Ioritz Mendizabal : « Je ne me retourne pas trop ! »

Courses / 15.04.2021

Ioritz Mendizabal : « Je ne me retourne pas trop ! »

Après une grande saison 2020, Ioritz Mendizabal a bien démarré l’année 2021, comme en témoigne sa victoire il y a deux semaines lors de la nuit de la Dubai World Cup.

Jour de Galop. – À Meydan, en selle sur Deryan, vous avez remporté l’une des épreuves les importantes réservées aux pur-sang arabes, la Dubai Kahayla Classic (Gr1 PA). L’année commence bien pour vous !

Ioritz Mendizabal. –- Oui, on peut dire ça. Mais Deryan m’a quand même surpris. J’ai toujours beaucoup aimé ce cheval-là, surtout sur ce genre de surface. C’est un cheval qui a toujours du caractère, il a tendance à s’arrêter quand il prend l’avantage. Sur le sable, il trouve ça plus facile et il est capable de faire de drôles de performances.

Deryan est entraîné par Didier Guillemin et défend les intérêts de Son Altesse le cheikh Mansour bin Zayed Al Nahyan, dont l’écurie est gérée par Thierry Delègue. Pouvez-vous nous parlez de cette collaboration ?

Il y a un et demi que cette collaboration a démarré. Je me rends disponible pour eux dès que je le peux. Pour ce déplacement à Meydan, ce n’était pas simple car il venait de courir moyennement à Riyad. C’était un challenge car on sait qu’après ce type de déplacement, on doit observer une quarantaine de huit jours. Mais je me devais d’y aller pour défendre les intérêts du cheikh Mansour et cela s’est bien passé.

Vous êtes très longtemps resté au service de Jean-Claude Rouget avant de prendre votre indépendance. Comment votre carrière s’organise-t-elle désormais ?

Le matin, je monte en priorité pour Simone Brogi et, quand Jean-Claude Rouget, avec qui je suis resté en très bons termes, a besoin de moi, je me rends disponible. Ensuite, je monte un peu au coup par coup.

Revenons à la saison passée. Pendant 10 ans, vous n’aviez pas remporté de Gr1, et en 2020, vous en remportez deux : le Prix du Jockey Club avec Mishriff et le Darley Prix Jean Romanet avec Audarya… Phénoménal, non ?

C’est même plus que phénoménal (rires). Il y a un an jour pour jour, vous m’auriez dit ça, je ne vous aurais pas cru. Il faut continuer, il faut toujours y croire et c’est sûr que j’ai passé une année fantastique.

Concernant Mishriff, le pensiez-vous capable de progresser encore et de faire ce qu’il a fait par la suite, à savoir remporter la Saudi Cup et la Sheema Classic ?

Avant le Jockey Club, quand j’ai visionné ses courses, j’étais heureux de le monter, je savais qu’il allait bien courir mais j’étais loin d’imaginer qu’il allait devenir le meilleur cheval au monde. En revanche, sur la piste, ce qu’il a fait à 200m du poteau, c’est-à-dire changer de jambe, et en remettre une couche, c’est quand le même signe d’un crack. Ça ne trompe pas.

Vous avez remporté quatre Cravaches d’or (2004, 2008, 2009 et 2010) et, lors de la première, vous aviez battu le nombre de victoires en une saison avec 220 succès…

Mais ce record est tombé l’année suivante... Christophe Soumillon [avec 226 succès, ndlr] avait été très bon, car je pensais que mon record allait durer un bon petit moment. J’avais vu les efforts qu’il faut faire pour arriver à 220… Alors le fait qu’il ait ensuite battu ce record, c’est incroyable.

Avec le recul, quel regard portez-vous sur votre carrière ?

Honnêtement, je ne me retourne pas trop. Je suis content de faire ce que je fais. J’essaie de rester le plus constant possible. Mais ce n’est pas évident de rester au plus haut niveau car, en France, on a beaucoup de bons jockeys. Je me lève avec la passion et puis l’envie de trouver un bon cheval. C’est ça qui me motive par-dessus tout.

Et sur l’évolution du métier de jockeys ?

Comme dans tous les métiers, il faut s’adapter. Et celui qui ne s’adapte disparaît. Quelqu’un qui reste sur ces acquis n’avancera jamais.

Quels sont vos objectifs aujourd’hui ?

Chaque année, je vise la même chose, mais c’est difficile à obtenir : trouver un bon cheval. Celui ou celle qui va me permettre de façonner ce bon cheval, je fonce. Voilà le but.