Grand Cross de Pau : Uniketat, au bout de l’émotion

Courses / 07.02.2021

Grand Cross de Pau : Uniketat, au bout de l’émotion

Pau, dimanche

« C’est la pire ligne droite de ma vie ! » Hector de Lageneste, coentraîneur d’Uniketat (Vision d'État) avec Guillaume Macaire, a souffert dans la ligne droite du Grand Cross de Pau (L). Après 6.300m et trente obstacles, le représentant de Véronique Berquand et d'Hector de Lageneste s’est imposé d’une courte tête face à l’excellent finisseur Lucky Net Love (Network). Cela fait un an qu’Hector de Lageneste façonne Uniketat en pensant au Grand Cross. L’objectif est atteint pour lui et son entourage qui ont réalisé un travail d’orfèvre. Une manière pour lui d’entamer de la meilleure des manières sa nouvelle collaboration avec Guillaume Macaire.

Un premier Grand Cross pour Hector de Lageneste. Le jeune professionnel (désormais Royannais) a signé sa première victoire dans un Grand Cross avec le tout premier cheval qu’il a façonné en vue de cette course. Son pensionnaire a sauté à la perfection, avec son style pour affronter les passages de route qu’il franchit quasiment comme des obstacles normaux. Il a évolué en cinquième position, avant de venir escorter Denalie Bellevue (Full of Gold) au premier passage de la banquette de Bordeaux puis de prendre les commandes après le gros passage de route. Il a mené à sa main, et au dernier franchissement des passages de route, il s’est sauvé prenant plusieurs longueurs. Dyams d’Anjou (Ballingarry) était dans son sillage, avec des ressources. Bomari (Nidor) qui le suivait, lui aussi avec énormément de ressources, est tombé à ces fameux passages. Après la dernière haie, Uniketat avait un confortable avantage, mais dans les cent derniers mètres, Lucky Net Love a fondu sur lui et le fils de Vision d'État a été sauvé par le gong.

Un rêve qui se concrétise. Rencontré dans le rond des vainqueurs avec ses enfants, Côme et Castille, Hector de Lageneste nous a déclaré : « Je ne réalise pas vraiment encore… Ce Grand Cross était l’objectif d’Uniketat depuis un an. Tout s’est parfaitement déroulé dans le parcours, mais j’ai souffert dans la ligne droite. Durant la course, il n’a pas fait d’efforts, venant en tête, et il s’est montré très courageux. Nous aurions pu passer du rire aux larmes quelques mètres après le poteau. Le cheval est encore jeune, il découvrait le parcours, il ne faut pas l’oublier. C’est superbe de gagner le Grand Cross de Pau ! C’est une épreuve mythique qui m’a toujours fait rêver. Le cheval était là pour gagner, je ne voulais pas qu’il y ait d’excuses. Peut-être qu’il a pris la tête trop tôt, je ne sais pas, mais il s’est imposé. J’espère qu’il va progresser là-dessus, ou au moins se consolider sur ce succès. Il a fini sa saison et va décompresser à Pau avant de partir en vacances. »

Une propriétaire émue. Depuis qu’Uniketat défend les couleurs de Véronique Berquand, il a remporté six courses, dont le Grand Cross palois, l’un des morceaux de l’obstacle français. Elle nous a dit : « Je suis très émue. Nous avons souffert à la fin ! Uniketat est un cheval très gentil qui apprend vite. À chaque fois qu’il a découvert de nouveaux obstacles de cross, il les a très bien franchis. Aujourd’hui, il changeait de jockey, mais Felix [de Giles, ndlr] le connaissait pour l’avoir monté en début de carrière. Le cheval affrontait la distance pour la première fois et il a relevé le défi. Il ne nous apporte que des satisfactions. Sa force est qu’il a confiance en lui. J’ai du mal à réaliser… »

Enfin le Grand Cross pour Felix de Giles ! Tout au long de l’hiver, Felix de Giles a remporté de nombreux cross au Pont-Long. Mais il lui manquait un Grand Cross de Pau à son palmarès. Il l’a finalement obtenu avec un cheval qu’il montait en remplacement d’Alain de Chitray, mis à pied. Il a déclaré : « Je gagne beaucoup de cross durant l’hiver, mais jamais les bons cross. J’ai pris la tête plus tôt que prévu car j’ai gagné du terrain sur mes obstacles. Je connaissais très bien Lucky Net Love, mais le mien a été courageux jusqu’au poteau. Je suis très content pour Hector et monsieur Macaire. Uniketat est un très bon cheval, qui est un peu léger et j’ai un peu peur quand ça colle beaucoup avec lui. Mais il a beaucoup de qualité. Il n’a que 6ans, mais il a de l’expérience à Pau donc c’est un avantage. »

Lucky Net Love arrive à son zénith. Excellent deuxième de l’une des préparatoires, Lucky Net Love a livré la meilleure prestation de sa carrière en se classant deuxième, battu de peu pour la victoire. Son jockey, James Reveley, l’a laissé tranquille dans le parcours, même quand il perdait du terrain et ça lui a permis de revenir finir fort. Son entraîneur, Emmanuel Clayeux, nous a dit : « Je suis content. Lucky Net Love est un cheval qui a beaucoup de tempérament : aujourd'hui, il n'avait pas la même attitude qu'en dernier lieu. On voyait qu'il n'avait pas de gaz, il était contrarié, peut-être à cause du terrain. Mais comme James le connaît, il n'a pas insisté et s'est contenté de suivre la course, de subir un petit peu. C'est ce qui fait qu'il a fini très vite. Il a vraiment un finish exceptionnel. Comme quoi, c'est important de connaître les chevaux ! James savait que le cheval pouvait se comporter ainsi, et il ne s'est pas affolé. C'est une belle performance, car on ne pensait pas au départ l'amener à un tel niveau. Il s'améliore avec l'âge, c'est prometteur. » Son copropriétaire, Paul Couderc, nous a dit par téléphone : « Je tiens à souligner le professionnalisme d’Emmanuel Clayeux et de toute son équipe car Lucky Net Love n’est pas simple. J’y croyais beaucoup avant la course. »

Des regrets légitimes dans l’entourage de Blason d’Or. Deuxième du Grand Cross palois en 2020, Blason d’Or (Nidor) a conclu troisième cette année. Après avoir patienté au centre du peloton, il a été gêné au dernier passage de la banquette de Bordeaux, faisant une faute sérieuse. Malgré cela, il s’est relancé, concluant honorablement à la troisième place. Son mentor, Gaby Leenders, nous a déclaré : « Je suis très content du cheval. C'est dommage qu'un adversaire lui ait complètement coupé la route sur la banquette de Bordeaux, où il a fait une grosse faute. Je pense qu'on aurait lutté avec Uniketat, mais c'est comme ça. Dans ce terrain-là, ce sont des choses qui coûtent très cher. Mais le cheval court très bien. Il n'a pas eu la préparation adéquate, et ce sont des petits détails qui font la différence. Je suis très content pour Hector, qui conclut sa carrière d'entraîneur en solo de la plus belle des manières. » Des regrets, il y en aura aussi dans l’entourage de Bomari. Le protégé de William Menuet galopait librement en deuxième position, tout près d’Uniketat, quand il a laissé trainer légèrement son arrière-main au passage de route, chutant à la réception de cet obstacle. Quand on sait qu’il avait dominé Lucky Net Love dernièrement, c’est vraiment rageant !

Pour son premier Grand Cross de Pau, il faudra se souvenir de la très belle ligne droite de Fayas (Poliglote) qui a conclu quatrième.

Le frère de Lady d’Ogenne et d'Océan Austral. Élevé par Jean Contou-Carrère et Yves Broca, Uniketat est un fils d’Ahombros (Mansonnien), une jument inédite qui a déjà produit Lady d’Ogenne (Sassanian), lauréate du Grand Steeple de Craon (L) et deux fois deuxième de cette course, ainsi qu’Océan Austral (Antarctique), deuxième du Prix Triquerville (L) et gagnant du Grand Cross de Fontainebleau. En 2019, elle a donné naissance à une femelle de Great Pretender, et en 2020 à un mâle par Kamsin.

Deuxième mère d’Uniketat, Puerta Grande (Lesotho) a gagné sur les haies de Châteaubriant. C’est la famille d’Elling (Ela Mana Mou), deuxième du Prix Renaud du Vivier (Gr1), vainqueur du Prix Achille-Fould (L).

 

 

 

Smadoun

 

 

Chichicastenango

 

 

 

 

Smala

 

Vision d'État

 

 

 

 

 

Garde Royale

 

 

Uberaba

 

 

 

 

Île d’Amour

UNIKETAT (H6)

 

 

 

 

 

 

Tip Moss

 

 

Mansonnien

 

 

 

 

Association

 

Ahombros

 

 

 

 

 

Lesotho

 

 

Puerta Grande

 

 

 

 

Sterling Love