L’art de la patience avec Ateem

Courses / 28.02.2021

L’art de la patience avec Ateem

François Monfort a réalisé l’un des meilleurs meetings cagnois de l’écurie familiale avec, cerise sur le gâteau, le succès d’Ateem dans la première étape du Défi du Galop, le Grand Prix du Département 06 (L).

Par Emmanuel Rivron

Jour de Galop. – Comment avez-vous vécu à distance la victoire d’Ateem dans le Grand Prix du Département 06 (L) ?

François Monfort. – Ce Grand Prix était son objectif du meeting. Nous avions tout fait pour qu’Ateem (Dark Angel) soit au mieux. Il avait effectué une rentrée sage et venait de gagner facilement. Il est donc arrivé au top le jour J. Tout s’est bien passé avec une course rythmée qui nous a aidés. Malgré cela, il s’est montré très allant. Pendant la course, je n’en menais pas large ! Je sais qu’il est très bon, mais tirer comme il l’a fait pendant le parcours face à un tel lot, ce n’est jamais bon signe. Malgré cela, il y a eu lui et les autres dans la phase finale. Il est reparti sous l’attaque de Brokeback Mountain (Le Havre) et n’était pas non plus en fin de course au passage du poteau. Il n’a pas volé sa victoire, au contraire.

Avant d’arriver à Senonnes, il avait couru douze fois en Grande-Bretagne, avec un seul succès à son actif. Comment est-il arrivé dans votre effectif ?

Je l’avais acheté aux ventes de Newmarket à l’automne 2018. C’était un magnifique cheval qui avait réalisé de bonnes performances entre 1.400m et 1.600m. Étant donné sa manière de courir, je trouvais que ce n’était pas trop sa distance. Le cheval était parfait physiquement. Je ne pensais pas l’avoir, d’autant qu’il avait fait 150.000 € deux ans plus tôt aux ventes de yearlings Arqana. Je le voyais donc partir à un prix beaucoup trop haut pour moi mais nous l’avons eu pour 7.000 Guinées. C’est un Dark Angel (Acclamation) mais il est à l’opposé des Dark Angel, qui sont plutôt des chevaux de vitesse.

Quelles premières impressions vous avait-il laissées à l’entraînement ?

Il est arrivé "vidé" chez moi et avait besoin de retrouver le moral. Il a couru, puis est reparti au pré, et cela à plusieurs reprises. Nous devions également trouver les bons boutons, qui ne sont d’ailleurs pas encore forcément réglés comme il faut. Ateem possède encore des séquelles de son début de carrière en Angleterre. Au début, il était très allant, très voleur, sur le centre d’entraînement de Senonnes, mais tout se passe très bien désormais. Comme il n’est pas très émotif, cela ne le dérange pas de passer de Senonnes à Cagnes durant l’hiver. Il nous a fallu beaucoup de temps pour l’amener à ce niveau. La patience a porté ses fruits. Il faut absolument féliciter ses propriétaires qui ont vraiment joué le jeu.

Pourquoi l’aviez-vous présenté deux fois à réclamer en début de carrière française ?

Ateem n’avait pas trop le choix des engagements et, sur ce qu’il venait de faire, il n’y avait pas de quoi susciter l’enthousiasme des acheteurs. Nous l’avions quand même défendu à chaque fois. Nous devions passer par là pour le remettre un peu dans le droit chemin. Ateem a bien progressé au fur et à mesure des années. Quand je l’ai acheté, je n’avais pas l’ambition de le voir à ce niveau-là.

Quel va être son programme désormais ?

Je vais essayer sur 2.000m-2100m, pour voir comment il se comporte. Je vais en discuter avec ses propriétaires, mais nous allons probablement privilégier les étapes du défi sur ce créneau. Maintenant qu’il est un peu plus posé, il sera mieux dans son rythme. Il pourrait alors imposer son rythme et écœurer ses adversaires. Puisqu’il est dur, il pourrait aller au bout. Cela dit, nous n’en sommes pas encore là. Déjà, nous allons le laisser rentrer à Senonnes et nous aviserons après.