Ibrahim Al Hadhrami veut faire briller Oman à l’international

22.03.2021

Ibrahim Al Hadhrami veut faire briller Oman à l’international

Depuis qu’il a pris sa licence émiratie en 2011-2012, l’Omanais Ibrahim Al Hadhrami n’a cessé de progresser au classement local. Au point d’atteindre le top 10 l’année dernière et d’être neuvième au classement provisoire en course. Il vient de remporter le Liwa Oasis (Gr2 PA) avec Hakeemat Muscat (Akim de Ducor).

Des débuts originaux. Ibrahim Al Hadhrami n’a pas de famille dans les chevaux, même si Oman et sa cavalerie royale sont connus à l’international, il n’a pas suivi leur programme de formation. Son métier ? La banque. Il nous a expliqué : « J’aime les chevaux depuis l’enfance, même si ma famille n’a aucun lien avec cet univers. Lors de l’été 2002, ma femme m’a offert un cheval. C’était jument grise nommée Zuhal (Saturne en arabe). Ce fut mon point de départ dans l’élevage et l’entraînement. A partir de là, j’étais entre deux feux : les chevaux et mon travail. Jusqu’au jour où, en 2012, j’ai décidé de quitter mon emploi de directeur régional dans le secteur bancaire. » Mais l’entraînement ne fut pas sa priorité dans un premier temps. Intéressé par les courses de pur-sang anglais saoudiennes, qu’il suivait régulièrement, Ibrahim Al Hadhrami a obtenu un premier emploi hippique : commentateur à temps partiel, de 2005 à 2012. Il explique : « J’admirais Turkey Aljaber, en charge du commentaire des courses saoudiennes. Et il m’a appris à commenter. J’ai commencé avec les compétitions du Royal Horse Racing Club. Et j’ai eu l’honneur de commenter en présence de Sa Majesté le sultan Qaboos, qu’Allah reçoive son âme dans la paix. Mais également de Sa Majesté la reine lorsqu’elle a visité Oman. »

Les Émirats, une porte ouverte sur le monde. Ibrahim Al Hadhrami a ensuite décidé de s’établir à Al Ain, dans les écuries Bin Shahwan, car il considère que les Émirats Arabes Unis sont une passerelle vers le monde entier. L’an dernier – une saison écourtée –, il a sorti 17 vainqueurs. Et cette année, il en est déjà à 14, pour différents propriétaires, dont les Écuries royales d'Oman. Au départ, Ibrahim Al Hadhrami a reçu de bons chevaux en fin de carrière, comme le gagnant de Gr1 PA Djet Taouy (Dahess). Mais à présent, il réussit aussi avec des chevaux qu’il façonne dès le départ. Au mois de février, il a réalisé un coup de deux à Abu Dhabi avec deux produits de la Royal Cavalry of Oman, Al Mobher (Big Easy) et Jabalini (Nizam). Mais il s'est aussi distingué avec un cheval acquis à l’entraînement, No Riesgo Al Maury (Nizam). Il détaille : « Bien entendu, entraîner des gagnants pour les Écuries royales représente beaucoup pour moi. Ces couleurs, c’est l’incarnation d’une nation. Et je ne saurais décrire à quel point je suis fier d’assumer cette responsabilité. » Une de ses grandes satisfactions, comme pour beaucoup d’entraîneurs, c’est de faire progresser les chevaux. BF Mughader (Falak), deuxième de la H.H. The President Cup (Gr1 PA), en est un exemple récent. L’Omanais précise : « Il est arrivé chez moi après neuf courses, en valeur 48. À présent, il est pris en 118. »

Une de ses plus grandes réussites n’est autre que la pouliche Ihtesham (AF Albahar). Elle reste sur une impressionnante série de quatre victoires, dont deux Listeds PA et l’UAE Arabian Derby à Abu Dhabi l’an dernier. Un petit souci est apparu lors de sa défaite en décembre, dans les Madjani Stakes (Gr2) ; elle est partie au repos. Ibrahim Al Hadhrami poursuit : « J’ai élevé moi-même Ihtesham en France. Elle va manquer cette année, mais j’espère qu’elle reviendra plus forte la saison prochaine. »

Des ambitions à l’élevage. Ibrahim Al Hadhrami se passionne pour l’élevage à Oman, aux Émirats Arabes Unis, mais également dans le Sud-Ouest de la France, chez Al Cem Stud (Chloé Marchandet) : « Dans trois ans, je serai en mesure d’évaluer la qualité des chevaux que j’ai élevés dans trois pays différents. » Naturellement, Ibrahim Al Hadhrami espère que ceux nés à Oman seront les meilleurs. Mais il reconnaît que chacun des trois environnements a ses points forts et ses points faibles : « L’expérience m’a appris que la France bénéficie de bons herbages et d’un climat agréable au printemps et en été. Mais l’hiver européen peut être une saison très difficile. »

Actuellement, ses meilleurs pedigrees sont américains, avec les lignées de Fryga (Wielki Raz) et Dixie Darlene (Wiking). À présent, il s’intéresse aussi au sang français, étant à la recherche de juments issues des souches de Mandore (Grabiec) et Cherifa (Chéri Bibi).

L’éleveur et entraîneur a le regard tourné vers l’avenir : « Mes ambitions sont élevées. J’aimerais gagner les plus grands Grs1 PA du monde pour les Écuries royales d'Oman, dont, bien sûr, la Dubai Kahayla Classic lors de la réunion de la Dubai World Cup. »