Paray-le-Monial, paré pour la reprise

Courses / 05.03.2021

Paray-le-Monial, paré pour la reprise

Paray-le-Monial, paré pour la reprise

L’heure de la reprise a sonné pour Paray-le-Monial. Dimanche, la société de courses, dont la création remonte à 1876, organise sa première réunion de galop de l’année. Son président, Renaud de Villette, fait le point.

Si Paray-le-Monial a déjà organisé une réunion réservée aux trotteurs le 16 février, la saison de galop, elle, démarre dimanche par une réunion mixte trot-obstacle. Renaud de Villette, à la tête de la société depuis plus de vingt ans, nous explique : « À l’exception de la première, qui est uniquement consacrée aux courses de trot, toutes les autres réunions sont mixtes, soit trot-obstacle, soit trot-plat. La moitié des courses que nous organisons à travers nos dix réunions annuelles sont destinées aux trotteurs. Nous courons donc de février au printemps, avec une pause durant l’été, pour des questions d’arrosage, puis nous reprenons à l’automne. » L’an dernier, Paray-le-Monial a perdu trois réunions en raison de la pandémie.

Un modèle économique perturbé par le Covid. Avec des enjeux P.M.H. qui, en temps normal, pour une grosse réunion, tournent autour de 25.000 €, la société a été durement impactée par l’arrêt des courses puis par le huis clos. Renaud de Villette précise : « Trois de nos dix réunions rassemblent pas mal de monde. Lors de nos traditionnels rendez-vous du lundi de Pâques, du 1er mai et de la Pentecôte, nous faisons jusqu’à 1.000 entrées payantes. Au total, ce sont généralement plus de 2.000 personnes qui se déplacent et le restaurant fait salle comble. Ce sont ces réunions qui nous font vivre. C’est pour cela qu’il ne faudrait pas que la situation actuelle dure éternellement. » Mais c’est surtout grâce au sponsoring que le résultat financier devenait intéressant, et la donne a évidemment changé. Celui dont le père était président de la société dans les années cinquante ajoute : « Le nom des courses est toujours associé aux sponsors, mais nous ne percevons plus d’argent de leur part. Ensuite, comparés à d’autres régions, nous ne percevons qu’une très faible subvention de la part du conseil régional du cheval, environ 2.000 €. C’est pourquoi nous travaillons à tisser des liens plus étroits avec le département [la Saône-et-Loire, ndlr]. Mais par les temps qui courent, ils sont plutôt réticents à mettre la main au portefeuille. Une réunion est prévue la semaine prochaine pour voir ce que l’on va faire»

Le plein de partants. En revanche, sportivement parlant, le moral est au beau fixe. Renaud de Villette nous confie : « Nous sommes limités à douze partants au galop, et nous faisons le plein régulièrement. Nos installations sont reconnues comme étant de qualité. Beaucoup d’entraîneurs du Centre-Est, je pense notamment à Emmanuel Clayeux, viennent régulièrement, mais aussi des entraîneurs de l’Ouest, et même de l’Est pour le plat. Au niveau des locaux, nous pouvons compter notamment sur Christophe Provot, à qui nous louons des boxes et dont les pensionnaires s’entraînent sur l’hippodrome. À cela s’ajoute le fait que l’établissement juste en face de l’hippodrome, où était installée la famille Boudot, est occupé par Jessica Dupont-Fahn depuis quelques semaines. »

Maintenir le cap. Au sujet des ambitions qu’il nourrit pour sa société, Renaud de Villette reste prudent : « En prenant un peu de hauteur, on voit que les choses fonctionnent plutôt bien. Notre hippodrome a une vraie utilité pour les socioprofessionnels, avec des pistes de qualité. Avant, nous avions des mini-Premium, mais, malheureusement, nous les avons perdues après la refonte du programme et, soyons réalistes, nous n’avons aucune chance de les retrouver. Aujourd’hui, nous n’avons pas de visibilité sur le long terme. Au niveau national, nous ne savons pas par exemple ce que la société mère compte faire avec les petits hippodromes. Va-t-on être rayé de la carte ? La situation de Paray-le-Monial est saine, nous n’avons pas de soucis, grâce à l’investissement de notre cinquantaine de bénévoles, à nos très faibles frais de personnel et aux prêts d’outils agricoles par la commune. Au niveau du sponsoring, 90 % de nos partenaires nous sont restés fidèles ces dernières années. Lorsque tout repartira, ils seront encore là, je pense. Jusqu’à maintenant, nous avons beaucoup investi grâce à l’aide du fonds commun. Mais il faut savoir que désormais, les aides ne sont possibles que si les instances régionales nous soutiennent. Il faut donc que l’on continue à vivre comme nous l’avons fait jusqu’à présent, mais en allant chercher d’autres financements. »