Affaire Gordon Elliott : les réactions

Autres informations / 06.03.2021

Affaire Gordon Elliott : les réactions

Vendredi, le verdict de l’Irish Horseracing Regulatory Bord (IHRB) est tombé : Gordon Elliott est suspendu un an à partir du 9 mars, dont les six derniers mois avec sursis, pour sa photo sur un cheval mort.

Il va purger sa peine

Gordon Elliott accepte la sanction et ne fera pas appel. Il l’a indiqué sur les réseaux sociaux. « Je me trouve dans cette situation par ma faute et je ne vais pas tenter d’y échapper. Étant donné ma position au sein du sport, j’ai de grands privilèges et de grandes responsabilités. Je n’ai pas respecté ces responsabilités. Je ne suis plus l’adolescent qui est monté pour la première fois sur un cheval chez Tony Martin, il y a trente ans. Je suis un adulte, avec des obligations, et une place dans le sport que j’ai aimé depuis la première fois que j’ai vu des chevaux courir.

Je paie un lourd tribut à mon erreur mais je ne me plains pas. Cela me brise le cœur de voir le mal que j’ai fait à mes collègues, à ma famille, à mes amis et à ceux qui me soutiennent. La route est longue mais je vais respecter ma sanction et ensuite revenir en étant meilleur.

Les chevaux sont ma vie, je les aime. Personne ne se lance dans les courses pour l’argent – c’est un long chemin pour en vivre. Nous sommes ici parce que nous aimons les chevaux. Tous ceux qui ont visité mes écuries à Cullentra ont vu le soin méticuleux accordé à nos chevaux. J’ai été irrespectueux envers un cheval, un animal qui a été un loyal serviteur et qui était aimé par mon équipe. Je vais porter le poids de ma transgression toute ma vie. Plus jamais je ne manquerai de respect à un cheval, vivant ou mort, et je ne le tolérerai pas chez les autres.

Enfin, je veux remercier mes propriétaires et mon équipe qui, bien que je les aie déçus, ont continué à me soutenir. Je serai à la hauteur de leur soutien. »

Denis Egan, président-directeur général de l’Irish Horseracing Regulatory Board, détaille le processus

Denis Egan s’est exprimé auprès de RTE : « Nous pensons que c’est proportionnel à ce que cela représente (…). L’attitude de M. Elliott – ce qu’il s’est passé – n’est pas la norme au sein des courses irlandaises (…). Ce "moment de folie" a eu un énorme impact, personnellement comme professionnellement. Il a souffert de beaucoup d’abus sur Twitter et il doit vivre avec cela. Les principales circonstances atténuantes sont l’impact financier et personnel sur M. Elliott et le facteur aggravant est l’impact sur les courses irlandaises. Je crois que le comité a envoyé un message clair, qu’il n’accepterait rien ayant un impact sur les courses en Irlande et que, si quelqu’un fait quelque chose mettant en danger la réputation des courses, il sera puni comme il se doit. » David Eagan a par ailleurs ajouté que la Gardai (la police irlandaise) se penchait sur les circonstances de l’apparition de la photo sur Internet.

La British Horseracing Authority applique la réciprocité

La British Horseracing Authority (BHA) s’aligne, sans surprise, avec l’IHRB. L’entraîneur n’aura pas de partant à Cheltenham. La BHA a publié ce communiqué : « L’interdiction déjà en place, empêchant Gordon Elliott d’avoir des partants en Grande-Bretagne, reste effective jusqu’à ce que sa suspension prenne effet, le 9 mars. Le comité de jugement de l’IHRB a souligné le fait que la photo était d’un incroyable mauvais goût et montrait un manque total de respect envers le cheval. Nous soutenons ces commentaires et le fait que le respect est une partie essentielle et vitale des devoirs de ceux qui sont en charge des animaux.

La décision prise aujourd’hui [lire vendredi, ndlr] confirme qu’aucun cheval ne va courir au Festival de Cheltenham ou au Festival du Grand National d’Aintree sous le nom de Gordon Elliott. Cependant, si ses chevaux sont transférés directement chez un autre entraîneur possédant une licence, avant le 9 mars – date à laquelle la suspension commence –, ils seront autorisés à courir. » Les chevaux vont donc courir sous l’entraînement de Denise Foster.

Denise Foster assure la relève à Cullentra

Dans les colonnes du Racing Post, Denise Foster a dit : « Cela me semble juste et je suis à l’aise avec cette idée. Je connais Gordon depuis longtemps et je connais déjà beaucoup de membres de son équipe. Il travaille avec des gens formidables. J’habite à l’autre bout de la rue donc cela me paraît sensé. Ses propriétaires ont affiché leur soutien donc c’est encourageant. Je suis très fière de ce que Gordon a accompli et, même avec tous ses succès, il est resté lui-même. » Entraîneur de chevaux d’obstacle dans un premier temps à partir de 1998, Denise Foster a accueilli des chevaux de plat à partir de 2011. Elle était mariée à David Foster, cavalier international de concours complet, mort à la suite d’un accident sur une compétition en 1998.