Les derniers rebondissements de l’affaire Elliott

Courses / 02.03.2021

Les derniers rebondissements de l’affaire Elliott

Soixante-douze heures après l’apparition sur les réseaux sociaux de la photo de Gordon Elliott assis sur un cheval mort, on en sait plus sur l’avenir de l’entraîneur irlandais. Ses chevaux sont pour le moment interdits de courir en Grande-Bretagne, dans l’attente de la décision des instances irlandaises, et les représentants de Cheveley Park Stud quittent son écurie. L’homme, lui, a décidé de s’exprimer dans le Racing Post. Un témoignage qui apparaît plus authentique que ses justifications sur Twitter.

Le mea culpa dans le Racing Post

Gordon Elliott a parlé, lundi soir, au Racing Post. Des propos dans l’ensemble mieux accueillis que sa communication officielle publiée dimanche soir. Nous ignorons qui est la personne chargée de sa communication et de la gestion de ses réseaux sociaux, mais les photos de son coup de quatre, lundi à Punchestown, postées sur son compte Twitter ne sont pas très bien passées. Voici ce qu’a dit l’entraîneur au Racing Post :

« C’est indéfendable. Vivant ou mort, le cheval a droit à de la dignité. C’est un moment de folie que je vais payer pour le reste de ma vie et dont souffre mon équipe. Je serai puni, j’en ai totalement conscience. Mais cela me brise le cœur de lire et entendre que je n’ai aucun respect pour mes chevaux. Cela ne pourrait pas être plus éloigné de la vérité. Ma vie tourne autour du cheval depuis que je suis petit. Je ne connais rien d’autre, les chevaux sont tout ce que j’ai. Je suis parti de rien pour vivre mon rêve.

C’est un moment effrayant quand tout ce que vous avez construit commence à s’effondrer. J’espère simplement que les gens vont comprendre à quel point je suis désolé et trouveront quelque part la volonté de me pardonner.

Je traite chacun des chevaux que j’entraîne avec le plus grand respect. Nous sommes fiers d’avoir mis en place les plus hauts standards dans la façon dont nous traitons nos chevaux et nos employés. Je crois que nos installations à Cullentra le montrent. Le bien-être des hommes et chevaux sont au sommet de mes priorités. J’ai investi massivement pour des paddocks pour les chevaux avec des problèmes respiratoires, nous avons des installations de massage, une piscine, une aire de récupération. Les chevaux vont régulièrement à la plage pour prendre l’air. Le bien-être de mes chevaux, physiquement et mentalement, est essentiel.

Je peux garantir que cela n’arrivera à aucun autre animal, vivant ou mort. (…)

Un certain nombre de gens m’ont conseillé de dire que c’était un montage photoshop, mais on m’a toujours dit que si vous commencez à mentir, vous êtes condamnés à le faire pour tout le reste de votre vie. (…)

Mes pensées vont à mes employés. Je sais à quel point ils travaillent dur. Je sais que, non seulement, je les ai trahis mais aussi que j’ai trahi le monde des courses. C’est la conséquence de ma stupidité et je suis extrêmement désolé. »

Interdit à Cheltenham ?

Lundi, sur les coups de 20 h, la British Horseracing Authority (B.H.A.) a commencé à bouger ses pions : elle a annoncé que les pensionnaires de Gordon Elliott n’étaient pas autorisés à courir en Grande-Bretagne. Est-ce donc cuit pour Cheltenham ? Presque, mais pas totalement encore. La B.H.A. précise que cette décision a été prise dans l’attente des conclusions de l’enquête menée par l’Irish Horseracing Regulatory Board (I.R.H.B.). Il y a plusieurs points d’interrogation :

- On ignore encore quand l’I.R.H.B. prendra des décisions sur les sanctions envers Gordon Elliott : si les Irlandais ne se décident pas avant Cheltenham, alors Gordon Elliott n’apparaîtra pas sur le programme du Festival. La B.H.A. autorise les propriétaires ayant des chevaux à l’entraînement chez Gordon Elliott à courir à Cheltenham s’ils sont transférés chez d’autres entraîneurs et que toutes les règles de transfert sont respectées.

- On ignore quelle sanction (en partant du principe qu’il y aura une sanction) l’I.H.R.B. prendra contre Gordon Elliott : financière ? Suspension de licence ? Si la sanction est financière, la B.H.A. choisira-t-elle de lever son interdiction de courir pour s’aligner avec son homologue irlandais ou, au contraire, fera-t-elle le choix de s’inscrire en porte-à-faux vis-à-vis de l’Irlande en maintenant son interdiction de courir ? Si la sanction est une suspension de licence, la question sera réglée… Sauf si l’entraîneur fait appel et si l’appel n’est pas jugé avant Cheltenham.

L’Irish Horseracing Regulatory Board annonce une audience le vendredi 5 mars

Vers 14 h, l’I.H.R.B. a annoncé sur Twitter que le cas Gordon Elliott serait examiné par le Comité le vendredi 5 mars pour examiner les preuves et envisager une enquête. C’est la procédure et, a priori, les conclusions pourraient arriver dans la foulée.

Cheveley Park Stud envoie ses chevaux chez Willie Mullins et Henry de Bromhead

Lundi matin, Cheveley Park Stud a annoncé que ses chevaux resteraient chez Gordon Elliott dans l’attente de la décision des commissaires irlandais. Il y a eu du changement depuis avec la décision de la B.H.A. d’interdire les pensionnaires de Gordon Elliott en Grande-Bretagne, avec toutes les incertitudes que cela entraîne autour de Cheltenham. Mardi, vers 14 h, Richard Thompson, directeur de Cheveley Park Stud, a dit à Skysport Racing : « La décision a été prise, il y a quelques heures, d’enlever les chevaux de l’écurie de Gordon. Nous avons huit chevaux et ils vont être envoyés chez Henry de Bromhead et Willie Mullins. Cela va être organisé par Chris Richardson et l’équipe. La logistique est en train d’être mise en place. Envoi Allen va aller chez Henry de Bromhead comme Quilixios. Sir Gerhard part chez Willie Mullins. J’espère qu’avec des entraîneurs comme Henry et Willie, avec notre équipe supervisée par Chris, nous avons une équipe de professionnels pour que tout se passe en douceur. »

Cheveley Park Stud a déjà des chevaux chez Henry de Bromhead (À Plus Tard) et chez Willie Mullins (Allaho). Le premier nommé reçoit aussi Ballyadam, Guily Billy et Malone Road, le second Classic Getaway et Grangeclare West.

Le gentleman-rider Rob James mis en cause pour des faits similaires dans une vidéo

Gordon Elliott a-t-il ouvert la boîte de Pandore ? Lundi soir, une vidéo a commencé à circuler sur les réseaux sociaux. On y voit un homme (identifié plus tard comme le gentleman-rider Rob James) monter sur le corps d’un cheval mort, sous les rires des personnes l’entourant. L’Irish Horseracing Regulatory Board a ouvert une enquête.

Rob James a déclaré à l’Irish Field : « J’ai été mis au courant de cette vidéo circulant sur les réseaux sociaux. Je souhaite juste m’excuser pour mes actions, hautement inappropriées et irrespectueuses envers cette adorable jument de 5ans qui, malheureusement, a souffert d’un arrêt cardiaque le matin du 30 avril 2016. Je m’excuse sincèrement auprès des propriétaires de la jument, des personnes qui s’occupaient d’elle, du monde des courses et de tous ceux qui aiment les courses pour mes actions. Essayer de défendre ma stupidité ne serait qu’insulter et blesser davantage les personnes loyales qui m’ont soutenu tout au long de ma carrière. Je mets dans l’embarras mes employeurs, ma famille et, plus important encore, le sport que j’aime. J’ai le cœur brisé par le mal que j’ai causé et je vais faire de mon mieux pour me racheter auprès de ceux que j’ai blessés. »