Godolphin Flying Start : Marine Moussa, un rêve bien réel

International / 21.02.2021

Godolphin Flying Start : Marine Moussa, un rêve bien réel

Marine Moussa est l’une des deux Françaises, avec Solène Hudbert, à avoir intégré cette année le Godolphin Flying Start. Elle raconte ses premières semaines au sein de cette formation.

« J’ai toujours été entourée par les chevaux. J’ai commencé en centre équestre à l’âge de 6 ans et à partir de ce moment-là, je suis devenue passionnée. Petite, j’allais parfois aux courses à Saint-Cloud mais cela restait pour moi un milieu très nouveau et je ne pensais pas poursuivre une carrière dans les courses jusqu’à ce que… J’effectuais un stage en Normandie dans un élevage bovin, dans le cadre de mon cursus d’ingénieur agronome, et je logeais dans un haras voisin. Un soir, j’ai assisté à un poulinage et j’ai eu le coup de cœur. Quand l’assistante d’élevage du haras m’a dit qu’elle était diplômée de la même école que moi, j’ai compris qu’avec mon cursus, je pouvais poursuivre une carrière dans le milieu des courses et vivre de ma passion pour le cheval. J’ai eu la chance de pouvoir faire ma dernière année d’école en alternance au haras où ma révélation avait eu lieu : les Aga Khan Studs. Monsieur Georges Rimaud et son équipe m’ont fait confiance et ont fait naître en moi cette passion pour les courses. Une fois diplômée, je suis partie un an aux États-Unis, à Lane’s End, puis encore un an en Australie pour me faire la main avec les yearlings à Segenhoe Stud, et découvrir l’entraînement en travaillant pour Gai Waterhouse et Adrian Bott.

Je ne suis pas du sérail, comme on dit, mais pendant trois ans, j’ai eu la chance d’être entourée par des personnes inspirantes et bienveillantes, des mentors qui ont su me guider. Plus je découvrais la filière, et plus je voulais apprendre, rencontrer des gens et connaître leur parcours. De plus, j’ai toujours été inspirée par le leadership et comment des visionnaires innovent et impactent positivement leur communauté.

Un formidable tremplin. Le Godolphin Flying Start regroupe tout cela et c’est ce qui m’a motivée à intégrer le programme. C’est une formation unique, qui nous fait découvrir tous les aspects de la filière à travers le monde, qui nous permet d’accroître nos connaissances et compétences en apprenant des plus grands professionnels. Je savais que ce programme serait un tremplin qui me donnerait les bons outils pour poursuivre une carrière et contribuer positivement au développement de la filière.

Avec les onze autres étudiants, nous avons commencé en août 2020 la première phase qui a lieu en Irlande, à Kildangan Stud. J’ai pu m’initier au débourrage des yearlings, comprendre le secteur économique équin, apprendre en détail la physiologie du pur-sang grâce à au module vétérinaire de l’Université de Dublin et enfin faire ma première conférence sur une nouvelle façon d’aborder le propriétariat en Irlande par les microshares.

Les restrictions liées à la Covid-19 ont fait que les cours et la conférence se sont déroulés virtuellement mais l’avantage des nouvelles technologies est que nous avons pu présenter notre projet à un plus large panel de professionnels.

Premier canter au Curragh. Puis de novembre à décembre, nous avons commencé virtuellement la phase anglaise. Cela ne nous a pas empêchés de nous immerger dans le secteur britannique grâce aux multiples rencontres telles que Charly Appleby, Roger Varian, Tattersalls, le Jockey Club, Weatherbys. Étant basés en Irlande, nous avons participé aux ventes de novembre à Goffs et j’ai eu la chance de travailler pour Bill Dwan de The Castlebridge Consignment. Un de mes moments préférés de cette phase a été notre semaine à Race (Racing Academy and Center of Education), à Kildare, où j’ai pu apprendre à monter un cheval de course et faire un canter au Curragh.

Actuellement, nous avons commencé la phase américaine, qui est aussi la dernière de la première année du programme et qui dure six mois, de janvier à juillet. Pour l’instant nous avons commencé la phase virtuellement en Irlande en attendant la levée des restrictions de voyage liées à la Covid-19. Dans le but de nous immerger dans la filière américaine, nous avons un programme de mentors pour chacun des douze étudiants. Les mentors sont des anciens élèves du Godolphin Flying Start qui partagent avec nous leur expérience et leur expertise. Mon mentor est Kelsey Riley, rédactrice pour le Thoroughbred Daily News et, chaque semaine, nous échangeons sur le secteur américain pour comprendre son fonctionnement et ses enjeux. De plus, nous suivons les cours de nutrition équine du Dr Lawrence de l’Université du Kentucky, ainsi que les différents modules du programme comme la finance et le droit. Nous rencontrons des intervenants passionnants tels que l’entraîneur Mark Casse, Tom Ryan de SF Bloodstock, Reed Ringler de Fasig-Tipton ou encore Pat Cummings de Thoroughbred Ideas Foundation.

C’est passionnant de discuter avec eux des changements actuels aux États-Unis concernant la médication avec Hisa (Horseracing Integrity and Safety Act). Enfin, nous effectuons des rotations au sein des haras Godolphin, Baroda Stud et Oghill Stud, où nous alternons avec les étalons, les juments et garde de nuit pour les poulinages. J’ai adoré travailler avec les étalons à Kildangan Stud et j’ai d’ailleurs eu une petite préférence pour Earthlight et Ghaiyyath ! »