Deux ans après, le grand retour des courses à Carcassonne

Courses / 28.04.2021

Deux ans après, le grand retour des courses à Carcassonne

Par Thomas Guilmin

Vierge de compétition depuis 2019, la Société de courses de La Fajeolle, à Carcassonne, est impatiente de retrouver les courses. Terrassée par les intempéries en début d’année 2020, la structure est prête pour la traditionnelle réunion d’ouverture, du 1er mai.  

Le site de la Fajeolle s’étend sur 15 hectares qui accueillent une piste en gazon de 1.200m. Chaque année, deux réunions de courses qui réunissent les galopeurs et les trotteurs sont organisées au mois de mai. Il est géré par la société de courses de l’Aude (SCA) présidée depuis peu par François Cazaux, ainsi que par la mairie de Carcassonne qui a été d’une grande aide pour effacer les dégâts de la tempête Xynthia. François Cazaux a pris la suite de Christian Granel, qui a pris la tête de l’hippodrome de Toulouse. François Cazaux nous a expliqué son parcours : « Je suis un ancien gentleman-rider. J’ai été commissaire durant presque trente ans, principalement à Toulouse. Lorsque Christian Granel a pris la présidence de Toulouse, c’était pour lui une évidence que je prenne sa succession. Nous étions d’ailleurs associés sur un cheval nommé Speed Fire (Spirit One), avec Gilles Lorenzi également. ».  

L’étendue des dégâts. Le sort s’est acharné sur l’hippodrome de Carcassonne car, en 2018, l’hippodrome avait déjà été frappé par de grosses inondations qui avaient mis en péril la saison 2019. Elle avait tout de même pu avoir lieu. La tempête Xynthia a quant à elle tout emporté sur son passage, et les inondations qui en ont découlé ont rendu la piste vraiment impraticable cette fois, comme nous l’a dit François Cazaux : « Au vu des inondations du mois de janvier 2020, il était impossible d’espérer une réouverture pour le mois de mai, le temps que les assurances viennent constater les dégâts. Les obstacles ont été emportés à des centaines de mètres en aval, les lisses anéanties, et les bâtiments submergés. Nous avions donc pris la décision de déplacer les courses à Montauban. La Covid est ensuite entrée en jeu, les courses ont donc été annulées. Je tiens à souligner les efforts de la mairie de Carcassonne qui a engagé les travaux pour remettre en état l’hippodrome. Ce ne sont pas toutes les mairies qui sont au chevet de leur champ de courses ! Les coûts de cette manœuvre étaient de 150.000 € qui ont été financés par les assurances. La Société de courses s’est quant à elle occupée de refaire la piste en association avec une Cuma (Coopérative d’utilisation de machines agricoles). La piste a demandé beaucoup de temps car il a fallu labourer, semer puis la rouler, afin qu’elle soit parfaite pour le premier jour de mai. Je tiens également à remercier notre vingtaine de bénévoles qui ont aidé pour les travaux. ».  

Retour à la normale. Les aléas climatiques ont eu raison des courses d’obstacle à La Fajeolle, comme nous l’a confié François Cazaux : « Nous avions achetés cinq obstacles juste avant la tempête, mais cette dernière en a détruit quatre sur cinq. Il fallait donc réinvestir entre 20.000 € et 25.000 € pour en acheter d’autres. La décision de supprimer l’obstacle à Carcassonne est partie de là. Nous nous sommes mis d’accord avec la Société de courses de Gémozac, pour que nous récupérions les courses de plat, et eux les courses d’obstacle. Il y a également une course d’obstacle qui est partie sur l’hippodrome d’Aurillac, dont on a récupéré une course de plat. »

La reprise du 1er mai. François Cazaux nous a détaillé le programme de cette réouverture tant attendue : « Il y aura au total huit courses, cinq de plat et trois réservées aux trotteurs. Étant donné que ce sera une réunion exclusivement réservée aux apprentis, nous avons eu l’idée, avec le secrétaire de l’hippodrome, de baptiser les courses avec le nom des Cravaches d’or actuelles. Nous aurons donc les Prix Nathalie Desoutter, Christophe Soumillon, Maxime Guyon, Pierre-Charles Boudot et enfin, Ioritz Mendizabal. »

L’avenir de Carcassonne. François Cazaux n'en reste pas moins lucide sur les ambitions de sa Société des courses : « Nous aimerions évidement que des enjeux en ligne puissent être pris sur nos deux réunions de courses. Néanmoins, le P.M.H. marche très bien car, lors des deux réunions, plus de 30.000 € d’enjeux étaient misés, avant la crise sanitaire évidemment. Nous avions également entre 700 et 800 entrées payantes lors de chaque journée de courses. L’objectif est que la mairie se rende compte que les courses attirent du monde. Nous mettons à la disposition du public des animations (manèges, baptêmes à poney, châteaux gonflables). Cela crée quelque chose de champêtre. Nous ne sommes pas chanceux pour cette année car la date du 17 mai est envisagée pour le retour du public sur les hippodromes, sauf que notre dernière réunion se court le 16 mai… Je pense que le public devra encore patienter un an. C’est tout de même une bonne chose que les professionnels puissent revenir dans l’enceinte. Cela permettra d’apporter des améliorations pour l’année prochaine. L’objectif est de se maintenir pour faire vivre la filière. »