Follow me Soldier, le miraculé du Président

Courses / 21.04.2021

Follow me Soldier, le miraculé du Président

Follow me Soldier, le miraculé du Président

Par Emmanuel Rivron

À peine deux ans après une très sévère chute à Clairefontaine, Follow me Soldier s’attaque dimanche au Prix du Président de la République (Gr3), avec de solides arguments.

Laurent Viel et son équipe ont toujours été attirés par ce Prix du Président de la République. La preuve notamment par l’article de journal, toujours accroché aux murs du bureau, relatif à l’édition 2011 du handicap de steeple le plus prisé de la saison. Cette année-là, ses pensionnaires, Tomého (Ungaro) et Mick Passoa (Jimble), s’octroyaient respectivement les deuxième et troisième places, battus par La Segnora (Turgeon). Ce petit parfum d’inachevé s’estompera quatre ans plus tard, lorsque Saint Pistol (Saint des Saints) l’emportera en 2015 de douze longueurs. Dimanche, c’est à Follow me Soldier (Soldier of Fortune) d’aller au combat, en tentant de suivre l’exemple de Saint Pistol. Du haut de ses 8ans, cet alezan ne compte que quinze sorties au compteur. Vainqueur sur les haies dès ses débuts à Auteuil, à 4ans, Follow me Soldier avait ensuite montré de la qualité sur les gros obstacles en l’emportant d’entrée à Craon puis en finissant troisième pour sa première en steeple sur la Butte-Mortemart, non loin d’On the Go (Kamsin).

Du conte de fées… La carrière d’un cheval d’obstacle est souvent contrariée par les blessures, et Follow me Soldier accuse une absence d’octobre 2017 à juillet 2019 où il se présente à réclamer. En cet après-midi d’été à Clairefontaine, Laurent Viel présente un partant et croise Laurent Raulic, fils de Marcel, qui parvient à acheter Follow me Soldier, à l’amiable, après le réclamer duquel il finit troisième. Deux semaines plus tard, l’histoire commence bien, comme se le rappelle Laurent Viel : « Dans la foulée de son achat, le cheval trouvait un bon engagement et bénéficiait de la décharge de Mathéo (Viel) qui était en super forme. C’était facile. »

Au cauchemar. La belle histoire naissante est à deux doigts de tourner au drame dans le Grand Steeple de Deauville (L) trois semaines plus tard, quand Follow me Soldier se trompe complètement au saut de l’oxer, éjectant violemment au sol Mathéo Viel : « Ce jour-là, Mathéo a eu une autre vertèbre de cassée et c’est un peu là-dessus qu’il a dû arrêter sa carrière. Quant au cheval, nous ne savions pas s’il allait pouvoir rester en vie, après cette énorme chute. Finalement, il a eu le droit à un gros temps de repos puis nous avons pris beaucoup de temps avec lui à l’entraînement. Avec le temps, nous arrivons toujours à les récupérer. Au départ, il était prévu qu’il participe au dernier meeting de Cagnes mais il n’était pas assez prêt. Nous l’avons finalement travaillé sérieusement en début d’année seulement, quand il a fait sa rentrée à Angers dans un réclamer. Nous voulions lui donner une course facile et nous ne savions pas trop où il en était. Il est ensuite monté course après course et a très bien encaissé sa dernière victoire dans un quinté. Le seul inconvénient, c’est qu’il se présente de façon rapprochée mais l’engagement arrive dans le bon timing pour lui. Il a le profil pour bien faire mais il faut qu’il s’applique sur les obstacles. »

Le soleil après la grisaille. Depuis quelques semaines, l’écurie de Laurent Viel brille de nouveau, après des mois et un meeting de Cagnes particulièrement compliqués : « Nous avions amené à Cagnes des chevaux qui avaient peut-être fait leur année. Nous avions réalisé une bonne journée ou deux mais c’est tout. Nous étions un peu inquiets car les chevaux qui étaient restés à Senonnes étaient malades, avec des cas de gourme et de grippe. Quand les cagnois sont revenus, je les ai isolés et revaccinés mais ils sont alors tous retombés malades. Nous sommes restés huit jours sans pouvoir sortir les chevaux. » Les victoires en avril d’Azer (Le Havre), de Follow me Soldier et de Grand de Thaix (Rail Link) augurent un beau printemps à Laurent Viel assisté de Mathéo, qui a soufflé ses vingt bougies samedi dernier : « Avec Mathéo, nous travaillons ensemble, comme si nous étions associés. Mais nous ne pouvons pas l’être officiellement puisqu’il doit avoir 21 ans pour cela. Cela ne changera pas grand-chose à notre façon de travailler. » Et Mathéo d’ajouter : « Nous avons actuellement quarante pensionnaires dans l’effectif. J’ai essayé de ramener du sang neuf à l’écurie. L’objectif est de travailler avec de meilleures origines pour gravir des échelons. Déjà, nous pouvons compter sur une excellente équipe à l’écurie, ce qui est primordial. »