Jacques Rossi : « Je suis rassuré »

Courses / 12.02.2021

Jacques Rossi : « Je suis rassuré »

Le président de la Société hippique de Marseille nous a livré son sentiment sur l’avenir de Borély.

Jour de Galop. - Une réunion a eu lieu cette semaine au sujet de Borély. Qu’en est-il ressorti ?

Jacques Rossi. - Mardi, avec trois membres du conseil d’administration – Martine Codde, Kamel Chehboub et Serge Tardy –, nous avons rencontré notamment le maire de secteur. Même si rien n’a été signé pour l’instant, cette réunion a été très positive et nous donne de l’espoir. Je suis rassuré et même très confiant sur le fait que notre bail, qui s’arrête dans un an, va être renouvelé. Cela devrait se régler d’ici à fin juin et nous devrions donc avoir encore quelques années devant nous, entre deux et cinq ans, le temps d’établir un projet correspondant aux volontés de la ville. Marseille-Borély va donc perdurer encore.

Pourquoi un tel revirement de situation ?

Martine Vassal [étiquette LR, ndlr], qui était candidate à la mairie de Marseille, ne comptait pas sur Borély. Elle voulait le détruire et s’inscrivait pleinement dans la décision du conseil municipal sortant de ne pas renouveler notre bail. Sauf qu’elle a perdu les élections [elle a été battue dans son fief, "le 6-8", les sixième et huitième arrondissements, là où se trouve l’hippodrome, ndlr] et je pense que les élus ont compris l’attachement des Marseillais pour un hippodrome qui fait partie de leur patrimoine. Le nouveau maire, M. Benoît Payan [groupe socialiste écologiste, ndlr], a succédé à Mme Michèle Rubirola, qui a démissionné pour raisons de santé après son élection. Et Benoît Payan a une vision des choses différentes. Il ne s’est jamais prononcé clairement sur le sujet, mais sa stratégie est la suivante. Tout d’abord, il s’est engagé à ne pas bétonner davantage la ville. Ensuite, ils veulent que nous construisions ensemble. Dans ce sens il a enclenché des études pour voir de quelle manière un projet multi-activités englobant l’hippodrome pourrait voir le jour. Reste à nous désormais de leur proposer un avenir meilleur pour l’hippodrome.

Les bons résultats de l’entraînement marseillais ont-ils joué selon vous ?

Oui, j’en suis persuadé. Et ils sont sensibles également au fait que la disparition de Borély entraînerait celle des courses à Marseille et détruirait beaucoup d’emplois. Comment pourrions-nous faire sans notre hippodrome, qui est pôle national ? Tout basculer à Vivaux, qui est pôle régional, serait impossible. Ce serait réduire à néant tous les efforts entrepris par les différents acteurs marseillais des courses ces dernières années. Comme je le dis souvent, préserver Borély est vital pour préserver la filière.

Néanmoins beaucoup de bruits circulent autour des projets à Marseille, notamment une possible vente du stade Orange Vélodrome, qui impliquerait la cession d’autres sites comme l’hippodrome de Borély pour que le parc Chanot et le parc Borély forment un grand ensemble. N’avez-vous tout de même pas quelques craintes pour la suite ?

Concernant ces différentes rumeurs, je ne suis pas dans le secret des dieux. Tout le monde sait que la cession de certains sites rapporterait beaucoup d’argent à la ville. Si cela s’avérait exact, Borély serait-il concerné ? Je n’en suis vraiment pas sûr. Comme nous l’avons rappelé lors de notre réunion, il ne coûte rien à la ville. Strictement rien. Au contraire, à la différence d’autres sites, il rapporte de l’argent. Nous payons un loyer conséquent et il faut savoir que nous réglons également la taxe foncière et que la municipalité ne nous reverse rien de la loi Myard. Tout ça mis bout à bout représente tout de même 580.000 € en faveur de la mairie. Par les temps qui courent, ce n’est pas rien.