Cheerupsleepyjean, une 2ans "FR" qui fait impression au Curragh

Élevage / 17.04.2021

Cheerupsleepyjean, une 2ans "FR" qui fait impression au Curragh

La saison de plat est bien lancée en Irlande ! Samedi, la réunion du Curragh proposait deux Grs3 ainsi que des maidens pour 3ans bien composés, et une course pour les 2ans, sur 1.000m. C’est une pouliche élevée en France qui s’est imposée : Cheerupsleepyjean (Starspangledbanner), en laissant une jolie impression et en devenant le premier gagnant de Wootton Bassett (Iffraaj) en tant que père de mère.

Cheerupsleepyjean porte les couleurs de Mme Paul Shanahan, en association avec Mme M. V. Magnier et Mme Tommy Stack. Elle est entraînée par James "Fozzy" Stack et son nom fait référence au refrain d’une chanson du groupe The Monkees, intitulée Daydream Believer. Cheerupsleepyjean a laissé une très belle impression en s’imposant par deux longueurs un quart. Sa prochaine sortie devrait avoir lieu dans trois semaines au niveau Listed et, si elle confirme, elle aura certainement gagné son ticket pour Royal Ascot.

Une histoire de 35.000. Cheerupsleepyjean est passée à la vente d’élevage Arqana alors qu’elle était foal, et elle a été achetée 35.000 € par Crispin de Moubray. Elle était présentée par le haras de Gassard (Éric Chevrier et son épouse), situé à Saint-Samson, dans le Calvados. Élevée par le Belge Xavier Malaviolle, elle a grandi au haras de Gassard. Éric Chevrier nous a dit : « Nous avions acheté Time Will Tell (Wootton Bassett), sa mère, moyennant 35.000 €, à Arqana, pleine de Cheerupsleepyjean, que nous avons vendue pour la même somme ! Il y a pire comme histoire (rires). Cheerupsleepyjean était une jolie foal et elle avait bien plu à la vente : pas vraiment aux acheteurs français, mais plus aux Irlandais. Elle est repassée à Goffs l’année suivante et j’avais trouvé qu’elle faisait "grand foal" : elle n’avait pas vraiment éclaté à ce moment-là. Je ne l’ai pas vue depuis mais j’avais vu qu’elle était engagée. » La pouliche est ensuite passée en vente à la Goffs Premier Yearling Sale, présentée par Rathbarry Stud et elle a été achetée… 35.000 £ par Linda Shanahan.

La souche d’une autre Starspangledbanner rapide et précoce. Côté famille, on retrouve de la vitesse. Cheerupsleepyjean est le premier produit de sa mère, qui n’a pas couru mais est issue d’une sœur de Patience Alexander (Kodiac), laquelle avait une bonne 2ans : elle avait gagné ses deux premières courses, dont les Marygate Stakes (L) devant la rapide Tiggy Wiggy (Kodiac), puis avait pris la troisième place des Albany Stakes (Gr3) à Royal Ascot. C’est aussi la souche, sous la troisième mère de Cheerupsleepyjean, de la "Coolmore" Mother Earth (Zoffany), gagnante du Fillies’ Sprint Stakes (Gr3, 1.200m) au mois de juillet de ses 2ans, troisième du Fillies’ Mile et deuxième de la Breeders’ Cup Juvenile Fillies Turf (Gr1) à l’automne. Si l’on remonte encore un peu plus loin dans le pedigree, on retrouve Lady Alexander (Night Shift), mère de la rapide Anthem Alexander (Starspangledbanner), lauréate des Queen Mary Stakes (Gr2), deuxième des Cheveley Park Stakes et troisième de la Commonwealth Cup (Grs1), ainsi que du sprinter Dandy Man (Mozart).

Éric Chevrier nous a dit : « Nous avons présenté Time Will Tell à des étalons de vitesse : elle a un yearling par Pedro the Great, un foal splendide par Penny’s Picnic et elle est déjà pleine cette année de Goken, dont on connaît les statistiques avec les 2ans. La jument appartient à Xavier Malaviolle, qui avait fait le choix de Penny’s Picnic l’an passé, ce qui m’avait un peu surpris dans le sens où l’étalon n’est pas forcément très commercial. Mais ce produit est destiné à être exploité sous ses couleurs et, vraiment, il est très plaisant, il sort de l’ordinaire. »

Le rêve d’enfance d’un Belge. Cheerupsleepyjean est une élève de Xavier Malaviolle, qui a des chevaux à l’entraînement en France depuis 2010 et dont le premier élève, White Ville (Le Havre), a été vu en piste en mars 2016. Éric Chevrier nous a dit : « Xavier Malaviolle est passionné de courses hippiques depuis son enfance : son grand-père était turfiste et il l’emmenait avec lui sur les hippodromes. Il a toujours rêvé d’avoir des chevaux de course et il s’est donc lancé quand il a eu les moyens financiers de le faire. Il a élevé Green Bay (American Post), qui a 135.000 € de gains avec les primes propriétaires. Avec lui, nous avons élevé à Gassard Throught the Mist (Lope de Vega), entraînée par Gaël Barbedette pour Roy Racing et qui a bien couru pour ses deux premières sorties. Elle a été engagée dans le Prix de Diane et le Prix Saint-Alary. Xavier Malaviolle n’élève qu’en France : il a quatre poulinières chez nous dont deux avec moi et ma femme. »

Élevage, débourrage et pré-entraînement. Au haras de Gassard, on ne fait pas qu’élever : les chevaux viennent aussi pour le pré-entraînement et le repos : « Nous avons repris une structure qui avait été créée par un entraîneur, qui n’est resté qu’un an. Auparavant, le site était une ancienne ferme bovine : il n’y avait aucun cheval et cela faisait partie de nos critères importants. Nous avons mis cinq ans à trouver le bon endroit pour nous installer ! Nous avons 50 hectares et une équipe en charge du débourrage et du pré-entraînement. J’ai été formé à l’école de Jean-Pierre Dubois et ma femme à celle des Aga Khan Studs. Georges Rimaud l’a aussi envoyée en Irlande, et elle a travaillé chez Gai Waterhouse et à Kia-Ora Stud, en Australie. Nous faisons un peu de préparation aux ventes, notamment pour les ventes d’élevage… Mais on ne peut pas tout faire et, pour le moment, j’ai tendance à conseiller à mes propriétaires de passer par des consignors plus connus pour présenter aux ventes. Through the Mist, par exemple, a été présentée par le haras de Grandcamp. Nous ne sommes pas très connus et je préfère conseiller à nos propriétaires de passer par des consignors qui auront plus de visites que nous et pourront donc mieux mettre en valeur leurs poulains. Je ne dis pas que nous ne présenterons jamais un poulain à la vente d’août Arqana mais il faudra le poulain qui pourra inciter des acheteurs à venir nous voir. Dans l’immédiat, je préfère que mes propriétaires soient gagnants en passant par des structures plus connues. Je ne sais pas si c’est la bonne philosophie, mais c’est la nôtre. »