Vente de février Arqana : un galop d’essai à suivre de près

Institution / Ventes / 14.02.2021

Vente de février Arqana : un galop d’essai à suivre de près

La vente mixte de février Arqana a une dimension à la fois de service et d’opportunités. Après une année record en 2019, boostée par la dispersion des effectifs d’Issam Farès et de la marquise de Moratalla, la vacation 2020 avait retrouvé un niveau semblable à l’avant 2019… Mais le ciel ne nous était pas encore tombé sur la tête. En 2021, la vente de février devra composer avec la Covid-19.

Sur le catalogue 2021, Ludovic Cornuel, directeur bloodstock d’Arqana, a dit : « Nous avons la dispersion des effectifs de Fabrice Petit et plusieurs lots présentés par le haras du Mont-dit-Mont. Marc Pimbonnet propose, pour la dispersion Fabrice Petit, un lot de quinze chevaux composés de bons performeurs comme Cleod’Or (Anodin), gagnant de Listed, ainsi que des 2ans inédits. On compte treize lots présentés par le haras du Mont-dit-Mont, dans lesquels nous pouvons citer Akemi (Foostepsinthesand), gagnante du Prix de la Cochère (L) et présentée pleine de Bated Breath, ou Riptide Wave, une fille de Pivotal présentée pleine de Belardo. En plus de cela, nous avons aussi quelques éléments qui sortent du lot : Lady Paname (Soldier of Fortune), gagnante de Gr3 aux États-Unis et placée de Listed en France, devrait être l’un des lots phares de la vente. On peut aussi citer Jet Setteuse (Makfi), une placée du Prix Imprudence (Gr3) et du Prix La Camargo (L). » On note aussi dans le catalogue le lot 126, une saillie sans garantie de New Bay. On a l’habitude de voir des parts d’étalons en vente lors des ventes publiques, des saillies avaient déjà été proposées sur Arqanaonline, et Arqana avait aussi vendu des saillies dans le cadre de la lutte pour Nonant--le-Pin. Des saillies d’étalon lors d’une vente "présentielle", c’est plus surprenant… Du moins au galop, puisque cela arrive au trot.

Des résultats constants sur les pistes. La vente mixte de février Arqana peut compter sur ses résultats constants et réguliers. On peut par exemple trouver dans l’hiver deauvillais des juments et poulinières dont la page a ensuite pris du relief, comme le rappelle Ludovic Cornuel : « Il y a des opportunités à tous les prix. Bien que cette vente ait une notion de service, elle a permis de révéler des performeurs de tout plan et dans toute catégorie, qu’il s’agisse de plat ou d’obstacle. En 2020, on peut citer Audarya (Wootton Bassett), dont la mère, Green Bananas (Green Tune), était passée sur le ring de la vente de février, tout comme Kruscyna (Ultimately Lucky), vendue pleine de Chacun pour Soi (Policy Maker) [quadruple lauréat de Gr1 outre-Manche et favori du prochain Champion Chase de Cheltenham (Gr1), ndlr], Dyanamore (Mt Livermore), la mère de la gagnante du Preis von Europa (Gr1) Donjah (Teofilo)… »

Les wild cards surtout pour l’obstacle. Le catalogue compte cinq wild cards, à profil obstacle. On connaît l’efficacité des wild cards Arqana, ces performeurs récents qui attirent l’attention : « Laskalin (Martaline) arrive après le meeting de Pau où il a remporté le Prix Bernard de Dufau (L). Citons aussi Hardi du Mesnil (Masterstroke), lequel s’est imposé pour ses débuts en obstacle, sur les haies, à Pau : c’est un cheval en devenir, frère de Gaillard du Mesnil (Saint des Saints), qui a gagné un Gr1 à Leopardstown il y a une semaine. »

Parmi les autres wild cards, on retrouve Meredith (Soldier of Fortune), laquelle arrive du meeting de Cagnes-sur-Mer. Début 2020, elle avait pris la deuxième place du Grand Prix de la Ville de Nice (Gr3) sur la Côte d’Azur. La 3ans Otambura (Kingman), placée en deux sorties à 2ans, présente un profil plat. La dernière wild card est une part de l’étalon Masked Marvel.

Les horaires de la vente mixte de février Arqana

Lundi 15 février : 10 h

Mardi 16 février : 10 h

Contraintes sanitaires pour les hommes… et les chevaux ! La Covid-19 est toujours bien présente en ce début d’année 2021 et Arqana doit continuer de composer avec, et toute l’expérience accumulée l’an passé. À cela s’ajoute la rhinopneumonie, qui impose des contraintes sanitaires pour les équidés. Éric Hoyeau, président directeur général d’Arqana, a commenté : « Sur les contraintes sanitaires pour les hommes, nous avons toujours les accords de sérieux avec la préfecture du Calvados, qui nous permet de continuer les ventes sur une base économique : on ne doit pas s’arrêter. Soyons donc respectueux des contraintes : nous avons montré depuis le mois de novembre que nous sommes en mesure de pouvoir imposer un protocole et que les acteurs de la filière le respectent. Il faut continuer à suivre cela. Il faut encore attendre un peu pour pouvoir profiter pleinement de Deauville, mais l’ambiance aux ventes est malgré tout bonne, même si j’ai la nostalgie du karaoké avant la vente de février pour lancer la saison : dès que nous le pourrons, nous referrons un karaoké ! Aux contraintes sanitaires humaines se sont rajoutées celles pour les chevaux, avec l’épidémie de rhinopneumonie qui touche le pays. Encore une fois, Arqana s’est adapté en exigeant un test PCR négatif à la rhinopneumonie. C’est essentiel, puisque l’on sait la concentration de chevaux au sein de l’établissement des ventes. Il faut donc respecter les critères imposés par France Galop. De plus, nous avons évidemment procédé à la désinfection des boxes car, il y a deux semaines, nous avons tenu la vente du Prix d’Amérique. Il y a des contraintes mais nous avons su les surmonter. »

La première vente française post Brexit. Un autre changement a eu lieu depuis décembre 2020 et la dernière vente Arqana : le Brexit est désormais là, avec son lot de contraintes et, parfois, de mauvaises surprises comme les incertitudes autour de la T.V.A. (qui ont trouvé réponse depuis). Éric Hoyeau explique : « Encore une fois, avec le Brexit, il est nécessaire de montrer notre adaptation. Nous avons cherché à anticiper les contraintes liées au Brexit, aussi bien pour la vente de février que pour toutes les ventes à venir : ce sera un excellent galop d’essai avec, évidemment, des réglages à prévoir tout au long de l’année. Nous continuons à faire preuve d’agilité et nous allons finir par croire que nous sommes assez bons à cela puisque nous arrivons à nous adapter aux différents défis ! Nous avons notamment passé un accord avec les transitaires, puisque les transporteurs doivent désormais être agréés pour aller au Royaume-Uni, tout comme les Britanniques venant vendre des chevaux en France. Nous nous préparons aussi sur la T.V.A., pour les importations temporaires, nous avons trouvé des formules. Nous avons monté une petite plateforme avec la Fédération des éleveurs, l'Ifce et France Galop pour récapituler tout ce qui est nécessaire en termes de procédures par rapport au Brexit. Tous les sujets sont pris à bras le corps pour assurer la fluidité du marché. »

Des acheteurs étrangers en présentiel ou virtuel. L’apparition des variants de la Covid-19 a poussé le gouvernement français à fermer davantage les frontières. Les acheteurs étrangers auront les moyens de trouver leur bonheur à Arqana malgré tout. Éric Hoyeau a dit : « Les acheteurs étrangers répondent présent à la fois sur place et online. Contrairement à l’Irlande et à la Grande-Bretagne, nous pouvons tenir la vente en présentiel : évidemment, la clientèle étrangère sera un peu moins présente que d’habitude sur place mais ceux qui ne sont pas là seront représentés pour les inspections et ils pourront ensuite prendre le relais pour les enchères online. Nous avons mis en place une petite cellule online pour répondre le plus rapidement possible à toutes les demandes d’agrément : c’est l’une de nos missions aujourd’hui [lire samedi, ndlr]. Nous avons eu de nombreuses demandes depuis 48 h. »

Arqana poursuit son virage technologique en 2021. Les contraintes peuvent se transformer en opportunité : les difficultés de déplacement liées à la Covid-19 ont obligé les entreprises à s’adapter et Arqana a pris le virage technologique via Arqanaonline. Un développement qui va se poursuivre en 2021, comme l’explique Éric Hoyeau : « Il ne faut jamais être défaitiste, mais plutôt trouver des relais pour que tout puisse fonctionner. Le développement de l'online nous pousse à nous adapter sur ce genre de choses pour le futur. Le système a prouvé l’an passé qu’il fonctionnait, mais nous allons continuer à apporter des améliorations. Ainsi, au printemps, nous accueillerons un responsable service information dont la mission sera de poursuivre l’amélioration de la partie technologique et digitale. Nous avons un beau programme de développement sur lequel nous reviendrons au cours de l’année, quand la personne en charge sera arrivée. »

Côté "mercato" Arqana, Alix Choppin, directrice marketing et business développement, va quitter l’entreprise – du moins en partie –, suite à la vente de février. Éric Hoyeau a détaillé : « Alix Choppin reprend sa liberté mais sera en mesure de continuer à travailler pour nous, en externe, sur des tâches du côté du développement. Elle poursuivra son travail sur la clientèle extérieure au monde des courses. Alix conserve donc son lien avec Arqana. Son départ n’entraîne pas beaucoup de changement du côté de notre partie communication : nous avons fait le choix de faire des promotions en interne car nous avons une équipe en place qui est fin prête pour tenir le rôle, avec une répartition des responsabilités. C’est donc Agathe Capdedon qui prend la tête de l’équipe communication. »

Un coup d’œil dans le rétroviseur. L’année 2020 est finie, vive 2021 ! Nous avons demandé à Éric Hoyeau comment il analysait, avec désormais un peu plus de recul, la si particulière année 2020 : « Nous pouvons ressortir quelques grandes données. Dans la globalité du chiffre d’affaires, nous enregistrons une baisse de 18 % : nous revenons à un niveau similaire à 2014. La moyenne de chevaux vendus baisse quant à elle de 14 %. Globalement, malgré les baisses, nous pouvons dire que nous avons bien tenu notre partie par rapport à d’autres marchés européens : le chiffre d’affaires global en Grande-Bretagne baisse de 22 % et, pour les Irlandais, ce fut une année extrêmement compliquée… Il faut respecter tout le travail fait du côté de l’Irlande car, entre les contraintes sur place et les nombreuses délocalisations de ventes, ce fut très difficile. Je crois que, globalement, toutes les compagnies de vente s’en sortent plutôt bien et il faut souligner la collaboration que nous avons eu tous ensemble : nous sommes devenus des professionnels des réunions Zoom et nous avons travaillé ensemble pour trouver des accords profitables à la filière dans un contexte difficile. »