Hommage au marquis de Geoffre

Autres informations / 24.04.2021

Hommage au marquis de Geoffre

Hommage au marquis de Geoffre

Par Bertrand Bélinguier, ancien P.-D. G. du PMU et président de France Galop, et propriétaire actif.

« Le marquis de Geoffre, qui vient de s’éteindre à presque 101 ans, eut à gérer une période délicate de l’histoire des courses. Lors de son élection à la présidence de la Société d’Encouragement en 1985, il connaissait assez peu le fonctionnement de l’Institution. Mais il en comprit très vite les rouages et accorda une large confiance à Louis Romanet, lequel venait de succéder à son père.

Attaché aux traditions, c’était un fin négociateur et il n’hésita pas à prendre des décisions difficiles. La vente du siège de la rue du Cirque et l’achat de l’actuel siège de Boulogne, dans des conditions financières très favorables pour la Société d’Encouragement, en font partie.

Il eut aussi à gérer l’indispensable regroupement des Sociétés de Galop, ce qui n’était pas facile pour lui, bien qu’il en vît la nécessité. Il l’accepta et soutint la mise en place de l’UPG, Union pour le Galop, étape importante sur le chemin de la fusion.

Le marquis de Geoffre possédait différents dons : fin latiniste, il avait aussi un talent de peintre reconnu. Jusqu’à ces dernières années, il accompagnait ses vœux d’un dessin remarquable représentant, par exemple, la vue de sa résidence.

Il aimait les courses et la victoire en 1989 de Roboré (Zino) dans le Prix du Conseil de Paris (Gr2) le remplit de joie, tout comme les succès de Time Will Tell (Margouillat), dont le nom lui convenait si bien.

C’est pourquoi il était heureux que ses petits-enfants continuent à faire courir.

Je conserverai toujours en mémoire cette journée de l’Arc en 1985, où il dut accueillir le président de la République François Mitterrand, qu’il connaissait déjà pour l’avoir rencontré dans la région de Cognac. Nous avions réfléchi ensemble aux sujets qu’il allait falloir aborder avec le Président. Celui-ci, dès son arrivée à Longchamp, fut conduit aux écuries. Le marquis de Geoffre lui fit aussitôt faire deux tours de boxes. Se retrouvant alors seul à seul avec François Mitterrand, qui ne regarda pas un cheval, le marquis de Geoffre put lui dire tout ce qu’il voulait au sujet de l’Institution. »