'est d'ailleurs Sanpaco qui devait courir le Prix Grandak. Mais il s'est blessé. Forcément, je n'étais pas très content et Guillaume Macaire m'a proposé d'engager Frodon. Face à ma perplexité, il m'a convaincu que ça allait bien se passer. Et Frodon a gagné devant Punch Nantais (Puit d'Or)… Il a ensuite couru cinq fois sous mes couleurs. J'ai ensuite cédé face à des offres très conséquentes et le cheval a connu une carrière exceptionnelle en Angleterre. Lorsqu'il a gagné à Kempton, j'ai pensé à Jair du Cochet car il était tombé dans cette course en 2003, alors que j'avais fait le déplacement jusqu'en Angleterre. La victoire de Frodon fut un grand moment de sport. Je suis ravi pour le cheval. Mais bien sûr j'aurais préféré qu'il gagne en jaune et noir. Tout comme Torrestrella dans la Poule… J'étais donc heureux et malheureux à la fois. Je m'associe d'ailleurs rarement car j'aime courir sous mes couleurs. »