Suite des réactions des acteurs des courses : David Powell : « Quelques avantages… mais bien davantage d’inconvénients »

Courses / 13.02.2021

Suite des réactions des acteurs des courses : David Powell : « Quelques avantages… mais bien davantage d’inconvénients »

Suite des réactions des acteurs des courses

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David Powell : « Quelques avantages… mais bien davantage d’inconvénients »

« J’ai suivi avec attention les commentaires, pour la plupart avisés et intéressants, sur la proposition des courses-école, à la suite des débuts un peu "soft" de Dar Toungi.

Il est évident que le cheval est compliqué, ce qui n’étonnera personne : il se bat contre la main du jockey pendant assez longtemps, queue encore en panache à la sortie du tournant, tâche compliquée pour le jockey dans une course verrouillée par le gagnant qui a imposé son rythme (bien joué PC !).

Cela dit, comme l’admet l’entourage, le film de la course "ne leur est pas favorable" et sans doute quelques sollicitations sans rudesse auraient permis de finir plus près du troisième.

Nous avons tous connu des chevaux dont la mauvaise expérience en débutant a gâché la carrière de manière irrémédiable, c’est indéniable.

Mais ce n’est pas une raison pour faire comme nos politiques, et légiférer en réaction à chaque fait divers.

Les courses-école auraient quelques avantages mais bien davantage d’inconvénients, bien plus importants, qui ont été soulevés à juste titre par divers intervenants, d’autant plus que chez nous, toute mesure révèle très rapidement ses effets pervers, parfois insoupçonnés…

Faut-il surréagir par rapport à un cas de maladresse isolé et, plutôt que de créer encore une "usine à gaz" avec ses conséquences inconnues, ne serait-il pas plus simple :

– d’interdire de lever la cravache ("l’arme du faible" comme disait André Adèle) dans toutes les courses d’inédits — cela préparerait une éventuelle interdiction de le faire dans toutes les courses de 2ans par la suite, si nous y venons, et n’empêchera pas les meilleurs d’être à l’arrivée ; le port de la cravache est indispensable en course, je parle de l’interdiction de lâcher une rêne ;

– de ne pas faire monter des débutants par des apprentis ("à jeune cheval, vieux cavalier, à jeune cavalier, vieux cheval"). Doser l’effort d’un poulain de manière à ce qu’il conserve sa chance de vaincre sans le punir, tout comme l’encadrer uniquement aux bras, demande de l’expérience…

– on peut aussi envisager, comme au trot, que les entraîneurs donnent un émoji ou une couleur (vert - orange - rouge ?) pour les partants inédits. Cela dit, il faut avoir le droit de se tromper (comme nous tous !) et ne pas subir les foudres des médias et réseaux sociaux si un débutant court mieux que l’on craignait, ou moins bien que l’on espérait !

Rappelons que les courses Afasec avaient pour but de faire débuter des apprentis, pas les chevaux...

Si l’on veut encourager les jockeys à soutenir leurs chevaux jusqu’au poteau, il serait bien plus efficace de payer jusqu’à la septième place dans toutes les courses au lieu d’indemniser les frais de déplacement. Au moins, cela serait la rétribution d’une performance, même modeste, plutôt que de l’assistanat, avec les abus connus. »